A M. LOUIS VIARDOT
Ce 26 janvier 1868.
Cher et ancien ami.
Il n'y avait pas lieu, en elTel, de s'inquiéter. J'avais vu le brave M. Djlhasse* et lui avais dit de faire à son gré. La
1. On se souvient de la belle lettre, adressée à M. Louis Viardot par Saillie -Ben vc, au sujet de l'Apologie d'un Incrédule, — Celle leUre a déjà été publiée à sa date (17 avril J867) dans le tome II de la Correspondance (page 158). — M. Viardot avait craint que Sainte-Beuve ne fût contrarié de lavoir reproduire dans son livre, que M. Félix Delhas-e faisait imprimer, en 1868, à Brux(.*lles. Et c'est à quoi tépond Sainle-Bcuve.
vieillesse et la maladie rendent apparemment plus hardi; le fait est que je ne me suis jamais senti si à Taise sur ces choses et plus disposé à n'obéir qu'à mes convictions, sans céder aux fausses convenances sociales. 11 est dommage que les forces diminuent quand le courage demeure I Enfin, j'espère encore vous serrer la main quelque jour, et je suis tout à vous de bon souvenir et d'affection.
A M. GUSTAVE REVXLLIOD.
Paris, 30 janvier 1868.
Cher monsieur,
Je n'ai reçu que d'avant-hier vos précieux cadeaux. Le Bonivard va se joindre à cette précieuse série que votre libéralité patriotique a remise en lumière à l'usage des bibliophiles. Je lis avec plaisir le Recueil * oii vous avez déposé, comme dans un herbier fleuri, les meilleurs souvenirs et les parfums des belles années; j'aime celte fiction des deux anges, l'un par qui tout meurty l'autre par qui tout dort... Je comprends mieux maintenant comment une sympathie fraternelle vous a porté à cet acte charmant envers la mémoire de madame Desbordes-Valmore*.