‹ Nouvelle correspondanceChapitre 37 sur 188 · A M. MOREL · texte numérisé non relu

A M. MOREL

Ce 10 octobre 1855.

Monsieur,

J'ai depuis longtemps à vous remercier, vous et messieurs vos collaborateurs, pour la bienveillance si parfaite avec laquelle j'ai été traité dans la Revue Française. J'ai déjà remercié M. Chasles; mais croyez que je suis on ne saurait plus sensible à l'indulgence que vous tous, jeunes gens, me témoignez en accueillant de la sorte mon nom et en me traitant en confrère qui n'a eu que le malheur, que je sens trop, d'avoir été jeune moi-même, il y a vingt-cinq ans. Je répare cela autant que je le puis par mes sentiments et par mon goât bien sincère pour la poésie et pour les jeunes talents qui en cueillent aujourd'hui les fleurs.

Agréez, je vous prie, l'expression de ma gratitude et de pia sympathie.

DE C.-A. SAINTE-BEUVE

XGL

A M. NICOLAS MARTIN

Ce 6 juillet 1836,

Mon cher poète de la Maison des Champs,

J'étais dans un accès de prose quand votre aimable souvenir est venu : ce n'est qu'après l'accès passé et l'article hebdomadaire produit que je puis vous répondre et vous dire merci. Il n'y a rien de doux comme de se souvenir poétiquement d'une émotion passée et d'un tableau qui s'est gravé en vous, et de s'en souvenir dans un lieu qui est lui-même un cadre habituel de poésie et de bonheur. Vous savez réunir toutes ces conditions charmantes: vous avez porté dans notre vie française, si affairée et si sujette au bruit et à la poussière, quelque chose de la fraîcheur et de la calme féhcité allemandes. Votre poésie fait partie des fleurs de votre journée et de vos joies domestiques. Merci encore de votre attention amicale et de Faimable et riante perspective que vous m'ouvrez avec votre gracieuse campagne dans votre ermitage de Chéry : il. y a donc des heureux.

XGH.

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