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OÙ EST MAINTENANT CONSACRÉ LE DEUIL DE LA FRANCE

Strasbourg doit la conservation de ce beau monument de sculpture à M. Mangelscbott. Ce citoyen , qui était garde-magasin des fourrages lors de la révolutioff , a eu la prudence de le dérober à la vue des Vandales de 93.

Dans la nef du même temple se trouvent encore plusieurs autres monuments tumulaires.

Celui de Scbœpflin consiste en un piédestal de grès , surmonté d une urne en mar-

b re blanc , posée entre deux colonnes cannelées, d’ordre corinthien. Dans le fronton est un beau portrait bronzé du célèbre professeur. Ce monument a été exécuté sous la direction de Pertois.

Celui du professeur Oberlin ; les figures de ce monument sont de marbre blanc et les encadrements de grès. Il est dû au sculpteur Obmacht.

Celui de Koch est plus historié que les deux précédents. Une statue représentant la ville de Strasbourg décerne une couronne de chêne au célèbre professeur ; un génie qui tient ses ouvrages pleure sur sa mort. Le buste du savant couronne le monument, dû au ciseau du même artiste.

Celui du docteur Reisseissen, non moins célèbre par ses vertus que par ses talents dans l’art de guérir, et dont la mémoire sera longtemps un objet de regrets pour tous ceux qui ont eu, le bonheur de le connaître. Un buste supérieurement exécuté orne ce monument et perpétue les traits

de celui auquel il est consacré. On regrette qu’il ne soit pas en marbre ; il passe pour un des chefs-d’œuvre du célèbre Obmacht.

Vient enfin le monument du jeune professeur Emmerich , prédicateur à cette église , dont l’âme noble et ardente , et les fortes études, promettaient à l’Alsace une nouvelle illustration. Il appartenait au génie d’ Obmacht de reproduire ses traits.

Dans une ancienne chapelle latérale sont déposées deux momies découvertes lors de fouilles faites en cette église en 1805; elles sont renfermées dans des cercueils vitrés. L’une est un comte de Nassau-Sarwerden ; l’ au tre, une jeune personne à peine âgée de dix ans, que l’on suppose être sa fille.

L’homme a un habillement complet en bure, des bas de lin et des souliers carrés. Ses gants sont en peau de daim ; un bonnet en drap d’argent couvre sa tête, qui repose sur un sachet rempli d’herbes odoriférantes. Son cou est entouré d’une fraise plissée.

Le costume de la jeune fille se compose d’une robe de taffetas bleu verdâtre , garnie de rubans ; une couronne de fleurs pare sa tête ; l’une de ses mains tient une couronne de lauriers au milieu de laquelle brille un rubis ; ses bras sont ornés de beaux bracelets en perles.

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