LE SAINT* SÉPULCRE
Au-dessous du chœur se trouve une vaste chapelle voûtée, connue sous le nom de Saint-Sépulcre.
Autrefois deux escaliers y conduisaient du milieu de la nef, mais on les plaça en face des portes du nord et du sud, lorsqu’on procéda à l’agrandissement du chœur. On remarque à feutrée de ce souterrain , un
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groupe de figures taillées en pierre , représentant Jésus et ses disciples au jardin des Oliviers , au moment où Judas , accompagné des Juifs et des soldats romains , vient saisir le Sauveur. Toutes ces figures sont de grandeur naturelle , et le groupe des huit soldats est d’un seul bloc.
Derrière ces figures, une petite porte conduit aux fondements de la cathédrale. Plusieurs traditions portent que la grande quantité d’eau avait obligé les architectes d’élever cet édifice sur des pilotis de bois d’aune, mais le procès-verbal de la descente qui fut faite en 1665, dément entièrement cette assertion. On doit ajouter aussi peu de foi à la possibilité de faire des promenades souterraines dans toute l’étendue de la rue Mercière, au moyen d’une nacelle en cuivre ; tout en constate l’impossibilité.
Dans le fond opposé de la chapelle, se trouve un autel , sur lequel on célébrait autrefois l’office de la Semaine sainte.
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En remontant par l’escalier du midi , le premier objet qui frappe la vue est l’horloge.
l’horloge.
Ce monument , entièrement dégradé aujourd’hui, est encore par ses vestiges un des plus curieux de la Cathédrale. Le projet en fut conçu, en 1571, par Conrad Dasipodius; l'exécution en est due à Isaac Habrecht. Plusieurs rouages y sont, il est vrai, superflus, mais le triomphe de cette entreprise compliquée ne mérite que davantage notre admiration.
Cette horloge est entourée d’une balustrade en bois et d’un grillage en fer d’à peu près huit pieds de hauteur.
Sa base se compose d’un pélican portant un globe astronomique de trois pieds de diamètre. Ce globe pèse cent livres , quoiqu’il ne soit composé que de toile, de mastic, de craie et de papier.
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Toutes les vingt-quatre heures, il tournait sur son axe et représentait successivement l’apparition et la disparition du soleil et de la lune.
Plusieurs ressorts qui se trouvent dans le pélican servaient à d’autres observations astronomiques.
Cette base est surmontée d’un tableau rond divisé en trois parties.
La plus grande contient un calendrier perpétuel , à droite et à gauche duquel sont placés Apollon et Diane, avec leurs emblèmes; le premier, comme symbole du soleil, tient une flèche et marque chaque jour de l’année; la seconde, représentant la lune , marque le jour où se termine la moitié de l’année.
Un mouvement annuel de gauche à droite était imprimé à cette première partie du tableau.
La seconde , dont le diamètre est de neuf pieds , était mue séculairement de droite à gauche ; elle indiquait l’année courante , les
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points de l’écliptique coïncidant avec l’équateur ou les équinoxes, les points culminants de la course du soleil ou les solstices , la connaissance du temps et les dates des principales solennités religieuses.
La troisième et la plus petite partie a toujours été immobile ; elle présente le cours du Rhin , le plan topographique de la ville de Strasbourg, ainsi que les noms de ceux qui ont travaillé à cette horloge.
Le tableau rond dont nous venons de parler se trouve placé dans un encadrement carré , aux angles duquel on remarque des peintures de Tobie Stimmer, représentant les différentes parties du monde suivant la prophétie de Daniel. On voit à côté de cet encadrement deux tables démontrant les éclipses visibles du soleil et de la lune. Elles pouvaient , sans que l’on fût obligé de déranger l’horloge, être replacées lorsque l’année était écoulée.
Au-dessus de ces deux tables, sont placés les sept planètes ou les sept dieux auxquels
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les jours sont consacrés. Ils paraissaient alternativement, au jour qui leur est affecté , dans un char traîné par divers animaux.
A leurs côtés on aperçoit une autre peinture de Stimmer, représentant la création d’Adam et d’Eve, la résurrection et le jugement dernier.
Un peu plus haut , on distingue un cadran quimarqueïes quarts d’heure etles minutes, une tête de mort , un serpent et une pomme ; enfin, deux anges, dont l’un tient un sablier, qu’il tournait quand l’heure sonnait, et l’autre un sceptre qu’il levait pour répéter les coups.
Au second étage est un grand astrolabe sur lequel tournaient les aiguilles des sept planètes ; elles indiquaient leurs signes dans le zodiaque, et la plus grande d’entre elles marquait les heures. Au centre de cet astrolabe est représenté le globe terrestre, ainsi que les quatre saisons, figurées par les quatre âges de l’homme. Chaque côté du second étage est orné d’un lion ; l’un tenait
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les armes de la ville, et l’autre le casque surmonté des deux ailes de pigeon usitées et marquées aux mêmes couleurs que l’écu (fond blanc et bande rouge).
L’astrolabe était surmonté d’un cadran indiquant les diverses phases de la lune d’après leur effet naturel. Une inscription allemande qui s’y trouve, peut se rendre ainsi: qui est semblable à V aurore, beau comme la lune et rayonnant comme le soleil .
Une roue , sur laquelle sont attachés quatre jaquemarts représentant les divers âges de l’homme, se trouve au troisième étage ; ces statues frappaient les quarts d’heure sur des cymbales.
Au-dessus est une clochette qui sonnait les heures. A chaque quart d’heure la Mort se dirigeait vers la cloche et se trouvait repoussée par Jésus-Christ; mais à l’approche de l’heure, la Mort, en revenant sur ses pas, s’avançait pour la sonner, et Jésus-Christ se retirait.
Cette horloge est couronnée par un dôme
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renfermant un cariîîon qui jouait plusieurs airs d’anciens cantiques. Ce dôme est luimême surmonté d’un coq automate qui, à la fin du morceau , battait des ailes, alongeait le cou et chantait plusieurs fois.
On remarque, parmi plusieurs peintures, les trois Parques , la Muse qui préside à l’astronomie, etc. ; et sur la droite , un bel escalier en limaçon qui conduit à l’horloge.
 gauche de l’horloge on voit, sur une petite galerie, la statue d’un vieillard. La tradition populaire raconte, à ce sujet, l’anecdote suivante: lors de la construction de cette partie de l’édifice, un homme venait souvent se promener à l'entour des ouvriers ; tout en admirant la célérité de leurs travaux , il leur en prédisait F inutilité et la ruine prochaine de la Cathédrale. Ces prédictions réitérées leur devinrent probablement importunes ; du moins suggérèrentelles à l’un d’eux l’idée d’immortaliser le prophète.
Ce vieillard , au reste , jette son regard
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sur l’ancienne horloge qui était placée visà-vis de celle qui existe encore.