‹ Nouvelle description de StrasbourgChapitre 71 sur 89 · EGLISE ET COUVENT DE SAINT-GUILLAUME · texte numérisé non relu

EGLISE ET COUVENT DE SAINT-GUILLAUME

L’église et le couvent de Saint-Guillaume, situés dans la rue de ce nom , et à peu de distance du jardin botanique, formaient autrefois un monastère bâti en 1302 par la famille de Müllenheim, qui, par ses sanglantes querelles avec la famille de Zorn , s’est acquise une espèce de célébrité dans les annales de Strasbourg.

Les religieux qui habitaient ce couvent concédèrent, en 1533, leurs biens au sénat, en échange d’une pension viagère. Le sénat établit alors, dans ce bâtiment, le collège des Wilhelmites > qui y resta jusqu’en 1 660, époque à laquelle le couvent de Saint-Guillaume fut métamorphosé en une maison de correction , qui fut transformée à son tour en maison curiale peu d’années avant la révolution.

L’église, dont l’architecture est de mauvais goût et d’une rare bizarrerie , est ornée de beaux vitreaux peints. Elle renferme les pierres sépulcrales d’Ulric de Werd, landgrave de la Basse-Alsace , mort en 1 344, et de son frère Philippe, chanoine- comte de la cathédrale, décédé en 1332. Ces morceaux de sculpture n’offrent , du reste , rien de remarquable. Le clocher de cette église a été reconstruit en 1565.

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LA ROBERTSAU.

La Robertsau forme une grande presqu’ île située entre Y 111 et le Rhin . On prétend qu’elle doit son nom à l’un de ses anciens habitants nommé Robert Rock, qui y avait établi, vers l’an 1200, un excellent pâturage1. Après avoir été tour-à-tour un domaine impérial et épiscopal, elle devint une dépendance de la ville de Strasbourg. Ses habitants jouissaient, sous l’ancien gouvernement , des mêmes droits politiques et prérogatives que ceux de la ville.

La Robertsau commence aux glacis delà

1 Ruprechts-Au, c’est-à-dire prairie ou pâturage de Robert.

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porte des Pêcheurs. En sortant de la ville on trouve une belle avenue disposée en trois allées , dont la principale est destinée aux voitures. Les deux allées latérales sont bordées de jardins et de jolies maisons de campagne.

Cette avenue se prolonge jusqu’à l’ancien canal des Charpentiers, audelà duquel s’offre une vaste plaine que les allées dont nous venons de parler , partagent en deux. A gauche, cette plaine présente une grande pelouse entourée et traversée par de magnifiques allées de vieux tilleuls, plantés par le célèbre Le Nôtre. Cette pelouse sert ordinairement aux fêtes populaires. A droite, où se trouvait un terrain encore inculte, M. Schützenberger, maire de la Ville de Strasbourg, a fait établir un jardin anglais qui est devenu une des plus belles promenades publiques qu’on puisse s’imaginer, surtout si, comme on l’espère, des pièces d’eau y sont introduites, par suite du creusement du canal qui doit réunir tout près de cet endroit l’Ill au Rhin.

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Au milieu du jardin se trouve l’orangerie. Cet édifice se présente assez bien , et sa façade est d’un aspect agréable. Le premier étage est composé de plusieurs cabinets , d’une grande et belle salle ornée de colonnes et éclairée par la coupole.

Le rez-de-chaussée est consacré aux serres. Elles renferment environ cent quarante pieds d’arbres exotiques, qui, pendant la belle saison , sont répartis dans le jardin qui entoure l’édifice. Ces arbres proviennent d’une orangerie que le prince de Hesse-Darmstadt possédait à Bouxwiller ; déclarés propriété nationale lors de la révolution française, ils furent par la suite donnés à la ville de Strasbourg , qui fit élever en 1802 et années suivantes, le bâtiment que nous voyons aujourd’hui, dont la construction a coûté plus de 350,000 fr.

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