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SOL, INDUSTRIE , ARTS , COMMERCE , MOEURS

Le sol de l’Alsace , propre à la culture de toute espèce de plantes , se distingue surtout par le luxe de fécondité qu’il déploie aux environs de Strasbourg. Il serait peut-être difficile d’y rencontrer un seul champ qui ne se couvre chaque année d’une double récolte.

L’industrie manufacturière s’est, depuis quelques années , développée d’une manière

assez remarquable. Parmi les établissements industriels, nous devons citer:

1 Les beaux ateliers de mécanique de MM. Rollé et Schwiîgué , où se fabriquent , par brevet d’invention et de perfectionnement, les balances-bascules en tous genres, et autres instruments de pesage; les horloges pour églises et bâtiments ; et diverses machines et outils. Tous ces ouvrages, exécutés sous la direction de M. Schwiîgué, un des mécaniciens français les plus distingués , se font remarquer par leur fini et leur précision.

2° Les ateliers de mécanique de MM.

Koïl et Reinhardt ; ce dernier fait des moulins à bras d’une nouvelle invention.

3° La belle raffinerie de sucres du Wacken.

4° Les ateliers de filature et de tissage de M. Fæs; les mécaniques y sont mises en mouvement au moyen d’une machine à vapeur.

5° La fabrique de globes aréophyses

(terrestres et célestes), inventés par Weinling, et fabriqués par la maison Marin et Schmidt.

6° La fonderie de cloches de M. Edel.

7° Les fabriques de cuves en cuivre, pour les brasseurs et les teinturiers.

8° Les fabriques de crics qu’on exporte à l’intérieur et à l’étranger.

9° La fabrique de tissus métalliques de' M. Stammler.

Et enfin, ce qui n’a pas moins d’intérêt pour les gastronomes , les fameux pâtés de foie d’oie si renommés dans toute l’Europe, que fabriquent MM. Clauze, Muller, Doyen, Henry, Hummel, etc., etc.

Le goût des arts était anciennement beaucoup plus répandu dans notre ville, qu’il ne l’est aujourd’hui , quoiqu’il paraisse vouloir se ranimer.

Parmi les anciens artistes qui se sont illustrés par leurs travaux, nous citerons seulement les suivants : Nicolas Wurmser , un des plus fameux peintres du quator-

zième siècle ; Jean Baldung, peintre, vivant au seizième siècle ; W. Dieterlin , l’inventeur de la peinture au pastel , qui mourut en 1599; Günther père et fils, célèbres graveurs de la même époque ; J. A. Nahl, fameux statuaire , vivant au dix-huitième siècle; Ph. J . Lutherbourg ; et Benjamin Zix, mort en 1806.

Les artistes strasbourgeois modernes dont les travaux ont acquis au loin une grande célébrité, sont : MM. Obmacht, Kirstein fils et Friederich , statuaires ; Scbuler , graveur en taille douce ; Gabriel Guérin peintre ; Kirstein père , ciseleur de matières d’or et d’argent; Diebold, ingénieur-mécanicien et opticien ; Lichtenberger , coutelier , fabricant d’instruments de chirurgie; Kretzschmann, facteur d’instruments en cuivre; Frost, Allinger, etc., facteurs de pianos.

Deux sociétés artistiques existent à Strasbourg, elles font toutes deux des expositions périodiques d’objets d’art. Ce sont l’Asso-

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dation rhénane des beaux-arts et la Société des artistes alsaciens.

Strasbourg possède, en outre, un grand nombre d’établissements d’instruction et plusieurs sociétés scientifiques. Parmi ces dernières nous citerons la Société des sciences, arts et agriculture , et la Société du Muséum d' Histoire naturelle, qui toutes deux publient des mémoires.

Strasbourg se glorifie aussi d’être le berceau de l’invention de l’imprimerie : Gutenberg y a fait ses premiers essais, Mentelin et plusieurs autres s’y sont illustrés parde beaux travaux typographiques.

De nos jours , on y cultive encore avec succès l’important art de l’imprimerie, et il y a des établissements qui suivent et devancent quelquefois les progrès que l’imprimerie fait de nos jours , et produisent des ouvrages qui peuvent rivaliser avec ce que la capitale otfre de mieux.

Le mouvement intellectuel est, du reste, assez actif à Strasbourg; des écrits im-

portants y sont publiés par les savants qui habitent cette ville, et de nombreux recueils périodiques attestent les efforts qui se font pour se distinguer aussi dans ce genre de travaux littéraires et scientifiques.

Ainsi il paraît à Strasbourg deux journaux politiques: le Courrier du Bas-Rhin et le Journal du Haut et Bas-Rhin ; deux feuilles d’annonces : les Affiches et Y Indicateur; deux journaux littéraires : la Revue Germanique , et la Revue dJ Alsace; un journal de médecine : les Archives médicales; un journal sur l’étude des insectes: la Revue entomologique ; un journal consacré à l’instruction et rédigé en langue allemande : Protestantisches Kirchen-und Schulblatt fur das Elsass ; un journal spécialement consacré aux Israélites: la Régénération.

Strasbourg possède deux foires annuelles, autrefois très-suivies, mais qui sont aujourd’hui de bien peu d’importance :

l’une commence le 25 juin, l’autre le 26

décembre. Elles durent chacune quinze jours.

Par contre, les marchés qui ont lieu les mercredis et les vendredis de chaque semaine, offrent une affluence de monde dont il est difficile de se faire une idée. Dès la pointe du jour, on rencontre sur les diverses routes qui conduisent à la ville , les paysans alsaciens amenant au marché les produits de leurs récoltes. Leur costume , tout à la fois original et grave , a toujours frappé d’étonnement l’étranger qui venait pour la première fois visiter nos contrées. Il se compose d’un habit en ratine noire , déformé carrée, et tombant jusqu’au jarret. Sous cet habit toujours ouvert, se trouve un gilet écarlate à boutons de métal ; une culotte noire et étroite, des bottes molles remontant jusqu’au genou , ou des guêtres en toile blanche , forment le complément de ce pittoresque ajustement.

Le costume des femmes, qui varie de village en village, est très-piquant. Elles

portent un jupon de serge rouge ou verte , très-court, bordé de rubans de différentes couleurs. Ce jupon est soutenu par un corset, au devant duquel est fixé un carton triangulaire couvert de drap d’or et d’argent. Un petit bonnet du même tissu couvre la partie postérieure de la tête, et complète ce costume , qui ne laisse pas de trahir un certain penchant de coquetterie campagnarde.

Les Alsaciens, robustes et bien constitués, supportent avec constance les fatigues de la guerre et ses privations. Ils sont d’un naturel réservé; assez lents à former des liaisons , une amitié franche est toujours la suite de celles qu’ils ont contractées ; peu prévenants, mais sincères, ils sont en général plus affectionnés que polis. Leur intelligence a de l’étendue et de la justesse ; ils sont lents à prendre un parti, mais une fois décidés , ils poursuivent leur but avec une énergie et une persévérance que rien ne peut arrêter.

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