A M. HAVIN, DÉPUTÉ, DIRECTEUR DU JOURNAL LE SIÈCLE
Paris, 9 janvier 1868.
Monsieur et cher député,
J*ai reçu une lettre qui est de nature à m'honorer: mais, après une première et une seconde lecture et, en réservant le sentiment de profonde gratitude pour le choix qui a été fait de mon nom dans une communication de cet ordre, je sens que je suis en présence *d'un document qui me dépasse et me déborde.
Cette lettre n'est pas une confidence, c'est un cri éloquent ; elle ne m'appartient pas ; elle parle à bien d'autres que moi, elle s'adresse à des milliers d'esprits dignes de l'entendre; et je ne crois point aller contre l'intention de l'auguste signataire en venant vous demander, monsieur et cher directeur, si vous ne jugeriez pas à propos de prêter à une pièce à consulter de cette importance l'appui d'une large publicité libérale, dont le Siècle, entre vos mains, est le dispensateur naturel. Les pensées, à leur heure, sont faites pour sortir et les paroles pour voler.
Veuillez agréer, monsieur et cher député, Tassurance de mes sentiments dévoués.
252 NOUVELLE CORRESPOx\DANCE
AU PRINCE NAPOLÉON
Ce u janvier 1868.
Monseigneur,
Je remercie Votre Altesse de la marque de confiaDce qu'elle me donne : j'ai ma lettre que j'ai le droit d'appeler ainsi : je la relis ; elle restera le monument le plus historique de mes humbles archives.
Je n'ai su qu'assez imparfaitement bien les circonstances survenues ; mais, certes, l'occasion renaîtra de reproduire hautement ces nobles et justes pensées : elles ne sauraient se perdre. Le Rhône ne se perd que pour se retrouver.
Veuillez agréer, monseigneur, l'hommage de ma gratitude et de mon respect.