A M. BELMONTET
Ce 25 mai 1866.
Cher monsieur,
Je vous remercie des écrits que vous m'envoyez et de l'occasion que vous me donnez de vous dire que mes sentiments sont moins éloignés des vôtres que mes paroles de Tautre jour ne pouvaient vous le faire penser.
Je suis sous Tim pression d'une dernière petite botte que vous nous aviez portée, à nous académiciens et à moimême, je crois, dans le nombre. Vous n'êtes pas seulement de la religion napoléonienne (co en quoi vous nous surpassez tous, sans contredit, et par la date et par la constance), mais vous êtes, à mes yeux, de la religion lyrique, et l'un des fidèles; voilà un titre. Vous n'avez pas reculé d'un pas. Les tragédie^, je m'y connais peu, quoique j'aie apprécié plus d'une fois, à la représentation, celles que vous nous avez données quand vous étiez le frère d'armes de Soumet; mais les belles odes, les belles strophes, je m'y laisse volontiers aller comme au temps de Pindare, et il suffit de quelques-uns de ces coursiers-là, de ces coursiers ailés, aux naseaux de flamme, pour emporter haut un poète et l'élever dans l'estime de ceux qui ont gardé le culte de l'art. C'est par cet aspect que vous me permettrez de vous saluer, et, lorsque vous descendrez du char sur le terrain de la prose, je vous demande de vous serrer tout simplement la main.
CLXY.
A M. ARSÈNE IIOUSSAYE,
Cù 8 Juin 1866.
Mon cher ami,
J étais un arbre eu (leur où chantait ma jeunesse, Jeunesse, o!s3au charmant, mais trop vite envolé...
L'oiseau s*cst cnvulé, Tarbrc est mort: la branche aux sonnets s*est brisée d'un coup de vent, il y a bien quinze ans de cela. Et voiL'i comment je n*ai ni un ni deux sonnets à offrir à mon vieil et toujours jeune ami Arsène.
Pour des photographies, j'en ai. Bcrlall en a fait une et même plusieurs, debout ou assis: on peut choisir.
A vous de tout cœur.