‹ Nouvelle correspondance, entièrement inédite, de Alexis de TocquevilleChapitre 50 sur 64 · Laure de Pisieuii dcTenue princesse d'Hcnin · texte numérisé non relu

Laure de Pisieuii dcTenue princesse d'Hcnin

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lion à Paris cet hiver. Il me sérail aussi bien nécessaire à cette époque, comme vous me le dites, de tâcher de recueillir le plus de renseignements possible sur la vie intime de notre grand-père* ; car c'est dans ces détails que riiomme se montre ce qu'il est, et donne, sans le vouloir, Texplication de ce qui parait de lui au dehors. Mais les personnes aujourd'hui en état de fournir de pareilles lumières sont en bien petit nombre. Pourquoi, chère cousine, ne vous amuseriez-vous pas, dans vos moments perdus, à recueillir tout ce que votre mémoire vous rappelle, non point de M. de Malesherbes, mais de ce qu'on vous a raconté de lui. Vous appartenez à mie génération qui le touchait; vous avez vécu avec sa propre fille, la fille la plus attachée à son père et la plus remplie du souvenir de celui-ci. Combien de petits faits vous ont été connus que personne n'a sus ou n'a retenus ! Quelles impressions précieuses à recueillir que les vôtres! Vous savez, d'ailleurs, chère cousine, mieux que moi, que la vérité d'une histoire est autant dans la manière de raconter les faits que dans les faits eux-mêmes ; de même que la ressemblance d'un portrait est dans le coloris autant que dans le dessin, et surtout dans l'art qui ûnt saisir au milieu des traits la physionomie. Vous êtes, chère cousine, bon dessinateur et bon peintre, et je suis sur que quelques tableaux de vous m'en apprendraient plus que tout ce que les sots, les maladroits ou les indilTérents peuvent me représenter.

i . H. de Malesherbesi dont TocqueTiUe pensait h écrire la vie.

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