À M. THÉOPHILE DROZ, A GENÈVE
Paris, sa août 1869.
Monsieur,
Je reçois avec gratitude le numéro du Cosmopolite qui m'apporte le témoignage de votre attention bienveillante. Vous voulez continuer à mon égard la tradition de bon et hospitalier accueil que m'a tait de tout temps la Suisse française. J*y suis plus sensible peut-être encore aujourd'hui qu'en aucun temps; car j'hnbite dans les souvenirs, et je ne me sens plus en état d'aller les renouveler à leur source.
Soyez donc le bien rcMiicrcié, monsieur, et croyez-moi votre parfaitement obligé et reconnaissant.
A M. PRÉVOST-PARADOL
Ce n septembre 1860.
Cher et aimable confrère, voici la lettre que vous m'avez fait lire de M. de Montalembert, j'en ai pris note, mais je ne suis point tout à fait persuadé. Je ne vous dis rien pour
lui : ce n'est pas dans les condîtrons de santé où il est et où je suis qu'il convient d'échanger des aigreurs. Il a été le premier à rompre entre nous ce que j'appelle la Trêve de Dieu. Toutes relations particulières de lui à moi ont cessée et de son fait; nous n'aurons plus, d'ailleurs, jamais occasion de nous rencontrer.
Voilà bien des événements qui se déroulent ; ce n'est rien auprès de ceux qui viendront. Tout cela me rend un peu politique malgré moi; vous savez que je ne le regrette jamais, quand je vous lis.
Tout à vous.