‹ Nouvelle correspondance de C. A. Sainte-Beuve: avec des notes de son dernier secrétaireChapitre 24 sur 185 · À MADAME GAILLARD · texte numérisé non relu

À MADAME GAILLARD

Ce vendredi (1848).

Je dois aujourd'hui, madame, aller sans façon, n'est-ce pas? dîner avec vous, mais tout à fait sans façon. Je suis si souffrant depuis deux ou trois jours, que je no serais pas en état si c'était autrement. Je vous demanderai de plus . la grâce de ne. pas aller à ce sermon dont j'ai horreur . (sermon de, Combalot) ; ce n'est pas pour l'horreur que je vaincrais encore par obéissance pour vous, mais je ne pourrais physiquement suffire à cet excès, d'autant .plus que j'ai à paMître^ à neuf heures, à une récitation de .^el-

ques scènes de Judith par mademoîselle Rachel. Y manquer serait une sorte de désobligeance pour rauteur. — Il faut que je compte bien sur votre indulgence, madame, pour entrer ainsi dans ces détails; mais j'y compte ainsi que sur tous les sentiments bienveillants auxquels vous m'avez accoutumé.

A M. NICOLAS MARTIN*

28 mai -1843.

Merci, mon cher poète, de votre bon et triste souvenir. J'avais pris bien part à la perte que vous avez faite; le temps seul adoucit ces blessures, et les amène en nous à l'état tolérable, — le temps, et d'autres affections en qui les premières revivent. On est père à son tour; la famille guérit ainsi les douleurs dont elle est Tobjet. C'en est le bienfait; et nous qui ne nous renouvelons pas parla famille, nous n'avons dans l'avenir à attendre que des douleurs.

A M. ALREB ASSELINE*.

Je suis très fâché, monsieur, d'apprendre l'incident qui vous entrave. Je n'avais moi-même pensé à l'article Soulié

\ . A propos de la mort de son père.

%. Chargé de la critique littéraire à la Revue de Paris.

que parce que je le croyais sans inconvénieut^et peu fait pour exciter la contradiction. Unie semblait qu*en causant d'une part avec M. Buloz pour vous assurer de quelques points et de Vétat des lieux, il vous était facile d'autre part de rejoindre ces points-là d'après vos impressions et vos lectures. Du moment que la difficulté vous semble telle, il vaut mieux se porter sur un autre sujet. J'en causerai moi-même avec M. Buloz quand je le verrai, et m'assurerai de ses intentions.

Je dois pourtant vous dire que vous vous êtes assurément mépris quand vous avez cru qu'on vous poussait à des révélations de vie privée. Il faut sur ces points, même en biographie littéraire, en savoir plus qu'on n'en dit, pour ne pas dire à faux; mais, dans les cinquante articles de poètes et romanciers publiés dans la Revue, je cherche en vain à m'en rappeler un seul où l'on ait transgressé la convenance sur ce chapitre de la vie privée; et certainement aujourd'hui, et à l'égard de M. Soulié, oane demandait pas autre chose.

Mais veuillez ajourner, puisqu'il vous a semblé ainsi. Nous en reparlerons, après quej'aurai parlé moi-même à M. Buloz.

Mille compliments affectueux.

▲ M. GHARLKS EYNARD.

S7 août (1843).

Cher monsieur,

J'ai reçu votre aimable souvenir'; vous savez bien que toutes les occasions qui me reportent là-bas en idée sont

m NOUVELLE CORRESPONDANCE

les bienvenues. Je n'ai pas bien saisi par votre lettre si M. d'Ochando en devait être le porteur, s*il était arrivé déjà ici ou en tram de se marier à Genève. Dès que je saurai où le trouver ici, je ne manquerai pas de me rendfe à d'aussi flatteurs désirs que ceux que vous m'exprimez. J'ai reçu de madame Edling les lettres du comte Joseph * auxquelles j'attachais tant de prix; mais je ne ferai mon travail sur lui qu'après mon second volume paru, c'est-àdire dans quatre mois, je pense, si les calculs de Paris ne sont pas toujours en défaut quant au temps. — J'espère que votre douce vie du lac, en vous donnant un redoublement de bonheur, ne vous aura pas ôté tout regret de Paris et tout désir de le revoir ; j*y pense beaucoup, à votre lac ; je crains d'être malade, cet hiver, de ne l'avoir pas vu cette année; j'en avais besoin, j'en avais soif; mais tant de choses enchaînent, qu'on finit par se lasser et rester où Ton est... Mais je souffre de ne pas m'y être retrempé. Nos amis Olivier le savent bien.

Veuillez, cher monsieur, ofiFrir mes humbles respects à madame Charles Eynard et me rappeler non moins respectueusement au souvenir de toute votre famille, qui m'a fait un si obligeant accueil.

A vous.

• Je ne sais où estLèbre depuis deux bons mois. — Voici un

petit mot pour M. Châtelain que je vous serais obligé de

lui faire tenir.

1, Joseph de Maistre.

À MADAME LA COMTESSE d'aGOULT.

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