Au sujet de son Dante et Goethe
vées, délicates, inspirées par je ne sais quel amour d'au delà. Je me laissais, il est vrai, distraire dans ma fragilité • ar bien des choses, et quelques-unes passagères : est-ce la iaute d'Amaury^ si, comme Gœlhe, il se laissait fasciner et éblouir à des cheveux d'un blond éclatant? C'est un ancien reproche, et je ne puis me décider à en rougir. Mais, aujourd'hui, je me plais à écouler Diotime sous sa forme la plus pure, la plus sévère, et très aimable encore; ce dernier ouvrage où elle a résumé toute son éducation d'esprit, tout le miel do sa doctrine et de sa poétique sagesse, m'enchante ; il m'instruit, et je ne puis mieux faire désormais que de prendre l'auteur pour guide toutes les fois que je voudrai aller vers ces belles régions. Diotime m'a rappelé tout Dante et m'a conduit plus avant que n'avait fait aucun commentateur dans le sens de la grande œuvre. Comme elle y marche d'un pied ferme et le front dans la sérénité! Pour Gœthe, elle mo l'a rappris ou appris tout entier; car, bien que, dans ces dernières années, j'aie tâché de le mieux connaître et de me pénétrer de lui, je ne suis, en l'étude de cette grande nature, qu'un novice et un aspirant. Elle me Ta éclaircie et fait comprendre de droit fil autant que cela est donné à un Français comme moi. Sur le second Faust, elle est allée aussi loin qu'on le peut avec la lampe mystérieuse : s'il y rcslc de l'ombre et des obscurités, c'est sans doute que Gœthe lui-même, sur celle fin, a cherché plutôt qu'il n'a trouvé et que sa lampe vacillait aussi. Mais Diotime a fait là une œuvre qu'elle seule, parmi nous, pouvait faire. 11 y a trois âmes dans ce livre, et qui n'en font qu'une : un seul génie avec étoile et flamleau.
Puis-je, après cela, parler de vieilles amitiés fidèles autant que muettes et de mon inviolable atlachement^?