A M. CHÉRUEL
Ce 27 octobre 1856.
Mon cher monsieur,
Permettez-moi de recourir à votre obligeance pour un renseignement qui me serait précieux. Je prépare un travail sur le maréchal de Villars. Il y a des Mémoires du maréchal, rédigés par Anquetil d'après un recueil de lettres et même d'après des Mémoires manuscrits.
Oii est ce recueil de lettres originales (ou de copies) adressées en grande partie à M. Chamillart, à M. Yoisin, en un mot à des ministres delà guerre? Serait-il au Dépôt de la guerre ? Je crois que vous y avez accès. Vous serait-il possible de vous en informer, et seriez-vous assez bon pour me dire si on le sait?
Je dois une réparation à M. Hachette. J'ai reçu un magnifique Fléchier, grand papier ; ce n'est que depuis que je l'ai entre les mains que j'ai pu apprécier l'étendue et l'importance de tout ce que voiis y avez ajouté i.
Tout à vous, cher monsieur,
1. Il s'agissait des Mémoires sur les Grands Jours d'Auvergne.
DE C.-A. SAINTE-BEUVE
XGIIl.
A M. DUSSIEUX, PROFESSEUR d'hISTOIRE A SAINT-GYR.
Ce 31 octobre 18S6.
Mon cher monsieur, Vous savez que j'ai recours à vous dans les graves circonstances.
Je prépare pour le Moniteur deux ou trois articles sur Villars : on me dit que vous préparez pour Jannet une édition de ses Mémoires, Ce me sera une occasion de l'annoncer. Dans mes recherches, bien rapides comme toujours, je me suis enquis du lieu où pouvait être le manuscrit de ces Mémoires ou du recueil de Lettres qui ont servi à les rédiger. Vous en savez là-dessus certainement bien plus que moi. Je trouve les Mémoires (tels qu'ils sont) fort intéressants, et Villars s'y dessine en homme d'esprit : c'était mieux qu'un grand soudard. Saint-Simon nous l'a peint en noir; avec les mêmes traits, il suffit d'un autre jour pour lui rendre la physionomie bien meilleure.
Seriez-vous assez bon pour me renseigner avec précision sur votre prochaine publication, et pour me dire s'il y a quelque source à ma portée dont il soit nécessaire qne je prenne connaissance pour ne pas errer?
Je consulterai les volumes des Documents historiques sur la guerre de la Succession d'Espagne publiés par Pelet.
Tout à vous, cher monsieur.
iNOUVELLE CORRESPONDANCE
xcrv.
AU MÊME
Ce 3 novembre 18S6.
Mon cher monsieur,
Vous m'écrivez une lettre excellente et qui répond sur bien des points à mes sentiments; elle m'encourage et m'enhardit dans mon goût pour Villars.
J'ai espoir de trouver les manuscrits à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, oii l'on dit qu'ils étaient autrefois.
Si vous veniez à Paris un mercredi, j'aurais bien du plaisir à vous entendre: passé ce jour-là, je serai fermé et barricadé toute cette semaine; je n'aurai pas une minute à perdre pour bâtir le premier article.
Vous me dites : « Nous avons publié dans Dangeau une lettre de Villars, etc. » Mais, si ce billet est dans le neuvième volume, il n'est pas publié encore. Pourrais-je l'avoir?
Agréez mille remerciements, et tout à vous, mon cher monsieur.
XGV.
A M. POULET-MALASSIS
Ce 23 février 1 857 >
Mon cher monsieur.
J'ai pris part à vos ennuis au sujet de ce Lauzun: vous avez eu affaire, en M. Pichon, à un pédant de noblesse.
DE C.-A. SAINTE-BEUVE. 143 et, en Tautre personnage, à un nomme qui n'a pas fait comme faisaient, dans Tancien régime, les hommes de bonne et grande compagnie quand on jasait de leurs aïeules.
J'ai été attaqué, il y a quelques jours, par un homme sans loyauté, pour avoir, dit-on, gardé le silence sur les Fleurs du Mal^ tandis que j'ai parlé de Fanny. Je sais par Baudelaire, qui m'écrit un mot, que la lettre que je lui avais écrite sur ces Fleurs est entre vos mains. Seriezvous assez aimable pour me la confier quelques heures afin d'en prendre copie, ou vous-même pour m'en envoyer une copie exacte et collationnée ? Je vous serai bien obligé
Je vous parlerai un jour de mes idées du xri^ siècle, — des vôtres et des miennes.
Agréez mille sentiments distingués et dévoués.