‹ Nouvelle description de l'Oberland bernois à l'usage des voyageursChapitre 6 sur 17 · AUTRES PROMENADES DEPUIS INTERLACHEN · texte numérisé non relu

AUTRES PROMENADES DEPUIS INTERLACHEN

Celles du HObeweg et d'Unterseen ont été décrites plus baut.

A Ringgenherg. On peut s'y rendre en bateau, en remontant l'Aar et en gagnant le lac de Brienz, ou à pied, par un cbemin très-pittoresqùe, bordé de superbes noyers, qui traverse le village de Goldswyl, où se trouve la carrière de dalles dont sont pavées les arcades de Berne, et le long du petit lac de même nom, remarquable par la teinte sombre de ses eaux.

Led ntfnfli eu cbâteao de Rtnggenberg, que fou voit Aspnis InteiischiQii^ ofOrcnt un p<riiit de vue très-éténda sur le lac de Brienz, et sur la chaîne des Alp«s. Le château, dont la fondafion remonte vers le dixième siècle, était le manoir des nobles de Ringgenberg, qui comptaient panni les plus iMdssants seigneurs de l'Oberland , mais dmit le éerwàar, qui vivait vers la fin dn quatorzième, maltraita tellement ses sujets qu'ils se révoltèrent, le saisirent et lirûlèreni [son cMtean, qui dès levs n*a jamais é^é^ relevé. L'éflise et le presbytère, placés sur la même saillie de rocher que porte la vieille tour carrée du château, ont été bâtis l'année 1674.

A MÊMttm et à RiMgm. Le premier de ces vOlages qui se trome â peu près â moitié chemin du dernier, atSrt le tableau champêtre d'une ridbe végétation, au mUien de laquelle sont groiqiés, sans ordre et sans art, une multitude de petites maisons rustiques, pour la plupart ornées ée panqires ou d'antres plantes rampantes. Bëmgen est un grand village, assis sur la droite du torrent de la Lûtschenen, non loin de son embouchure dans le lac de Brienz. Sa position est très-pittoresque, et offlre des attraits aux voyageurs qui veulent éviter le luxe d'Interlachen; ils trouvent dans ce village des logements commodes, propres et moins chers que dans ce dernier bourg. Le chemin qui mène sur la montage de Breitlauenen passe par ce village, et tout prés de là se trouvait anciennement le château de Gutenburg, qui doit avoir été détruit par un éboulement; aujourd'hui Ton ignore même où était son emplacement.

En suivant de BOnigen un chemin qin longe le lac on arrive à IseUwald, village assis sur un promontoire, au* devant duquel s^élève une petlle Ile supportant une charmante maison, bâtie et habitée par le général Sînetti et oh il mourut, il y a deux ans. Près du village le ndsseau du Mûtsdi fait une petite chute qm ajoute à Veffët pitto^ resque de sa irïtuatioa. ^ ^

Revenant sur ses pas et se dirigeant d'un autre côté, une charmante promenade conduit aux rmneê du chéUau

d'Unsp^mnen, dont la fondalioii remoBte probaUement auâelà du dUième siècle, et gui était le manoir des puissant» seigneurs de ee nom. Au commencement du. treizième, la seule héritièFe le porta dans la famille de^ nol^s de Wâdenschwyl; dans le suivant il devmt la^ prc^^té de la maison d'Autriche, qui Tinféoda aux barons de Weissenbourg, dont l'un dewc vexa ses sujets au point qu*ils se révoltèrent et lui prirent le château, dans l'année 1334. Plus tard la vaste seigneurie qui en^ dépendait, appartenait aux comtes de Kybourg et de Hobenzollern , de gui la ville 4e Berne l'acheta successivement. Aujourd'hui il ne reste du château quwe tour cvrée, du milieu de laquelle s'élance un sapin. Le tertre sur lequel les ruines sont assises, ofTre un point de vue magnifique sur les hautes Alpas, principalement sur la Jungfrau qui se montre là dans tout son éclat.

Dans la plaine qui se déroule au pied d'Unspunnen, on a célébré, dans le mois d'août, des années 1807 et 1808, la fête des Alpes, qui a attiré une multitude de spectateurs de toutes les parties de l'Europe, et qui a inspiré le poète et exercé le crayon du dessinateur.

EXCURSIONS DEPUIS INTERLACHEN.

La première que l'étiranger entreprend communtoient est à

Lauierhrunnm. Une route, prattcabte pour les voitures, conduit dans ce village. Elle passe par celui de Matten, dont nous venons de parler, et se dirige de là à trarers une plaine fertile, ombragée de beaux arbres fruitiers au village de WUderswyl qui, tont en offrant mi aspect champêtre très-agréable, présente aussi le spectacle hideux

â'ime popiilation asgez généralement affectée de goftres, et de plusieurs indiyidus orétins. Vis-à-vis de ce village on aperçoit, dans un toufiflr d'arbres fruitiers , celui de Gsteigwyler ou Wyler, situé au-delà de là Lûtschenen, qu'on est obligé de traverser pour y arriver , sur un pont de boi» plus pittoresque que solide.

Quittant WiMerswyl et poursuivant la route on arrive au hameau de Mûlinen, où Ton traverse le torrent de la Saxeten qui arrose la vallée latérale de ce nom. Bientôt après l'avoir dépassé, on 'se ti'ouve au pied de la Rothenflufa (roche rouge) qui, sans doute, a pris son nom de la teinte ferrugineuse, qu'on voit en forme de rubans, sur la paroi abrupte du rocher. La route se resserre successivement entre le torrent, qui roule ses flots mugissants sor la gauche, et la base du rocher, où l'on voyait encore naguère une inscription indiquant l'assassinat commis sur le dernier baron de Rothenflùh, par son propre frère qui périt dans l'exil. Le quartier de roc qui porte cette inscription, était connu sous le nom deBôsenstein (mauvais roc) ou Brudersteîn (roc du frère), et le château, manoir des barons, qui se trouvait sur la hauteur, portait celui de Balm de Rothenflùh, nom sous lequel on désigne assez généralement en Puisse une caverne.

A une petite distance de là on arrive au confluent de la Lûtschenen noire et de la Liitschenen blanche ; celle-ci prend sa source sur le glacier d'Ammerten, à 6330 pieds de hauteur, au fond de la vallée de Lauterbrunnen, et l'autre découle du glacier de Grindelwald. Le hameau qui est assis près de ce confluent, se nomme Zweylûtschenen (les deux Lûtschenen); on y trouve une auberge.

Suivant toujours le bord de la Liitschenen blanche, et la base des rochers qui se {Nrésentent, de plus en plus, sous des formes gigaptesques, tantôt gracieuses et tantôt bizarres, on arrive, dans une heure, au village de

LatUerbrunnen, situé à 2493 pieds ati-dessus du niveau de la mer, et à 715 au-dessus du lac de Thoune. Déjà avant de l'atteindre on entend le bruit de plui^eurs casca-

des y qu'on découvre guccessivement, telles que le Grelfeobach, le Flubbach, le Herrenbach, etc. Le village n'oflOre lien de remarquable, si ce n'est le disparate des maisons rustiques, avec l'église, le presbytère et l'auberge, bâtiments nouveaux et assez élégants. A dix minutes au-delà de l'auberge, on arrive au Staubbacb (ruisseau de poussière), nommé ainsi de la bruine que les eaux répandent dans leur chute perpendiculaire de 925 pieds. On le contemple très-bien depuis sa base, et son aspect est de toute magnificence lorsque les rayons du soleil y forment les prismes de l'iris. Le rocher d'où le Staubbach se prédpite, s'appele Pletschberg; mais avant d'y arriver, il a déjà fait une chute que l'on ne peut pas voir depuis la vallée. L'auberge de Lauterbrunnen est parfaitement tenue, et Tétrang^ y trouve toutes les aisances de la vie.

S'enfonçant d'avantage dans la vallée de Lauterbrunnen, qui doit son nom à la masse d'eau qui s'y verse de toutes patts, on rencontre d'autres cascades, dont les plus remarquables sont le Myrrenbach et le Schmadribach , et l'on se trouve enfin au pied de ces montagnes gigantesques t[ui supportent les glaciers. On estime la longueur de la vallée à cinq lieues, et sa plus grande largeur à un quart de lieue' seulement Elle n'a d'issue que du côté du Nord; au Sud, où elle prend le nom de vallée d'Ammerten, elle est complètement barrée. Il y a toutefois de ce côté plusieurs sentiers qui conduisent à quelques habitations sur les pâturages alpestres. Les voyageurs curieux de Jcantempler les belles horreurs d'une nature sauvage et bizarre, se fpnt couvent conduire par là sur les glaciers. Le sentier qui leur ofifre un dédommagement pour les fatigues qu'ils veulent endurer, est c^ui qui les mène au hameau de

TrachseUauenen, et de là sur le Steinberg. Partant de Lauterbrunnen on continue à suivre la Lutschemen blanche qui prend, plus haut, le nom de Steinberg-Ltitschenen , et Ion arrive à un groupe de maisons , .nommé Stechelberg, dou l'on voit les pics du Grosshorn, du Mittaghorn, du Breithorn, etc., et les glaciers qui couvrent le flanc de ces

uMMiUgids. Un peu plus Ic^ esISiebettauenen, aulre groiq[ie de maisons» assis au pie4 du aient Tsdûngel, et enfin \ftent TracHsellaueneD, chétif hameau, élevé de 3800 pieds au-dessus de la mer, où Ton a établi les usines d'une mine de fer prati^ée. Tannée 1782, dans le Hauriberg et dans le Steinberg, mais qui a été abandonnée tout au commencenent de ce siècle. Un peu au-dessus de ce hameau on se trouve au pied de ces mêmes montagnes, dont la dernière, élevée de 4760 pieds aiMlessus de la mer, ofûre un point de vue magnifique sur la Jimgfrau ^ se présente là dans toute sa splendeur. On peut aussi gagner de le le SckmadrièaeJh cascade qui ne le cède en rien au Staubbach.

'On peut revegoir de cette course pour coucha è Lautarbrunnen; mais si Ton veut pénétrer jusque sur les glaciers, il faut coucher à Trachsellauenen, et se faire conduire le lendemain par un bon guide sur un rocher situé au centre des plus hauts pies de ces montagnes qui présentent un aspect d'un grandiose effirayant

Un autre chemin plu» fréquenté et qu'on peut faire à dos de béte de somme, conduit de la vallée de Lauterbnmnen à GrindelwaUL n est un peu pénible, mais nul* lement dangereux» et aSre partout le tableau de la vie a^^estre, et Taspeet suUûoie et varié des montagnes colos* sales de TObeiiand; son point le plus élevé est la Scheideck de la Wengernalp» 2875 pieds au-dessus de Laulerbrunnen et $350 au-dessus de la mer, où se trouve une bonne an^ berge* C'est de ce point qu'on voit mieux que nulle part ailleurs la Jungfirau, le petit et le grand Eiger, aussi nommé MGnch (moine), ainsi que les glaciers »de TEiger ei de la Jungfrau aussi nomn|é glacier de la Blumlisalp.

Une autre route praticable en voiture légtoe conduit de la vaUée de Lauterbrunnen à

OrindekDold^ Elle part du hameau de ZweyUitschenen et suit le torrent de la Lutschenen noire, en doublant la Hunnenfluh qui supporte le pâturage du mont Wengem. La vallée par laquelle cette roule se dirige est celle de UUschenen proprement dite. Elle est d'abord resswrée, et

l'ofi n'y rencontre qoe qoelquèB ehétifii hameam autour desquels on roit toutefois de beaux arbres fhdtiers^ prisK dpalement des noyers. Le phis ronarquabie de ces ha» meaux est celui de TscMngelberg ; il est -privé diaqoe aimée depuis le 28 octobre jusqu^au 8 mars des rayons du sôleiL Aurdelà du hameau de BurgUmemn, situé à 2890 pfeds de hauteur, la yallée s'élargit uii peu^ mais la température devient phis âpre, et l'on ne rmeontre plus d'autres arbres fruitiers que le cerisier. IHirant tout le traj^ qui reste à faire, on ne perd plus de vue le mont Eiger, qui élève sa dme à 12/220 pieds, et dont le glacier descend jusqu'à la Scbddecfc de la W^gernklp.

Le viDage de GrindêhoiM qui se compose de piiisieun groupes de maisons épars portant des noms particuliers, moins pauvre que i^lul de Lauterbrunnen, bien que sa population totade dépasse 2400 Ames. BAti comme tous les villages de l'Oberland, ilny a de remarquable que le presby« 1ère et l'auberge qui occupent im hameau designé sous le nom de Gydisdorf, et dopt le style contraste d'une manière pittoresque avec les autres maisons;, cette dernière est proprement meublée et bien dessarvie. Les curieux d'ao* tiquité fcmt volontiers une visite au docher, où est suspendue une cloche portant le millésime de Tan 1044, et qui appartenait jadis à la chapelle de sainte Pétronille. Un bon sentier conduit dans une demie heure du village aux deux gladers de Grindelwald, qui se prolongent sur une étendue de 4 lieues contre le Valais. Celui que Ton nomme le grand g^cier ou glacier sup^eur est situé entre le Wet* terhom et le Mettenberg, et le petit' ou glader inférieur entre celui-d et l'Eiger. L'abord de ces gladers â*est poihit dangereux; mais si Ion veut y pénétrer et les parcom^ il convient de se fiadre accompagner par un bon guide. Dans le ondème siède cette étendue était emaillée de fleurs, et un chemin conduisait à travers dans le Valais; nous avons tracé sa direction sur notre carte.

La vallée de Grindelwald s'étend du sud-ouest au nordest, sur une longueur de quatre lieues, et une largeur

d'une demi-lieue seulement Sa position géographique est, près de l'église, par 2b^ 42' 23" de longitude sur 46*37' 37'' de latitude, et son élévation à 3507 pieds au-dessus de la mer. Gomme celle de Lauterbrunnen , elle n*a d issue qu'au nord. Au sud elle est barrée par les glaces perpétuelles dont sont cuirassées les montagnes colossales qui. séparent le canton de Berne de celui du Valais; notre carte en montre la masse par échelons successifs. Presque parallèle à cette chaîne se déroule, à Fopposite, une autre dans laquelle se dressent quelques pics qui, moins hauts que les autres, se dépouillent de la neige en été. Leurs noms et l'ordre dans lequel ils se suiyent, sont également indiqués dans la carte. Sans donc les répéter, nous ne parlerons que du

Faulhom^ que l'on atteint depuis Grindelwald dans quatre heures sur un chemin praticable à dos de béte de somme, et où Ton trouve, une bonne auberge, bâtie sur trois étapes Tannée 1832, à 200 pieds au-dessous de sa cime, élevée de 8140 pieds, qui oflQre le point de vue le plus étendu et le plus surprenant. On découvre de là l'ensemble de cette région gigantesque, qu'on admire autant dans son ensemble que dans ses détails bizarres, qui souvent présentent les contrastes les plus curieux. La perspective est d^une portée immense; elle embrasse une partie des cantons de Berne, de Soleure, de Bâle, d*Argovie, de Zug, de Lucerne, d'Unterwalden, de Fribourg et de NeuchÂtel, dans lesquels on découvre, à l'aide d'une bonne lunette de longue vue, plusieurs lacs, villes, bourgs, etc. L'auberge même est lliabîtation la plus élevée en Europe; elle est solidement bâtie et ofiûre aux voyageurs, outre une dixaine de chambres â coucher , deux grands salons , d'où les perscmnes qui ne veulent pas monter sur la cime, jouissent d'une vue qui ,ne le cède guère â celle qu'on découvre sur ce point plus élevé. Si l'on ne veut pas rétrograder sur Grindelwald, on peut gagner depuis le Faulhorn la grande Scheideck en suivant un chemin également praticable à dos de béte de somme, qui se dirige d'abord vers le petit

lac de Bach, et de là, à trayers les pâturages de First et de Grîndel, et par-dessus TEselsrâken (dos d'âne) à Rosenlaui.

Un autre chmin qui ne prése&te aucun danger, conduit aussi depuis Grindelwald à Meyringen , chef-lieu de la vallée de Hasle. Ce chemin se dirige principalement par des pâturages alpestres, et traverse la crête de la grande Scheideck, à laquelle on donne le nom d*£selsriicken. Là on se trouve rapproché du Wetterhorn, qui se dresse, sur la droite, à la hauteur de 11,445 pieds. A 2^2 lieues au-delà on arrive à Tauberge des bains de Rosenlaui, qui sont alimentés par une source minérale, découverte dans l'année 1771. Un pont qui en est proche, offre un point de vue magnifique sur le glacier de Rosenlaui qui couvre un^ étendue de 1|^ lieues, et qui donne naissance à de petits ruisseaux formant plusieurs jolies chutes. De là on commence à descendre la vallée qui se rétrécit successivement, et Ton atteint bientôt une saillie de rocher, nommée Zmrgi, qui ofi&e un point de vue surprenant sur la vallée de Meyringen et sur les rochers abruptes qui l'encadrent Enfin on' arrive, en passant près de la chute duReichenbach, dans le beau village de Meyringen, d'où Ton revient par la grande route à Interlachen. Nous en repartons pour accompagner le voyageur par la vallée de Hasle à

Meyringen et sur la GrimseL La vallée de Hasle se dirige du sud-est, où elle confine au canton de Valais, au nord-ouest, où elle vient aboutir au lac de Rrienz, sur une longueur d'environ douze lieues. Elle se divise en vallée haute et en vallée basse; la première descend depuis la Grimsel jusqu'au Kirchet, et; la seconde de là jusqu'au bord du lac. Elle est habitée par une peuplade qui se distingue avantageusement des autres habitans du canton de Rerne, autant par ses belles formes coiporelles que par la douceur de son langage. La tradition lui assigne une origine Scandinave, et la fait arriver de la Suède, d'où elle partit, dans le cinqième siècle, sous la conduite d'un nommé Hatis ou Hasle, dont elle a conservé le nom.

Parlant 4'IiDleflaclien on se rend, soit par terre» gur une Iwnne route, soit en, bateau, i>ar rAar, au bord du lac de Brienz. Ce lac élevé de 1790 pieds au-dessus du aiyeau de la mer et de 30 au-dessus de celuLde Tboune, prend sa direction du nord-ouest au sud^est, et a luie Umgeur de trois lieues sur deux tiers de largeur. Presque partout encaissé par des rochers qui plongent leurs flancs nus dans les flots à une grande profondeur, ses deux rives ne peuvent être suivies que sur des sentiers rocailleux et pénibles. On le parcourt donc dans presque toute sa longueur en bateau pour gagnw le viUage de

Brienz, situé près de Textrémité supérieure du lac, sur la rive septentrionale. On trouve dans ce grand vlUage, qni renferme une population d'environ 1100 âmes, plusieurs auberges, parmi lesquelles celle A renseigne de Vwtrs se distingue autant par la propreté de ses . appartements que par le service de la maison. L'antique église du village, fondée fan 1215 et bAtie sur un rocher isolé ainsi que le presbytère, qui en est peu éloigné, offrent un point de vue magnifique sur le lac et sur les montagnes qui s'élèvent 4u bord opposé par échelons vers les glacî»^ Tout près du village on voit les restes des ruines du château des anciens seigneors de Brienz, dont le dernier, qui s'était croisé, doit être mort en Palestine, au commencement du douzième fiëcle, époque où les barons de Ringgenberg s'emparèrent de ses propriétés. Derrière ses ruines et le presbytère se précipite le Planalpbach, aussi nommé Mùhlebach (ruisseau du moulin), d'un rocher de près de 500 pieds de hauteur. Presque en fiice de Brienz se trouve la bdle cascade du

Giesslachf que Ton voit depuis l'auberge; mais que Ion contemple communément de plus près ea bateau, soit en face soit en s'approchant par les c6tés de la voûte que forme la chute en se précipitant avec ^impétuosité d'im rocher abrupte dans le lac. Cette chute, particulièrement belle lorsque les Tdijùos du soleil s'y reflètent, est très^r^narquable par son volume; mais elle n'est pas la plus curieuse des treize autres que le Gîessbaeh fait depuis sa source primitive, le

glacier éa Schwarzhorn, d'où déeoide égaletteûl le Rdcheiibach, qui M dirige sur Meyckigeà» £a donUaiit Tex^. trémîté supérieure «du lac on peut se rendre à pied dans , 1^2 heures au Giessbadt, ^'^^ ^^ très4iien de la maison \/ dû régent de TEngi, <ïui en est i|«'6ché/ '0n^ peut même gagner de là, sur un sénfîér7 nullënient dabgereuxy qœ ce régent a fait établir jusqu'à une àauteiu> de pitès de 1000 pieds, plusieurs points , d'ut l'on roit les sauts supérieurs du torrent. Ces sauts sont en totalité au nombre de qua* torze auxqa^s.on a donné les noms des guerriers et des magistrats qui ont aequis une célâirilÀ dans les annales bernoises.

La ^atne de rodbers qui se déroule derrière le vfflage de Brienz, est connue sous le nom de Mrierxergrat (arrête de Brienz); elle sépare le canton de Berne de ceux de Luceme et d'Unterwalden, et Ta se rattacher «u mont Hohgara, qui sépare l'Ob^laiMl de l'Ëmmenthâd. Le ÊlaH^ hom {pic rouge) sur lequel cette chaîne s'appuye ei qui pro^uine sur elle, porte sa cime à 7540 pieds de hauteur^ il offire un point de vue de toute magnffîcence.

De Brienz à Meyringen il y a 3 lieues que Ton par* court en moins de temps, sur une bonne route tellement praticable pour les voitures que l'ascension totale sur tonte l'étendue n'est pas de 150 pieds. On arrive en premier à

Tracht^ village avec une bonne aidierge à l'enseigne de la croix blanche. U n'est séparé de celui de Brienz que par un torrent fougueux qui va se^ jeter dans le lac C'est  Tracht que se trouve proprement le port de débar* quement des bateaux «pii remontent le lac. C'est aussi lA que habitent les artistes sculpteurs qui cicèlent le bois d'érable et d'if, et en forment des vases et des corbeilles élégantes, recherchés et appréciés par les connaisseurs. Cette industrie est plus particulièrement exploitée à Tra(^t et à Brienz que partout ailleurs dans l'Oberland. Au-delà de Tracht on passe le Lammbacdi^ pour atteindre le ha^ meau de KienkolZy où se trouvait anciennement un village et un château, qui oni été détruits, Tan 1499, par un dé-

bordement des deux ruisseaux eiitre lesquels ils étaient assis. On continue de là à suiTre la rire droite de l'Aar jusqu'au pont de Wyler, où on la traverse pour gagner ^ par la gauche, le hameau de Unter-der-Heid, situé entre les cas* cades du Wândelbach et de Oltschihach, et de là celui de Balm, puis, en traversant de nouveau TAar, on atteint Meyiringen, après avoir parcouru sur une étendue de passé trois lieues, une vallée resserrée, arrosée dans toute sa longueur par la rivière, et bordée des deux côtés de ro* chers abruptes , par dessus lesquels se précipitent plusieurs torrents plus ou moins remarquables.

Meyringen est un grand et beau village, ^ssis à 1935 pieds au-dessus de la mer, par 25^ 5V 6'^ de longitude et 46* 43^ 42^^ de latitude. Il est ombragé d*arbres fruitiers dune belle venue, et entouré de quelques hameaux qui en dépendent; sa population totale est d'environ 1200 habitans. On y trouve deux bonnes auberges parmi lesquelles celle pi l'enseigne du sauvage est-très-recommandable , et on y voit plusieurs belles maisons, bâties dans le style habituel au pays, ainsi qu'une église d'une construction toute particulière, éloignée de son clocher, derrière lesquels se déroule une muraille de plus de mille pieds de longueur, sur une hauteur de 12 et une épaisseur de 6 à 8, construite Tannée 1734, pour opposer une digue aux torrents d'Alpbach et de Muhlebach, qui souvent causent de grands dommages par leur débordement. D'une éminence qui se trouve derrière Téglise, on plane à la fois sur le village dans son ensemble, et sur une grande partie de la vallée, qui ofi^e des tableaux variés et parfois des accidens de lumière magiques.

Le ReicJienhctch, 1 une des cascades les plus magnifiques et des plus célèbres de la Suisse, n'est éloignée de Meyringen que d'un quart de lieue. Ce torrent prend son origine au Schwarzhom, à plus de 7200 pieds d'élévation, et fait cinq bonds ou chutes avant datteindre l'Aar dans laquelle il va se perdre. Parmi ces chutes, la seconde, la troisième et la dernière sont les plus remarquables. Celle-ci

Gpogle

qu OD voit très-bien des croisées d'une maison voisine et du pont de TAar, est particulièrement admirable. La colonne d'eau qui se précipite d'une hauteur d'environ 300 pieds en a près de 30 de largeur, et le bruit qu'elle fait est véritablement elOfrayant Eclairée par le soleil levant » elle est d'un effet magique, surtout en été, à l'époque du solstice, où elle est très-riche d'eau. L'Âlpbcich est une autre cascade qui mérite d'être vue. On voit encore, près de Meyringen, la tour de Resti, reste d'un château qui appartenait jadis aux anciens seigneurs de ce nom. Près du Rei^henbach on a bâti, l'année dernière, une bonne auberge.

Au-dessus de Meyringen la vallée commence à se rétrécir, et finit par être en quelque sorte barrée par le mont Kirchet, qui sépare la vallée basse de la haute. U faut gravir cette montagne de 760 pieds d'élévation au-dessus du niveau de l'Aar, pour gagner le village de

Hasle-im-Grund ou simplement Im-Grund, assis dans un fond fertile et ombragé de beaux arbres fruitiers. C'est dans ce fond, autrefois occupé par un lac, dont les eaux se sont fait jour à travers le Kirchet, par un canal naturel de près d'une demi-lieue de longueur, nommé Lamm (agnau), que viennent aboutir plusieurs vallées; sur la gauche la vallée de Gentel, par laquelle se dirige un chemin qui mène à Engelberg, dans le canton d'Unterwalden; sur la droite les vallées de Nessel, de Gadmen et û'Urbach. Un chemin converti, il y a une vingtaine d'années, en route conduit, par la vallée de Gadmen, par-dessus le mont Susten, à Wasen, dans le canton d'Uri; mais, y^n fréquentée , cette route conunence à se dégrader. Dans le fond de la vallée d'Urbach, on voit un beau glacier, connu sous le nom de glacier de GatUi.

Bien que partout dominée^ par des montagnes gigantesques, ces vallées sont habitées, et souvent visitées par des voyageurs curieux de contempler la nature sauvage dans tout son grandiose.

Poursuivant la route qui, depuis Meyringen, n'est pra-

ticable que p9T les bôteg de flomme^ on arrive au tillage de

Outtarmen, éleyé de 3498 pieds. Ici la vég^êtation se ressent de la température refroidie des montagnes, et tons les arbres fruitiers, à Texception du cerisier, disparaissent, cependant on y cultive encore quelques céréales d'été et quelques légumes. A 1 ^2 lieues au-dessus de ce village se trouye ISiHandeck, 4570 pieds au-dessus de la mer, où Ton entend le fracas d'une chute que TAar fait tout près de là route. Pour la roif de près, il faut descendre un sentie qui mène sans, danger au pied de la chute. Placé là sur un point entouré d'une nature toute sauvage, on voit la rivière se précipiter avec un bruit épouvantable dans un gouffre de près de 180 pieds de profondeur; entre les dix heures du matin à inldi, la colonne d'eau se montre dans son plus brillant effet. Si déjà avant d'arriver à la Handeckle voyageur a remarqué l'influence graduelle du climat, il sera frappé , pendant les deux lieues qui lui restent à faire pour arriver à l'hospice de la Grimsel, de l'apauvrissement progressif de la végétation, qui bientôt ne lui offre plus que quelques arbres rabougris et quelques bruyères azotées aux blocs de granit qu'il est obligé de gravir, en suivant la base d'une paroi de rochers nus, au bout de laquelle il atteint enfin

L*hospice âe ta 6hrimsel, où îi trouve à se réposer et à se réconforter dans une bonne maison, renfermant treize appartements proprement meublés, et parfiiitement desser* vis. Cet hospice, situé à 5880 pieds au-dessus de la mer, par 46^ 34* 11" de latitude et 25"" 58' 39" de longitude^ occupe un terrain plat qui te trouve à l'extrémité occidentale d'un petit lac. A une lieue au^essus de l'hospice* on arrive au point culminant de la route ou plutôt du cheadn. De ce point, dont l'élévation est de 6770 pieds, on descend dans le haut Valais, et bien que le chemin soit pénible et couvert de neige la plus grande parfie de T^mée, il est très-fréquenté par les muletiers qui tramrportènt les mar» chandises d'un canton à l'autre. -

n y à quelques exconions à faire depuis TlMMipiee 4f la Orimsel; mais il est prudent de se faire aoeompapier d'un bon guide lorsqu'on veut les entre)prendre. Nous ^ terons en premier Tascensioli du ^ideSiom qfA se dresse^ au sud-ouest du point culminant, à la hauteur de 8630 pieds; cette ascension^ qui peut être eifectuée daius trois heures, n'est aucunement dangereuse. A une lieue deU se trouve leUnkenstoek, ob Ton Toitdes yoûtes, andennemest toutes garnieif de ciistauK , qui en ont été enlevés au eom« toencement dii siècle dernier. D'id on peut gagnar le Lauteraarhorn; le chemin qui y mène, conduit aussi dans trois heures sur ÏÀbschwung, d'où Ton contemple de près le Finsteraarhorn et le Schreckhorn, qui se présentent là dans toute leur majesté.

Un sentiei' qui quitte la route près du Todtensee (lac mort), situé à ime lieue au-dessus de Thospice et à 6610 pieds d'élévation, se dirige sur la gauciie vers la Meyenumnd ou pour parler plus correctement Isi Meyemoang: de là au glader du Bhône et, plus loin, par-dessus la Furka, à Reàlpf dans la vallée d'Urseren, au canton d'Uri. Mais, nous le répétons, il est prudent de prendre un guide pour faire ces excursions.

En redescendant la Grimsel et la vallée basse de Hasle on se trouve, à peu près à moitié chemin de Meyringen à Brienz, en face du mont Brûrdg, par-dessus lequel un chemin assez fréquenté, condi^l du canton de Berne dans celui d'UMètwalden. Sur son point culminant, qui e^ à 1800 pieds au-desstis ûu lac de Brienz» se trouvent une auberge et une maison de péage, qui offrent un i^int de vue magnifique stir ta vallée de Hesle éi «ur la chaîne des Alpes, ^i se déroule au-delà sur une grande étendue, et dans laquelle les colosses du SehreclOiom, du WeUerhorny etc., se font partfeulièretnent remarquer.

L'Oberiand bernois ainsi que ie fait connaître cette courte description n'est fedlenent abordable que du côté du Word. Oé peut y pénétrer par les cantons du Valais, d'Uri et d'Unterwalden, en swirMit les passaniBS de mon-

iSL^nes que nous ayons fait connaître plos haut en parlant de la Grimsel et du Britnig. La meilleure route qui y conduit est celle de Berne. On peut toutefois aussi y arriver en voiture légère depuis Fribourg et depuis Veyey, en suivant les routes qui se dirigent de ses deux villes, par Ghâtel-St.-Denis et par château d'Oex» à Gessenay (Saanen), et de là soit à Thoune soit à Unterseen. Ces routes récemment corrigées sont très-bonnes et offrent plusieurs situations d'un effet aussi pittoresque que surprenant ; on trouve dans plusieurs . des villages qu'elles traversent de bonnes auberges.

Toute résumée que soit cette description de l'Oberland bernois, nous y faisons connaître tout ce que cette contrée offre de curieux et d'intéressant. Nous là terminons par l'indication de qqelques tournées à y faire dans un nombre de jours déterminé; par un itinéraire des distances; par un petit tableau de la hauteur des lieux ; et par un vocabulaire dans l'idiome du pays des endroits qui y sont cités/ et dont la prononciation française diffère souvent totalement.

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