‹ Nouvelle correspondance de C. A. Sainte-Beuve: avec des notes de son dernier secrétaireChapitre 30 sur 185 · Sa réception à l'Académie française le 27 février · texte numérisé non relu

Sa réception à l'Académie française le 27 février

.plus que tu ne m'en parles. J'ai été mis à l'index pour Port-Royal. Cela va m'obliger à redoubler de modération dans la suite de mon travail, ne fiU-ce qu'au point de vue du goût et de la convenance, pour ne point faire chorus avec les loups. J'aurais bien mieux aimé que cet indexflà n'eût pas lieu*; et je n'avais pas cru y prêter, moi littérateur et amateur respectueux, et non pas théologien.

Présente mes amitiés à ton frère ; garde bon souvenir de moi, mon cher Barbe, et sois bien sûr du mien.

Tout à toi.

A M. ARSENE HOUSSAYE.

Ce 14 juillet (1845).

Mon cher poète.

Voilà ma nouvelle édition de Poésies : c'est bien assez de vers comme cela.

Je vous rappelle instamment ce que vous m'avez promis de faire pour les autres: tâchez, à tout prix, et aussi promp-

1. On ne sait si c'est politesse ou ironie, mais l'unique allusion que Sainte-Beuve* ait faite depuis — et dans Port-Royal n7cme — à cette mesure du Saint-Siège, qui datait de 1845, a été celle-ci qu'on lit dans le tome III de Port-Royal^ portant une préface de 1846 : a Si jamais pareil honneur nous arrivait d'être mis à VIndex.,. » Et il n'a rien dit de plus jusque dans la dernière édition du même \olume, parue en 1866, [Port-Royal, t. III, p. 226, en note).

tement que vous le pourrez, de les avoir entre vos rnains. Tout ce que vous croirez devoir faire à cet effet sera bien fait, et un vrai service dont je vous resterai profondément reconnaissant.

Si l'idée que vous ne les demandez que pour en publier, donnait des scrupules à ceux qui pourraient avoir ces vers entre les mains, vous pourriez les rassurer, et dire que vous vous réservez de publier ou de ne pas publier, que vous voulez choisir, et que vous ne désirez pas moins acquérir le tout: veuillez donner ce qu'on en demanderait. — Et encore, garantissez-leur le secret. —

Mais je me confie, en cette négociation, à votre esprit et à votre ami lié.

Une prière encore :

Au cas où les personnes diraient qu'elles n'ont plus les vers entre leurs mains, ne pourriez-vous savoir d'elles :

1° Si ce qu'elles avaient était plus que de simples épreuves ;

2^ Si c'était une partie ou la totalité ;

3» Si ce qu'elles avaient entre les mains n'en est point sorti pour passer entre celles de la personne qui en a fait, il y a une couple de mois, un si mauvais usage.

A M. CHARLES EYNARD

Ce i8 novembre -1845.

Cher monsieur, Je reçois votre lettre très aimable au moment de partir pour la campagne (ou pour ce qu'on appelle encore de ce

nom par ce temps affreux), et je profite de ma première matinée pour vous remercier de votre bon souvenir. J'ai certes bien pris part à la perdition de ce Canton idéal qui était la patrie de mes rêves : j*en ai souffert comme de Ta perte d'une dernière illusion, de celle qui me semblait la plus modeste, la plus morale, la plus sûre. Je m'étais dit quelquefois : « Je vieillirai là. » Y a-t-ildes ressources pour l'avenir? j'aime à le croire; mais à quel avenir cela nous rejette-t-il? et lé verrons- nous? Les Olivier sont ici depuis deux mois, fort tristement occupés du mal de leur enfant: on lui a fait l'opération à l'œil, on a d*abord espéré un succès; mais, depuis, les choses ont moins bien tourné, et je les ai laissés avant-hier dans toute l'anxiété du résultat. M. Ruchet, qui était à Paris avec eux, va repartir, pour prendre part aux délibérations du Grand Conseil, au sujet de cette démission en masse des pasteurs.

Ce que je fais, §t comment je vis ? Le mieux est d'en peu parler. Je ne vis pas comme je veux, et je ne fais pas ce que je voudrais faire : mille petites nécessités me tiennent et m'assujettissent. Les jours, les années viennent, et les mailles du filet, les anneaux de la cliaîne se resserrent. J'achèverai mon livre dès que j'aurai à ma disposition huit mois consécutifs. Si vous les avez, cher monsieur, ces huit mois, oh! donnez-les moi.

Je vous félicite de votre heureuse trouvaille sur celte duchesse d'Orléans : publiez vite cela, n'ajournez pas trop. — Et madame de Kriidner? donnez-nous-la aussi. Il ne faut pas tant ajourner en celte vie mobile et passagère.

Je n'ai pas l'honneur de connaître M. de Stourdza, et n'ai aucun droit à .me rappeler à son souvenir. Mais, quant

à Tabbé Gerbet, dites-lui bien mes amitiés d'autrefois» les

amitiés de celui qui vivait alors et qui espérait.

Il est vrai que Didier est devenu riche; je lui crois le caractère trop élevé pour que cela Tait en rien changé; il était de ceux qui devaient naître riches et à leur rang, il se retrouve à son niveau. Cela le détendra plus tôt. Je ne Tai pas rencontré, du reste, et n'ai aucune chance probable de le voir. J'ai entendu dire qu'il se disposait à voyager, et qu'il était tenté de l'Orient, qui mancpie à sa collection de Tourist i.

J'entends une cloche de déjeuner qui me fait finir ma lettre un peu court; car je suis en ce moment à Ghamplâtreux, auprès de M. Mole, et je vais rejoindre une très gracieuse compagnie, mais qui ne me laisse nullement oublier le passé, les absents, d'aimables souvenirs; vous en avez, vous et les autres, votre bonne part, cher monsieur.

J'offre mes humbles hommages à madame Eynard et suis à vous bien affectueusement.

J^i prépare, pour une date indéfinie, un portrait de Bonstetten. J'ai assez de documents déjà réunis. — En savezvous quelque part ? M. de Circourt m'en a beaucoup donné.

1. Le mot est ainsi orthographié et souligné par Sainte-Beuve. C'est le mot anglais : le mot français correspondant, si usité aujourdhui, n'était pas encore naturalisé en 1845. (Note de M, Charles Hitler).

DE C.-A. SAJNTE-BEUVE. 103

A RODOLPHE TÔPFFER.

Paris, le 28 avril 1846.

Monsieur,

Je viens à vous pour vous demander un service, et tout nettement le voici :

Nous préparons ici une édition des Lettres de mademoiselle Atssé^ que bien vous connaissez, je pense, et qui a eu de grandes liaisons à Genève avec les Calandrin et les Rieux.

Nous voudrions bien avoir en tête de l'édition un portrait fait avec goût et authentique.

Il doit exister un portrait de mademoiselle Aïssé chez M. de Rieux, ancien syndic. — J'écris à M. de Rieux pour lui demander s*il consentirait à ce qu'un artiste de Genève fît un dessin de ce portrait. Et à vous, monsieur, j'écris (avant de savoir sa réponse) pour vous demander si vous voudriez bien employer votre crayon si bien taillé pour prendre en quelques heures de matinée les traits de celte charmante Circassienne.

Le dessin ici envoyé serait gravé à Paris. Ce dessin devrait être placé dans une édition telle à peu près que les formats Charpentier; il ne serait donc que d'une assez petite dimension.

Voilà bien des demandes, monsieur, de la part de quelqu'un qui ne vous a pas entretenu depuis longtemps; vous

me répondrez sans aucune gêne; si vous ne pouviez et que M. de Rieux consentît, je vous demanderais alors de vouloir bien indiquer un autre dessinateur. Mais vous, monsieur, vous et votre crayon tant aimé et si connu en France, ce serait une bonne fortune de plus pour cetle petite édition, à laquelle doivent s'ajouter toute sorte de ces riens bibliographiques qui donnent du prix, — c'en serait la plus brillante page. L'édition, d'ailleurs, se fait d'une manière tout à fait désintéressée; l'imprimeur, qui est celui de la Revue des Deux Mondes ; M. Ravenel, conservateur à la Bibliothèque du roi, qui est l'éditeur principal, et moi qui suis le faiseur de notice, nous faisons, tous, cela par caprice et par amour pour les beaux yeux de cette belle Circassienne défunte, dont nous voudrions que votre crayon nous rendît au moins les traits, ne fût-ce que pour justifier tant d'amour qu'elle a inspiré et qu'elle inspire encore.

Je suis, monsieur, tout à vous, du meilleur de mes souve»irs et de mes sentiments.

ÀU MÊME

Ce 3 mai (1846).

Monsieur,

Mon bien véritable regret en recevant votre réponse est d'apprendre l'état de santé où vous vous trouvez; il me

semble que dans ce pays de forte sève et avec cette vie saine et naturelle, on devrait avoir plus de chance d'échapper aux maux du corps. Guérissez-vous, monsieur, el retrouvez bien vite cette faculté d'expression qui, par ses diverses formes, a le don de charmer ou d'amuser.

M. de Rieux a bien voulu* m'écr ire qu'il consentait h ce qu'on fît un dessin du portrait. — Il reste à trouver un dessinateur qui remplisse notre objet. C'est à vous quç je m'adresse encore pour cela. La somme qu'y voudrait consacrer noire éditeur est bien modique. 11 paraît qu'à Paris un dessin de la dimension et du genre de celui que je mets sous ce pli, comme spécimen, se pourrait faire pour vingt-cinq francs : on irait bien là-bas jusqu'à cinquante francs, s'il le faut. Croyez-vous qu'à cette condition on puisse trouver un crayon capable de nous rendre une agréable mademoiselle Aïssé? Je vous en fais juge et m*en remets à votre avis et à votre goût, en vous priant de m'excuser si je vous donne ce soin dans l'état de souffrance où vous êtes. Il a fallu votre offre obligeante pour m'y enhardir.

Dans l'état actuel des choses, M. de Rieux étant prévcnn et ayant consenti, il suffirait, si vous trouvez un crayon qui consente, de faire faire le plus lot possible le dessin ; on» l'enverrait ici pour être gravé à Paris. — M. de Rieux sait que c'est de votre part que se présentera le dessinateur, et voici même une lettre avec laquelle celui-ci pourra se présenter.

Agréez, monsieur, avec Texpression de mes vœux, cclîe de mes sentiments les plus dévoués.

LXIY.

A M. NICOLAS MARTIN

(Mai ou juin -1846.)

Merci, cher poète, de votre aimable et flatteuse critique;

je suis heureux d'être présenté ainsi à TAllemagne par une

rnaiu amie. Je garderais plus longtemps votre article et le

relirais encore, si je ne partais tout à l'heure pour la

campagne, où je reste deux jours, et je ne voudrais pas

retenir le journal trop longtemps. Je reconnais vrai tout

ce que vous me dites (non les louanges) sur les parties

moindres et incomplètes ; il n'y a qu'un point, un seul, où

je crois me sentir dans le vrai, sauf l'expression. — C'est

sur Anacréon. Non, je ne me crois pas ébloui en y voyant

autre chose qu'un petit ruisseau tamisé par les monts. De

tels mots, de telles images sont le contresens le plus gros

à cette finesse et simplicité de lignes qui caractérise ces

curieux modèles. Anacréon n'est pas un fleuve, c'est une

source sacrée qui occupe à lui seul tout une colline. La

subtilité de filet d'eau tamisé n'est pas de moi, et c'est- cet

alambic précisément que j'accuse. Sur tous les autres points

vous avez touché juste et avec une main délicate, et, celle

main, vous l'avez ouverte toute pleine de grâces à bien des

endroits. — Vous me réjouissez avec l'annonce de votre

volume au complet. Mille* amitiés et remerciements encore

— et qui ne sont pas les derniers.

J'ai commencé à écrire ces jours derniers quelque chose sur Théocrite qui passera un de ces matins dans les Débats; vous m'y avez un peu excité. Mais il n'y a pas un seul vers. C'est impossible, ce me s(;mble, d'atteindre les Anciens de près avec cet instrument-là.

LXY.

A M. ARSÈNE HOUSSAYE

iZ août 1846.

Mon cher ami,

Vous avez éprouvé de mauvais procédés d'un homme duquel je ne crois pas qu'il y ait lieu d'en attendre de bons. Je l'ai connu autrefois et il m'a fait des avances; puis tout d'un coup, quand il a cru de son intérêt de se tourner contre moi, il Ta fait Bans motif, et on m'a dit qu'il m'a insulté dans un livre sur la littérature de ce temps. Il avait commencé par m'adresser des vers, à ma louange, que je crois avoir encore ; ce sont les procédés d'un de ses amis avec qui il s'est brouillé.

En somme, mon cher ami, ne vous commettez pas avec lui. Ce sont de ces littérateurs bons à entrer dans le réginienl de Frédéric, père du grand Frédéric, et qu'il faudrait mener comme ce roi menait ses gens. Il peut avoir quelque instruction, il n'a aucune éducation et il est grossier. Il brutalise tant qu'il peut les idées des autres. Je ne sais

108 NOUVELLE CORRESPOINDANCE

comment il parle d'art, mais il n'aura jamais rien à faire avec les humaniores litterœ.

Laissez, mon cher ami, cet homme, continuez vos travaux et gardez vos amitiés. Au bout de quelques années, on est tout surpris de voir que ces gens violents ont peu fait leur chemin et l'on est tenté de leur pardonner.

A vous.

A MADAME TÔPFFER.

Paris, le 16 novembre 1846.

Madame,

Rien ne pouvait m'ôlre plus doux^que le suffrage d'un esprit et d'un cœur comme le vôtre, et sur un Sujet où j'avais tant en vue de tâcher de les satisfaire. L'homme excellent que j'ai le regret .de n'avoir point personnellement connu, m'élait devenu lout à fait présent par cette foule de témoignages intimes qui ressorlent de ses écrits; et, dans ce dernier travail, c'a été pour moi une douceur triste d'habiter en quelque sorte pendant quelques jours avec lui. En voyant éclater celte révolution de Genève, ma première pensée a été, madame, que bien des douleurs de citoyen et de patriote lui avaient été épargnées. — Depuis que j'ai écrit cette courte notice i, des lettres de lui me

1. Topffer était mort le 8 juin 1846. — On peut lire, dans les P or haies littéraires, t. III, l'article de Saintç-Beuve consacré à cette moiL

sont arrivées, trop tard, de la part de M. Léon de Champreux, à qui je m'étais adressé ; elles m*ont confirmé de plus en plus dans l'idée que je m'étais faite de ce caractère unique et de cette verve irrésistible. Ces lettres étaient, d'ailleurs^ trop familières et trop remplies de détails relatifs à la maladie pour pouvoir être directement employées, et je me suis empressé de les renvoyer à Fami de M. TôpflFer... Veuillez agréer, madame, l'expression de mes respects et de mon dévouement.

Je sais combien j'ai à vous remercier pour l'envoi d'un portrait précieux que M. Dubochet me fait dire qu'il a reçu pour moi ; il me tarde d'en jouir, et il m'est bien cher de vous le devoir.

À M. l'abbé barbe.

Paris, ce 20 novembre ig46.

Mon cher Barbe,

Je reçois ton ouvrage de philosophie, et je te remercie bien d'avoir songé à moi. C'est avec bien du plaisir que je vois que tu as réalisé ton projet ; et, autant qu'un premier coup d'œil me permet d'en juger, tu as fait là quelque chose de bien utile, qui comprend et résume bien des matières et bien des noms, et qui devra te faire honneur par la justesse et la modération des exposés et des juge-

IJO NOUVELLE CORRESPONDANCE

ments. Je pense à toi> mon cher Barbe, plus que je ne te le dis: les dislances nous séparent, les années s'allongent depuis que nous ne nous sommes vus ; mais nous sommes au même point que nous avons toujours été, et nous nous retrouverions, j'imagine, les mêmes qu'il y a trente ans.

Je vis ici bien occupé, bien surchargé, et me surchargeant à dessein. Car on se ronge dès qu'on n'est pas jusqu'au cou dans Tétude : je te dis là le secret de mon état. 11 me semble, pourtant, que le repos viendra peut-être un jour. Ma mère a une petite maison à Boulogne, près de chez Blériot, presque au coin de la rue d'en face. Je ne vendrai jamais cette maison ; et je me dis que, vieillissant, j'irai peut-être y loger en bonhomme, vivant solitaire, étudiant les matins, et allant faire avec toi, chaque après-midi, dans la belle saison, un tour de rempart ou derrière les Portes^ en devisant des mêmes sujets que jadis. — Voilà mes rêves ; il en est de plus fous et de moins réalisables *.

Adieu, mon cher Barbe, garde-moi toujours tes bons et fidèles sentiments; comme, moi, je te conserve les miens.

Tout à toi.

1. Sainte-Beuve n'était pas assez riche pour aller faire de la littérature à Boulogne, — et il était trop Parisien pour réaliser jamais un tel rêve. — Mais il aimait à caresser sa chimère, et celle-ci le reprenait de temps en temps, le soir, après dîner. Il en parlait avec une bonhomie railleuse et quelque peu picarde. Seulement, il trouvait toujours quelque sujet d'article pour le lendemain, et les années s'écoulèrent ainsi à désirer retourner à Boulogne. Il avait fini par vendre la petite maison qu'il y possédait, et dont il n'avait que faire. Mais il otaii resté le vrai bourgeois de Paris; et qui en douterait encore n'aurait qu'à relire sa spirituelle boutade, cette invocation, devenue célèbre, à la ce Ville de lumière », par laquelle il termine

A M. CHARLES EYNARD

Cu il juia 1847.

Cher monsieur et ami,

Votre lettre bien bonne m'apporte un souvenir et un témoignage qui me sont chers. Soyez-en remercié. En écrivant ces quelques lignes sur M. Vinet*, je pensais à tous ceux qui l'avaient connu et aimé, et je n'avais d'autre désir que de répondre de loin et bien faiblement à l'idée qu'ils avaient de cet homme rare. Nous causons de vous ici quelquefois avec nos amis Olivier : il y a toute une colonie vaudoise; j'en suis, — un peu exilé comme eux, c'est mon impression constante. Je suis de ceux qui n'ont plus de patrie. Paris n'en est pas une, c'est un grand hôtel où l'on vit à l'entresol. On y arrive pour passer quelques jours et on y reste toute sa vie, mais toujours pressé, toujours impatient, et sentant que ce n'est pas là le lieu où l'on s'assied. Mais y a-t-il un tel lieu sur la terre, m 'allezvous dire? J'avais cru que les bords du Léman étaient cet asile, et il nous a été prouvé qu'il n'y en avait pas là plus qu'ailleurs en ce monde.

un de ses articles sur M. de Pontmartin en 1862 (Nouveauœ Lundis , t. III). a Oh 1 Paris*., c'est chez toi qu'jl est doux de vivre, c'est chez toi que je veux mourir I » Il a réalisé son véritable rêve.

Page 1