‹ Nouvelle correspondance de C. A. Sainte-Beuve: avec des notes de son dernier secrétaireChapitre 64 sur 185 · A M. RENAN · texte numérisé non relu

A M. RENAN

Ce mardi, 2 juillet 186T.

Mon cher ami.

C'est demain mercredi, à l'Institut, la discussion du prix biennal : parmi les candidats — évincés in extremis par rinfluence de Bculé, — est le plus digne, M. Charles Blanc, pour sa Grammaire des arts du dessin^ un grand et bon livre.

Or il serait bien urgent qu'un membre de Flnstitut autorisé et impartial, étranger d'ailleurs à l'Académie des Beaux-Arts, demandât tout haut, avant le vote, des explications sur le Rapport qui ne donne qu'un nom (Félicien David) et se contente de désigner vaguement les autres candidats.

Je sais que la minorité de l'Académie des Beaux-Arts ne désire qu'un mot de ^provocation pour parler (notamjnent M. Lehmann) du candidat qu'elle préférerait.

Pourriez- vous être cette voix qui éveillerait un écho et amènerait une explication, dans tous les cas très honorable pour le candidat qui serait le plus digne du prix ? Ne Tobtînt-il pas, il aurait les honneurs d'une discussion qui mettrait ses titres en pleine lumière.

Tout à vous.

CLXXXllL

A MM. LES OUVRIERS TYPOGRAPHES, FONDATEURS . DE LA RinUOTHÈQUE NATIOSALE *• ■

Co 3 juillet 1867.

Me, sieurs,

Aucun remerciement ne pouvait m'aller plus au cœur que le vôtre. Vous êtes le corps d'élite de& travailleurs. Vous faites le trait-d*union avec les écrivains proprement dits. Vous êtes bien à niônie de juger quelles productions de la pensée peuvent avoir le plus de bonne influence dans une éducation populaire maie et saine. La précieuse Bibliothèque que vous m'offrez porte témoignage, dans ses choix, de la virilité de rintelligence et de l'étendue variée que cette fermeté n'exclut pas. Une nation qui aurait franchement adopté cette Bibliothèque comme sienne serait à la fois lettrée et solide. Les sottises n'y mordraient pas.

Veuillez agréer mes profonds remerciements pour une démarche qui me fait tant d'honneur, et l'assurance de mes sentiments dévoués.

1. Qui avaient envoyé à Sainte-Beuve la collection complète de leurs publications, à la suite et comme remerciement de son discours au Sénat à propos dos Bibliolhèquei populaires.

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