A M. DE SAINT-PAUL
Ce a mai 1868.
Monsieur,
Permettez-moi de m'adresser à vous comme à un homnic dont j'ai déjà éprouvé les sentiments de justice et d'humanité pour des services à rendre.
DK C.-A. SAINTE-BEUVE. 26»
11 y a un brave homme dont il vous a déjà été parlé et à qui vous-même avez, dans un cas réœnt, accordé spontanément un secours : c'est M. A. . . G. . ., fils d'un lieutenant-colonel d'artillerie de marine; il a une trentaine d'années; ancien employé au chemin de fer d'Orléans, il a eu le tort de lâcher la proie pour l'ombre et d'aller à l'isthme de Suez, déçu par un faux mirage. Revenu depuis quelques mois, il est employé comme simple auxiliaire au chemin de fer du Nord à trois francs par jour, le dimanche non compris. Il a une jeune femme et trois enfants. Il a concouru à l'examen pour entrer au ministère de l'intérieur; mais, ce qui est mieux, il a obtenu de vous une marque directe d'intérêt d'après de bons témoignages. Je viens Tappuyer auprès de vous, monsieur, les détails qu'il m'a donnés sur sa situation m'ayant intéressé; je crois que c'est un homme dont on ferait un bon, modeste et utile employé et qui serait à jamais reconnaissant des bontés qu'on aurait eues pour lui.
Veuillez agréez, monsieur, l'assurance de ma haute considération et de mon dévouement.