‹ Nouvelle correspondanceChapitre 48 sur 188 · Joseph Delorme · texte numérisé non relu

Joseph Delorme

3. Sainte-Beuve venait de publier, à la date du 26 août 1861, un article sur le tome XIX* de V Histoire du Consulat et de l'Empire^ r— article recueilli depuis dans les Causeries du Lundi, t. XV.

DE C.-A. SAINTE-BEUVE. 169 primer est faite pour me toucher. Assurément, vous êtes dans le vrai, et les raisons que vous en donnez achèveraient, s'il en était besoin, de mettre la vérité dans une pleine lumière. Ceci me confirme dans ce que j'ai toujours cru, que le meilleur critique, en chaque matière et en chaque ordre d'œuvres, ne serait autre que l'artiste supérieur qui y excelle. C'est assez pour nous de faire les hérauts d'armes, d'accompagner, de précéder quelquefois , de savoir crier à propos. Depuis trente-cinq ans, vous nous avez bien des fois donné cette satisfaction, — et vous nous la donnez autant que jamais, aujourd'hui que le cri poussé en votre faveur en est un aussi qui répond à l'âme de la jeunesse, du vrai public et de la France.

Agréez, monsieur, Texpression de mes affectueux respects.

A M. PREVOST-PARADOL

Ce 9 novembre 1861.

Vous m'auriez dit moins de choses aimables, monsieur, que je vous serais encore très reconnaissant de votre remerciement. Il est si délicat toujours de vouloir aller au fond des pensées, qu'il fallait que je comptasse beaucoup sur votre esprit pour oser me permettre ce que j'ai fait, surtout ayant à cœur de témoigner de ma sympathie, bien plus que de marquer ma dissidence, et vous me donnez une vraie joie en me rassurant; elle est tempérée d'un regret, vous savez trop lequel; quoique je sente cela moins vive-

ment que craiUres, je ne laisse pas d'être chagrin et préoccupé.

J'ai le cœur moins belliqueux que la plume, mais il faut faire son métier honnêtement.

Agréez, monsieur, l'expression de ma haute estime.

GXIX.

A M. VICTOR LAMBINET, JUGE, A VERSAILLES

Ce 14 décembre 1861.

Monsieur,

J'ai à vous remercier d'une marque si obligeante d'attention. La question que vous m'adressez est délicate. Au fond Rigault^ désirait, comme bien des gens, jouir de certains avantages qui dépendent d'un ministère, d'un gouvernement, et avoir les honneurs et les avantages aussi de l'opposition. C'est une vieille tactique. Il devait beaucoup, je le sais, à M. Fortoul, qui l'avait choisi pour le Discours latin prononcé au Concours général et qui appréciait son esprit. Il profitait de cette bonne disposition, mais entendait bien ne rien céder. Quand M. Havet, au bout d'une année ou de deux années de Collège de France, se sentit fatigué, il essaya de se substituer Rigault, et celui-ci, ainsi introduit et insinué, espéra n'en avoir l'obligation qu'à M. Havet. 11 fallut bien pourtant compter avec le ministre^. Le malheur

1. Sainte-Reuve, à ce moment, venait d'écrire un article sur Hippolyte Rigault (Nouveaux Lundis^ t. I") *

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