A M. RENÉ FOSSÉ-DA RCOSSE
Ce 24 mai 1868.
Vous avez mille fois raison, mon cher monsieur. — Cet article de M. Calland est des plus curieux et bien frappé. L'Église et la Science sont deux ennemies; mais, quand la Science a triomphé manifestement sur un point, l'Église se retourne, s'adjuge le point démontré, n'y voit plus d'inconvénient, et elle réserve ses oppositions et ses négations pour la future découverte. C'est ainsi qu'elle procède dans cette longue et astucieuse retraite qu'elle fait depuis déjà trois siècles devant la Science et le sens commun. Nous ne sommes pas au bout, et des séances comme celles de la semaine dernière, au Sénat, n'avanceront pas beaucoup la retraite de ces longues colonnes catholiques, qui continueront d'imposer longtemps aux faibLîs et de les ramasser chemin
faisant, comme oa ramasse des traînards, mais moins ne reconquerront jamais le pays perdu.
Veuillez agréer l'assurance de mes sentiments très f tingués et dévoués.
ce XXI.
A M. ODYSSE BAROT.
Ce 25 mai -1868.
Cher monsieur,
11 m'en coûte, en effet, de paraître me déclarer contre une liberté qui tôt ou tard aura son jour : mais, yous l'avez bien senti, pour le moment c'est un leurre, ce serait un piège. Oh ! quand donc les conditions égales se poseront-elles? Jusque-là, tout se fausse, et notre ami M. de Girardin, avec sa formule absolue, se trouve avoir seul raison, en pratique, contre ces façons de faire incomplètes et illusoires.
Merci, et agréez mes meilleurs sentiments.