‹ Nouvelle correspondanceChapitre 159 sur 188 · A M. VALMORE · texte numérisé non relu

A M. VALMORE

Ce 6 mai 1869.

Cher monsieur,

C'est à moi à vous remercier de m'avoir procuré l'occasion et les moyens de présenter ainsi V intérieur de cette charmante et pathétique figure. Bien peu de familles auraient eu, comme vous^ cette manière élevée et noble de penser et de sentir, qui met la plus grande gloire d'une personne si chère, dans l'expression la plus intime de la vérité.

Vous et votre excellent fils^, vous êtes pour moi, à cet égard, des modèles, et tels que je n'en ai pas renconiré deux fois dans ma carrière de critique littéraire et de biographe. J'espère que le public vous en récompensera par l'admii-ation plus tendre qu'il accordera — qu'il a déjà accordée à cette nalure unique de femme poète.

Tout à vous de mon plus affectueux respect.

1. A[)rès les articles sur madame Desbordes-Valmore [Nou^ veaux Lundis, t. XII).

2» M. Hippolyte Valmore.

DE C.-A. SAINTE-BEUVE

GCCXI.

Ce 14 mai -1869.

Monsieur,

Je ne doute pas que les Rangcardières n'appartiennent encore aux Pavie. Je le demanderai à la prochaine rencontre à M. Victor Pavie ou à son fils. Ce sont d'aimables el pieuses gens qui ont et qui comprennent le culte des souvenirs. Toul ce que vous leur demanderiez de renseignements serait accueilli par des cœurs amis. J'ai gardé de ce lieu champêtre un doux souvenir comme de l'une des journées de soleil de ma jeunesse. Quoique les vers m'aient depuis longtemps abandonné, et que ce que j'appelais un peu orgueilleusement mon chant soit éteint, il y a beaux jours, les sentimenis qui m'inspirèrent me sont toujours présents, ne fut-ce que comme regrets; et ceux qui, comme vous, daignent m'y reporter en idée sont sûrs de toucher en moi une fibre toujours vivante.

Veuillez agréer, monsieur, l'assurance de ma considération très distinguée.

CCCXlï.

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