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EGLISE DE SAINT-JEAN. MONT -DE -PIETÉ

Ces bâtiments ont été élevés pour un monastère de religieuses de Saint-Marc , qui renoncèrent à leurs vœux lors de la réfor-

l5o MONUMENTS ET CURIOSITÉS.

mation, en abandonnant leur couvent et leurs biens, dont la ville s’empara. Les biens ont été convertis en fondations , qui subsistent encore aujourd’hui et sont destinées à soulager les pauvres honteux.

Les bâtiments furent, en 1686, cédés aux Joannites, en échange de leur ancienne maison, dont une partie avait été comprise dans les fortifications, et dont l’autre sert aujourd’hui de maison de détention.

En vertu de cette cession, un grand nombre de ces religieux vinrent s’établir à Strasbourg. Ils avaient une bibliothèque curieuse, composée d’une infinité de manuscrits et de livres rares.

Dans le local où se trouvait cette bibliothèque, se réunissait, au commencement du seizième siècle, une société littéraire, qui comptait parmi ses membres le célèbre Érasme , Sébastien Brandt , Béatus Rhénanus, Jacques Sturm de Sturmeck, Jacques Wimpheling, etc. On prétend que les travaux de cette société littéraire, une des

plus anciennes réunions de ce genre, depuis la renaissance des lettres, ont beaucoup contribué à la révolution religieuse du seizième siècle. Cette société devint le berceau de cette école , à laquelle il était réservé de devenir célèbre dans l’Europe entière, sous le nom d’université de Strasbourg.

Depuis la suppression des couvents, les bâtiments de Saint-Jean ont servi à plusieurs établissements d’utilité publique ; aujourd’hui ils sont affectés au Mont-de-Piété, et l’église forme une des paroisses catholiques de la ville.

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