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AVANTAGES, DANGERS DES SYSTÈMES

fausses, sur lesquelles on bâtissait des systèmes bien plus faux encore. »

« Des écueils environnent le jeune médecio de toutes parts, dit Monfalcon, Dict. des se. méd., t. 84 , p. 281; la théorie , si belle, si attrayante dans les livres, n!est qu'un guide insuffisant ou infidèle auprès des malades ; tout est généralité dans les auteurs, tout est particularité dans la pratique. »

Enfin, toutes les doctrines dont les fondements ont été choisis en dehors du domaine de la pathologie, sont devenues des obstacles plus ou moins fâcheux aux progrès de cette science ; quelquefois, même, l'ont fait rétrograder en la dénaturant dans ses principes, en la jetant dans une voie sans issue, dont il fallait ensuite l'arracher pour la rétablir dans sa véritable route et la rendre à l'empire des lois , qui seules peuvent la régir avec succès.

Faut-il inférer de ces réflexions justes et fondées , que toutes les doctrines et tous les systèmes importés dans le domaine médical ont produit des résultats aussi regrettables , et que la pathologie serait beaucoup plus avancée vers son perfectionnement, si les médecins, toujours étrangers à la théorie, se fussent constamment bornés à la simple observation des faits, sans jamais chercher à s'élever à leur généralisation pour constituer les principes fondamentaux de la science? Nous ne le pensons pas. Nous croyons, au contraire , que tous les systèmes et toutes les doctrines dont les bases ont été naturelles et physiologiques , en supposant même qu'ils aient quelquefois entravé la marche de la médecine, ont plus souvent encore imprimé à cette science des impulsions favorables à ses progrès, et l'ont habituellement garantie des léthargiques influences de l'empirisme absolu.

« Si les systèmes, dit Monfalcon, Dict. des se. méd., t. 54, p. 4lo, n'étaient composés que d'erreurs, que d'opinions conjecfurales , ils feraient peu de partisans; mais il n'en est point qui ne repose sur quelque fait important, sur quelque loi physiologique bien reconnue , sur quelques vérités nouvelles ; ceux qui les proposent n'ont d'autre tort que d'exagérer ces vérités et de leur subordonner toute la médecine; ceux qui les adoptent ont celui de

WAMAt-ES, DA.M.EUS DES SïïiTÈMgS. W§

ne voir qu'un seul côté des objets, el de déférer trop aveuglément a la raison d'un seul homme. »

Sans donner à la théorie de la médecine plus d'importance qu'elle ne doit en obtenir, il nous paraît impossible de la séparer de la pratique de l'art, sans porter à, cette science une atteinte essentiellement destructive, en la condamnant à des conditions rudimentaires, en la plaçant dans l'entière impossibilité de faire aucun progrès,. Aussi ne pouvons-nous pas comprendre le sentiment de quelques auteurs, qui s'empressent d'envelopper, dans la même proscription, toutes les doctrines présentes et futures, par la seule raison qu'il existe un grand nombre de systèmes défectueux.

Pelpit , par exemple , n'a-t-il pas un peu trop précipité son jugement, en disant , Dict. des se. méd. , t. 56 , p. 205 : « En vain les médecins systématiques auront disputé pendant la durée des siècles : les uns auront fait du corps humain une espèce de laboratoire chimique , où prédominent tour à tour les acides , les alcalis, les gaz oxygène ou hydrogène; d'autres auront cru trouver la sourcp des lésions pathologiques dans les obstacles mis à la circulation du sang ; quelques-uns auront cherché dans les humeurs un principe délétère qui les infecte ; ceux-ci auront aperçu toutes les maladies dans les altérations de la fibre ; tous auront cherché à expliquer des phénomènes dont la cause immédiate peut seule être connue et appréciée , tandis que la cause première se dérobe constamment à nos moyens de recherche. »

N'est-ce pas ici déplacer entièrement la question , et prétendre qu'une doctrine médicale ne peut se fonder que sur la connaissance des causes premières , pour se ménager l'avantage d'en conclure qu'il est impossible d'arriver à cette généralisation des principes de la science?

Sans doute , s'il était indispensable , pour établir une doctrine pathologique, de remonter à ces lois primordiales qui toujours échapperont à l'intelligence de l'homme, nous eussions, au début de notre œuvre, déclaré l'impossibilité d'arriver à ce résultat, non-seulement dans l'état actuel de la science , mais encore dans aucune phase de son développement ultérieur. Nous avons fait observer que

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