‹ Nouvelle description de StrasbourgChapitre 20 sur 89 · LE CHOEUR · texte numérisé non relu

LE CHOEUR

Comme nous l’avons dit dans notre partie historique , le chœur remonte à une antiquité très - reculée , quoique les nombreuses réparations qui y ont été faites lui donnent une forme plus nouvelle. Aussi les caractères du style byzantin qu’il présente semblent-ils se confondre avec le système gothique.

Le grand autel a été construit en 1763 , d’après les dessins de Massol ; le devant , en marbre , est orné d’un cadre ovale représentant la résurrection. Cet autel , absolument isolé, n’est orné que d’un crucifix et de six chandeliers. A ses côtés sont placés deùx anges en étain doré.

Trois rangs de stalles conduisent au siège épiscopal, près duquel se trouvent deux portes cachées, dont l’une conduisait aux archives , et l’autre au trésor de la cathédrale.

LA CATHÉDRALE

A la partie supérieure du siège s’élève une fenêtre , à droite de laquelle se voit un magnifique tableau , représentant l’Assomption de la sainte Vierge, dont Charles X a fait don à la cathédrale , lors de son voyage en Alsace, en 1828.

A la gauche de cette même fenêtre se trouve un autre tableau , faisant pendant au premier, et qui représente X Ascension du Christ , peint par Jean-Joseph Heirn , natif de Belfort, et résidant à Paris. Le Sauveur, revêtu d’une robe blanche, s’élève vers les régions supérieures ; Moïse , tenant les tables de la loi , et Élie lui rendent hommage ; les disciples du Seigneur manifestent des marques d’étonnement. Ce tableau a été donné à la Cathédrale par le gouvernement, en 183t.

Parmi les autres tableaux que l’on voit dans l’église , on distingue surtout une Fuite en Egypte, d’un peintre moderne, placée au-dessus des fonds baptismaux.

Autrefois , plusieurs drapeaux , pris par

LA CATHÉDRALE

les Strasbourgeois sur l’armée de Charlesle-Téméraire , se trouvaient dans cette enceinte , fermée par une galerie ; ils en furent ôtés par ordre du magistrat, lors de la réformation.

A la naissance du chœur , on voit les autels de Saint-Jean-Baptiste et de Saint-Arbogaste, surmontés de deux tribunes.

On espère que le chœur sera mis en harmonie avec le reste de l’édifice ; ce changement est à désirer , car celui actuellement existant dénature le caractère de la basilique et en rapetisse l’effet.

Les réparations faites à la Cathédrale méritent d’ailleurs tout éloge, et prouvent que nos artistes possèdent assez l’architecture ancienne pour tenter cette réforme avec succès. L’un d’eux,. M. Friederich, a déjà soumis au jugement des autorités et des connaisseurs un plan-modèle de cinq pieds ; d’après l’opinion générale , la Cathédrale gagnerait infiniment à son exécution.

LA CATHÉDRALE

L’approbation avec laquelle il a été accueilli nous fait donc un devoir d’entrer dans quelques détails.

D’après ce plan , la partie supérieure de l'arrière-chœur serait abattue et rehaussée en octogone dans le style gothique.

A la place de la fenêtre actuellement existante , on placerait un groupe en sculpture.

Des arcades en pierre , composées de petits piliers gothiques surmontés de frontons triangulaires , embelliraient le massif des murs latéraux , auxquels on adapterait une galerie, analogue à celle qui règne dans la nef. Ces arcades, en se prolongeant des deux côtés de la croisée du fond, comprendraient dans leurs allées les deux belles colonnes qui soutiennent les retombées des arcs latéraux de la coupole de l’avantchœur , et seraient surmontées de tribunes destinées à la musique.

Les tribunes et les escaliers modernes qui y conduisent , seraient démolis et remplacés

LA CATHEDRALE

par des escaliers tournants et à jour , semblables a celui que l’on voit près de l’horloge astronomique.

La lumière pénétrerait dans l’intérieur du chœur au moyen de fenêtres concordant à celles de la nef, et percées dans le rehaussement dont nous avons parlé.

Les angles seraient ornés de statues religieuses ; enfin , une belle peinture à fresque ornerait le dôme de la croisée, et le mur qui forme le haut-fond serait embelli de décorations convenables.

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