ONZIEME PÉRIODE
Strasbourg sous la domination française sans privilèges particuliers.
1790 L’Alsace est divisée en départements du
Haut et Bas-Rhin.
Vingt mille citoyens armés, venus de divers points de la France, prononcent à Strasbourg le serment solennel de fédération dans la plaine des Bouchers (13 juin).
Création d’un papier-monnaie sous le nom d’assignats.
Dumas, Hérault etFossey, commissaires du gouvernement, arrivent à Strasbourg avec la mission de favoriser le nouvel ordre de choses.
1791 François-Antoine Brendel est élu évêque
constitutionnel de Strasbourg (G mars).
Les tribus sont supprimées (1er avril).
Elections des six curés catholiques de la ville (3 avril).
La fête de l’acceptation de la constitution est célébrée à Strasbourg.
Organisation du premier bataillon de volontaires strasbourgeois.
Dietrich, élu maire lors des premières élections municipales, est élu pour la seconde fois.
La guerre est déclarée à l’Autriche. Strasbourg est mis en és at de siège. Des troupes autrichiennes s’établissentàKehl. Le pont du Rhin est enlevé.
Arrestation de Laveaux , rédacteur du journal français de Strasbourg, accusé d’avoir excité le peuple à la révolte.
Eulogue Schneider, vicaire généraldel’évêché, publie son journalintitulé l'Argus.
Le maire de Strasbourg est accusé d’intelligence avec l’ennemi. Une pétition signée par quatre mille citoyens, proclame la fausseté de cette accusation (14 juin).
La municipalité de Strasbourg dénonce les clubs des jacobins à l’assemblée nationale (27 juin \
La municipalité, l’administration départementale et la plus grande partie des citoyens de Strasbourg s’opposent à la déchéance du roi (9 août).
Dietrich est conduit à Paris (11 novembre)*
Il est renvoyé devant le tribunal criminel de Strasbourg (27 novembre).
Les jacobins demandent la translation do Dietrich dans les prisons de Besançon.
Couturier , Rühl et Denzel arrivent à Strasbourg en qualité de commissaires et déposent les officiers municipaux , malgré les
représentations des citoyens; ils nomment aux fonctions de maire, Monet, jeune homme de 24 ans (21 janvier).
Dietrich , acquitté par le tribunal criminel de Besançon en date du 7 mars , est néanmoins exécuté à Paris, avec un grand nombre d’autres infortunés. La convention réhabilita sa mémoire après la chute de Robespierre, dans sa séance du 23 août 1795.
Strasbourg est déclaré en état de siège (30 juillet).
Le tocsin sonne pendant quarante-huit heures , pour appeler aux armes tous les citoyens contre les ennemis qui avaient envahi nos frontières (9 et 10 septembre). Kehl est bombardé par les Français. Les canonniers de notre garde nationale s’y distinguent d’une manière glorieuse (12 septembre).
Etablissement du comité de surveillance et de sûreté générale, par les représentants Guyardin etMilhaud. Monet en est nommé président (17 septembre).
Introduction du nouveau calendrier républicain (21 septembre).
Les églises sont fermées (15 octobre).
Etablissement du tribunal révolutionnaire (4 octobre). Ce tribunal, dont nos derniers neveux ne parleront qu’avec un frémissement d’horreur, se composait de Taffin , ex-prêtre, président ; Wolff et Rlavel, assesseurs; Schneider, exprêtre, commissaire civil. Les trois derniers étaient membres du comité de sûreté générale, et par ce fait, accusateurs et juges à la fois.
Quatre-vingt-dix terroristes arrivent à
Strasbourg et s’établissent dans le bâtiment du collège royal, avec la mission de placer le Bas-Rhin à la hauteur des horreurs révolutionnaires. Cette société s’appelait la Propagande.
La fête de l’Être suprême est célébrée dans la cathédrale (21 novembre).
Les statues de saints placées autour de la cathédrale sont abattues d’après les ordres de Saint-Just et Lebas (25 novembre).
Arrestation d’Eulogue Schneider. San exposition sur l’échafaud (15 décembre).
L’ennemi est repoussé. Les Français reprennent Haguenau, Wissembourg, Landau et Lauterbourg.
Les habitants de Strasbourg sont forcés d’échanger 300,000 fr. d’argent monnoyé , contre autant d’assignats.
Foussedoire, représentant du peuple, est envoyé à Strasbourg avec la mission d’épurer l’administration des deux départements du Rhin (14 août).
Monet, et plusieurs autres terroristes sont révoqués de leurs fonctions.
La ville est solennellement déclarée hors de l’état de siège (28 décembre).
Les temples sont rendus au culte (10 mars).
La paix entre la France et la Prusse est solennellement annoncée à Strasbourg (8 avril).
Les assignats cessent d’avoir cours (29 juill.).
Les sociétés populaires sont supprimées.
Avec ces mesures reparaît une aurore de tranquillité pour l’Alsace (23 août).
Kehl est pris par les Français sous les ordres de Moreau (24 juin).
Kehl est surpris par los Autrichiens; les Français les repoussent avec de fortes pertes. Plusieurs gardes nationaux de Strasbourg trouvèrent dans ce combat une mort glorieuse (18 septembre).
Kehl est assiégé par l’armée autrichienne. Un combat acharné eut lieu à celte occasion. Les Français tirent six cents prisonniers. Le général en chef Moreau eut son chapeau percé d’une balle ; un cheval fut tué sous Désaix, par un boulet de canon. Des positions avaient été prises à cinq reprises différentes et arrachées chaque fois avec une nouvelle ardeur (4 octobre).
Le fort de Kehl, après avoir été désarmé, est remis aux Autrichiens par capitulation (9 janvier}.
Le général Jourdan passe le Rhin à la tête d’une partie de l’armée française, à la vue de Kehl.
La promenade du Contades est établie d’après le plan en relief exécuté par Pinot fils, architecte du département.
Ouverture de la Société des sciences et des arts.
Un mausolée est élevé à la mémoire de Désaix dans l’île du Rhin.
Paix de Lunéville. Le Thalweg du Rhin , ou le fil d’eau le plus propre à la navigation d’aval , est reconnu comme limite entrela France et l’Allemagne (9 février).
La Société libre des Sciences et arts , la société libre d’agriculture et d’économie intérieure et une Société de médecins se constituent en Société des sciences, agriculture et arts du département du Bas- Rhin.
Un détachement de cavalerie, parti de Sélestat, enlève le duc d’Enghien à Ettenheim. Condamné à mort par une commission militaire, il est exécuté à Vincennes (15 mars).
Napoléon et l’impératrice Joséphine , retournant d’Austerlitz à Paris, s’arrêtent à Strasbourg, et reçoivent les plus vifs témoignages d’allégresse et d’amour des habitants, dans de brillantes fêtes célébrées en leur honneur (2*2 et 23 janvier).
Napoléon fait ériger le fort de Kehl et le magnifique pont du Rhin.
Marie-Louise, archiduchesse d’Autriche, arrive à Strasbourg comme future épouse de l’empereur. La ville lui fait une réception des plus splendides (22 et 23 mars).
Les alliés pénètrent en France par toutes les frontières. L’Alsace est envahie.
Strasbourg est cerné par l’armée ennemie (6 janvier).
Le comte Rœderer est nommé commissaire général à Strasbourg.
Le drapeau blanc est arboré sur la Cathédrale , et annonce le retour des Bourbons (13 avril).
Strasbourg est mis hors de l’état de siège (16 avril).
Un commissaire extraordinaire du roi est
envoyé dans chaque division militaire (22 avril). Kellermann arrive à Strasbourg.
Les limites de la France sont rétablies au même point qu’elles étaient au 1er janvier 1792 (30 mai). Le royaume se compose de 86 départements.
Le corps d’armée de Rapp s’insurge contre ce général qui, d’après les ordres du
gouvernement, voulait licencier les soldats sans leur payer la solde arriérée. Dalouzi, sergent au 7e léger , est nommé chef de cette insurrection ; il s’oppose aux conditions émises par le général, et triomphe.
Traité de paix entre la France et les puissances étrangères. Par ce traité et celui de 1814, le département du Bas-Rhin perdit 84 communes, 6i>,662 habitants et 32,173 hectares de forêts.
Cherté des vivres à Strasbourg.
Les troupes ennemies évacuent le territoire français (30 novembre).
Exécution à Strasbourg de l’infortuné lieutenant-colonel Caron (1er octobre).
Mort de Louis XVIII. Avènement de Charles X.
Arrivée à Strasbourg de CharlesX(7 sept.).
Les ordonnances sur la liberté de la presse et les élections sont connues à Strasbourg et y font naître une indignation générale (28 juillet).
Les citoyens de Strasbourg courent aux armes. Une garde nationale provisoire s’organise (1er août).
Le drapeau tricolore est arboré sur la Cathédrale (3 août).
Le duc d’Orléans est proclamé Roi desErançais sous le nom de Louis-Philippe Ier (9 août).
Grandes fêtes musicales en l’honneur de
Gutenberg, célébrées pendant trois jours au théâtre, par les amateurs et artistes de l’Alsace. Près de 500 exécutants ont
pris part aux concerts (4, 5 et 6 avril). Tentative d’insurrection militaire faite par le prince Louis-Napoléon (30 octobre).
1836 Enlèvement , par ordre du gouvernement ,
du prince Louis-Napoléon détenu dans la Prison-Neuve de Strasbourg (9 novembre). Ce prince fut conduit au port de Lorient et embarqué pour l’Amérique.
1837 Jugement et acquittement prononcé par
la cour d’assises du Bas Rhin, des complices du prince Louis Napoléon (6 au 18 janvier).