A M. ROYER-COLLARD
Baugy, 4 avnl 1858.
Je VOUS écris, monsieur, pour mériter une réponse qui me donne de vos nouvelles. Quant à moi, la monotonie de ma vie me laisse bien peu de choses à dire. Je suis parti de Paris le lendemain du jour où nous nous sommes rencontrés en si nombreuse compagnie* ; j'ai emporté le regi'et de n'avoir pu vous aller voir ; bien que je sois toujours fort aise de vous rencontrer, j'aime mieux aller chez vous et vous prendre pour moi tout seul que de vous partager avec tant d'autres. J'aurai bien peu joui de ce plaisir cet hiver, et je m'en afflige^ car c'est là un plaisir vrai et grand et qui laisse après lui sa trace.
J'ai beaucoup Iravaillc, monsieur^ depuis que je vous ai quitté, et je continue avec une ténacité qui devrait me