M. Rouland
DE C.-A. SAINTE-BEUVE. 171 fut que le ministre posa trop rudement, trop carrément une question, une alternative. Dans ces termes, Rigault n'avait pas le choix et ne pouvait que refuser de faire : ce qu'il a fait. Il consulta, après la conversation du ministre, M. Saint-Marc-Girardin, qui n'est pas pour les partis extrêmes. Celui-ci fut d'avis que, dans les termes posés, Rigault ne pouvait, en effet, renoncer aux Débats. Tout cela a été très fâcheux: le ministre, homme excellent au fond, serait revenu, je n'en doute pas, sur sa première brusquerie. Rigault, martyr un peu malgré lui, parce qu'on ne lui laissait pas une porte de sortie honorable, souffrit beaucoup, et je ne fais nul doute que ce chagrin n'ait été au tond une des causes de sa maladie : il faut y joindre le travail excessif auquel il se livra comme journaliste quand il vit qu'il n'était plus que cela.
La conversation seule pourrait exprimer certaines nuances et certaines impressions.
Daignez m'excuser, monsieur, et agréer l'expression de ma considération très distinguée.
GXX.
A M. PRE VOST-PARADOL.
Ce 20 mars 1862.
Je vous remercie, mon cher monsieur, de votre nouveau présent, vous savez que c'était un de mes souhaits et de mes vœux de voir recueillir en volume ces charmants articles. Me voilà donc satisfait; oui, mais, comme on désire toujours et qu'une envie succède aussitôt à l'autre, voilà
que je m'aperçois qu'il manque à ce volume si plein (un beau et grave Vauvenarguesj^, un La Rochefoucauld d'hier'^ qui m'a mis en goût de la suite.
Je suis insatiable, vous le voyez ; ne vous en prenez qu'à vous.
Agréez l'expression de mes sentiments dévoués.
A M. ERNEST RENAN
Ce 8 avril 1862.
Cher confrère,
Me permettrez-vous une question indiscrète? Croyez-vous reprendre votre cours après Pâques? Dans ce cas, je pense qu'il me serait permis et séant, au Constitutionnel, de faire sur l'ensemble de vos travaux une couple d'articles que je me promettais depuis longtemps ^, dont je comptais saluer votre début, et qui sont, à mes yeux, une dette que j'ai contractée envers vous en profitant de vos écrits.
Un petit mot, s'il vous plaît, aussi court et aussi vague qu'il vous plaira, mais qui me donne l'indication de ce qui est probable.
Croyez-moi bien
Tout à vous.