‹ Nouvelle description de StrasbourgChapitre 53 sur 89 · VV · texte numérisé non relu

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le mausolée érigé par Louis XV , en mémoire de celui dont Voltaire a dit :

Il força l’histoire à parler.

Et les courtisans à se taire.

Cette magnifique composition , terminée en 1777, est due au ciseau du célèbre sculpteur Pigal.

Au bas d’une pyramide de marbre gris , contre laquelle est appuyé un sarcophage , paraît le maréchal de Saxe , sous l’armure guerrière, la tête ceinte de laurier et le bâton de commandement à la main , descendant, avec l’expression de l’intrépidité, les marches d’un gradin qui conduit au tombeau. A sa droite, on voit, dans l’attitude de la déroute et de l’épouvante , les animaux symboliques des trois nations alliées, dont il triompha dans les guerres de Flandre; leurs enseignes sont brisées. A sa gauche est le génie de la guerre en larmes, ayant les yeux fixés sur le héros, et tenant son flambeau renversé. A côté du génie sont les drapeaux français élevés

et victorieux. Au-dessous du maréchal, paraît îa France, s’efforçant d’une main de le retenir, et de l’autre , de repousser la mort. Celle-ci , dont le squelette est caché sous une ample draperie, se trouve à la gauche du tombeau ; la clepsydre à la main , elle annonce au héros que ses moments sont écoulés, et le presse d’entrer dans le tombeau , quelle tient ouvert.

De l’autre côté du sarcophage , se trouve un Hercule , dont la douleur mâle et profonde forme un contraste admirable avec îa douleur vive et animée de la France.

Au-dessous du sarcophage, sont les armes du maréchal , traversées de deux bâtons de commandement, et ornées du collier de l’ordre de l’ Aigle-Blanc de Pologne.

Sur îa face antérieure de la pyramide , se trouve une inscription latine dont voici la traduction :

cr A Maurice, comte de Saxe, duc de »Courlande et de Sémigalle, maréchal des

MONUMENTS ET CURIOSITES. l65

a camps et armées du roi, partout vainaqueur. Louis XV, auteur et témoin de « ses victoires , lui a fait ériger ce monu- « ment. Il est mort au château de Chaîner bord, le 30 novembre, l’an de grâce cf 1750, en la cinquante-cinquième année cc de son âge. »

Le célèbre professeur Schœpflin avait fait une autre épitaphe latine pour ce monument; comme elle contient un abrégé de la vie du maréchal, nous allons la citer en traduction :

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