‹ Nouvelle correspondance de C. A. Sainte-Beuve: avec des notes de son dernier secrétaireChapitre 63 sur 185 · A M. DUBÉDAT, CONSEILLER A LA COUR DE LIMOGES · texte numérisé non relu

A M. DUBÉDAT, CONSEILLER A LA COUR DE LIMOGES

2 avril 1867

Monsieur,

Je n'ai pas oublié que vous m'avez posé, il y a quelques années, des questions d'un intérêt commun pour tous deux. Je refais en ce moment une édition de Port-Royal, augmentée d'un volume, qui, par conséquent, en aura six. C'est dans les appendices que j'ai surtout ajouté. Voulezvous me permettre, avant d'arriver au troisième volume de cette réimpression, de rattacher voire nom à la lettre à un magistrat^ qui date de 18G0? Si cela ne vous était point parfaitement agréable, je ne le ferais certes pas. Je vois avec plaisir que vous poursuivez ces sérieuses études sur Port-Royal. Vous m'avez parlé de Tabaraud : j'ai beaucoup vu, dans ma jeunesse, d'anciens oratoriens qui, à la table de M. Daunou, s'entretenaient de Tabaraud, le dernier des vrais oratoriens d'autrefois. Les nouveaux diffèrent beaucoup des anciens.

Agréez, monsieur, l'assurance de mes sentiments affectueux et dévoués.

A M. JULES LOISELEUR, BIBLIOTHÉCAIRE DE LA VILLE d'ORLÉANS.

Ce 19 juin 1867.

Monsieur,

Excusez, je vous prie, un malade qui ne bat que d'une aile. J'avais lu, dans la Revue contemporaine^ Tune au moins de vos excellentr^s dissertations^ Ces questions spéciales méritent en effet dVtre traitées comme un problèmo, et l'on arrive, comme vous le faites, à des conclusions et solutions presque riijoureuses. Vous me faites très bien comprendre que la force de Mazarin était plutôt dans le non-mariage, tandis que la force de madame de Maintenon, à irentc-cinq ans de là, était dans le sacrement. Vous êtes là dans une voie particulière et neuve : les lièvres lèvent devant vous, et il me semble que vous continuerez celte chasse et ne les manquerez pas. Votre livre ouvre une série de piquants chapitres.

Veuillez agréer, avec mes excuses encore et mes remerciements, l'assurance do mes sentiments les plus distingués.

\.' Mazarin a-t-il épousé Anne dAulriche? — Gabrielle d'Estrées est-elle morte empoisonnée? Ua vol. in-18, Hachette, 1867.

DE C.-A. SÀIiNTE-BEUVE. 239

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