I() AVANTAGES, DANGERS DE> SYSTÈMES
les systèmes auxquels nous reconnaissons de la valeur , ne sont pas érigés sur des notions de mécanique, de chimie, de physique, etc. : nous démontrerons bientôt, que la doctrine médicale dont nous ferons l'exposition, ne reposera pas sur les fondements illusoires et fugitifs des causes occultes , mais sur les faits de la science pathologique les plus positifs et les plus évidents.
En résumé, les théories, les systèmes et. les doctrines ont quelquefois présenté, pour la médecine, des inconvénients et même des dangers; ils ont trop souvent faussé ses principes, suspendu ses progrès , fait rétrograder sa marche , compromis son avenir, etc.; cependant, en les considérant dans leur ensemble, ils ont compensé tous ces grands inconvénients par des avantages plus grands encore , puisqu'ils ont constitué la science médicale , qui sans eux n'eût jamais existé; puisque ceux qui n'ont employé que les lois de la vie pour l'explication des phénomènes pathologiques, ont constamment ramené la médecine dans sa véritable route , en imprimant à sa marche des impulsions plus ou moins puissantes vers le perfectionnement. Prouvons actuellement qu'une doctrine est indispensable à cette science.
Nous croyons avoir démontré la possibilité de fonder une doctrine médicale en rapport avec les besoins de la science et de l'art. Toutefois , ce résultat nous paraît encore insuffisant dans une question aussi grave, dans un travail aussi sérieux : nous regardons comme indispensable, avant d'entreprendre l'établissement de cette doctrine , de prouver qu'elle est utile et même nécessaire.
Chaque siècle a son esprit et ses tendances : l'un présente le règne de la simple observation ; l'autre, celui des généralisations systématiques. Le nôtre , d'abord séduit par des théories plus brillantes que solides, ensuite péniblement désabusé par les déceptions qu'ont fait naître des promesses trop souvent exagérées, est passé d'un extrême, dans l'extrême opposé : de la monomanie à l'antipathie des explications.
Delpit, loc. cit. , p. 205 , nous donne à peu près la mesure de ces dispositions de notre époque, lorsqu'il ajoute : « Si la fureur de tout expliquer cl de raisonner de tout, est v comme on l'a dit, la
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maladie la plus dangereuse de l'esprit humain , sachons nous en
préserver Appuyés sur le bâton de l'expérience , que la nature
nous a donné, à nous autres aveugles, pour nous conduire dans nos recherches , ne sortons pas de la voie dans laquelle cette
expérience peut nous servir de guide Sachons nous arrêter au
point où l'observation et l'expérience nous abandonnent; plus loin, nous ne trouverions que vagues hypothèses , faux systèmes , erreur et obscurité. »
En suivant rigoureusement ces préceptes, il est évident que l'on se renfermerait dans l'étroite circonscription d'un empirisme exclusif, et que l'on interpréterait inexactement la valeur des termes expérience, observation , qui rentreraient dans le domaine de la plus inepte routine , si l'on en séparait le génie qui les dirige , la réflexion et le raisonnement cjui généralisent et fécondent leurs produits.
« Le médecin routinier, dit Monfalcon, Dicl. des se. méd., t. ol , p. 5/6, exerce un art dont il ignore tous les principes ; sans tact , sans génie médical , il n'embrasse , dans ses combinaisons, que les seules perceptions des sens ; vieilli dans ses idées, indifférent pour les progrès de la science , il se renferme obstinément dans le cercle étroit de certaines actions , et tout son savoir , toute son habileté consistent à saisir les premiers aperçus des choses et à prescrire quelques formules.... Nuls principes, ne le guident , et c'est lui que l'on a peint arrivant les yeux bandés au lit d'un malade , auprès duquel la Mort se tient debout , élevant une massue que le hasard fait tomber sur l'un ou sur l'autre. »
Sans doute il ne faut pas , en médecine , abuser des théories et des explications , mettre, des conceptions imaginaires à la place des faits et de l'expérience ; une semblable manière de procéder aurait encore plus d'inconvénients que la première, et mériterait, à la pathologie, le titre d'art conjectural, qui lui fut si souvent prodigué par l'ignorance ou la mauvaise foi. Mais , entre ces deux extrêmes, il existe un moyen terme où se trouvent la, raison et la vérité ; si nous voulons y parvenir , nous de.vqns , dès, lors , à
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l'exemple d'Hippocrale, marcher entre l'aveugle empirisme et le dogmatisme absolu; nous devons, en constituant une doctrine , la fonder essentiellement sur l'expérience et sur les faits. C'est en étudiant la question à ce point de vue, que nous espérons démontrer la nécessité d'une doctrine médicale.
« Aristote l'avait reconnu de son temps, dit Cabanis, loc. cil., p. ICI), Faims de la méthode n'est pas moins nuisible au progrès des sciences, que son défaut complet... Observons, d'une part, que le défaut de méthode ne peut pas être longtemps dangereux : la nature nous force trop impérieusement à réclamer ce secours ; de l'autre , que l'abus de la méthode vient toujours, non d'elle-même , mais de la manière imparfaite dont les règles ont été tracées. On ne s'égare point parce qu'on a trop de méthode , mais parce que celle dont on fait usage , n'est pas bonne. À mesure qu'elle se perfectionne , on voit toujours disparaître par degrés tous les vices et les inconvénients qu'on en croyait inséparables. »
Ce qui distingue , en effet, les grands médecins de tous les siècles, c'est d'avoir, par une attention soutenue, avec un discernement profond, recueilli des faits nombreux, et variés, mais surtout de les avoir comparés et rapprochés par une réflexion sérieuse, avec un jugement droit et sage, de manière à donner à leurs corollaires cette importance réelle de principes et de lois véritables dont l'établissement démontre les incontestables progrès de la science médicale.
« Il faut remarquer dans la médecine , dit Monfalcon , DicL des se. méd., t. 54, p. 461, deux parties bien distinctes : l'une, qui est fondamentale, se compose de faits vrais dans tous les temps, observés par Hippocrate aussi bien que par les esprits les plus judicieux de nos jours, et de principes qui sont la conséquence de ces faits ; l'autre , entièrement systématique , est l'explication des phénomènes physiologiques et pathologiques , ('interprétation des lois qui président aux fonctions des organes du corps humain. »
Si nous n'avions pas à craindre l'abus des citations, il nous serait aisé de prou\er âge, dans tous les pays , les meilleurs
esprits ont reconnu , pour toutes les sciences pratiques , et pour la médecine en particulier, la nécessité de cette réunion des deux parties indispensables : lesfaits et les dogmes; réunion sans laquelle ces sciences n'existeraient pas. Ainsi, accumulez, à la manière des empiriques, un grand nombre d'observations sur toutes les maladies , vous n'arriverez jamais qu'à la rédaction d'un journal de'médecine clinique; vous aurez une riche collection défaits, mais vous ne posséderez point une science. Imaginez , comme les dogmatiques, des principes et des lois sans leur donner pour fondements l'observation et l'expérience , vous n'obtiendrez pas davantage une science réelle, vous n'aurez qu'une confusion d'hypothèses plus ou moins brillantes, mais sans réalité, sans valeur.
« A mesure que les sciences s'agrandissent, ajoute Cabanis, loc. cit., p. 4 , il devient de plus en plus nécessaire d'en perfectionner les méthodes. Ce qui est vrai pour toutes, l'est plus particulièrement encore pour celles d'observation. On finit bientôt par se perdre dans la multitude des faits recueillis , si l'esprit philosophique ne vient les ranger dans un ordre convenable, d'où sortent comme d'eux-mêmes les principes généraux propres à chaque science. Quand ces principes ont été déduits légitimement de tous les faits réunis , comparés et coordonnés , le système ou l'ensemble dogmatique qui en résulte , n'est plus une vaine hypothèse ; c'est le tableau véritable de la science, du moins autant que l'état des lumières permet de le tracer ; et les découvertes nouvelles pourront se rattacher facilement aux principes particuliers qui s'y rapportent. »
Les meilleurs praticiens sont assurément ceux qui comprennent le mieux toute la nécessité d'une bonne doctrine médicale; et, sans peut être se rendre un compte parfaitement exact du besoin instinctif qu'ils en éprouvent , ils sont incessamment occupés du soin de le satisfaire, soit en modifiant les doctrines déjà fondées, soit en s'en créant une qu'ils n'ont pas encore formulée, mais dont ils font un usage habituel dans les applications de l'art.
« On a beaucoup déclamé contre les systèmes , dit Monfalcon,
loc. cit., p. 108 , et certes avec raison ; nous les condamnons , el nous ne pouvons nous en passer; tout médecin instruit a une manière à lui d'expliquer la vie et les maladies ; il veut se rendre compte de ce qu'il voit comme de ce qu'il fait ; si les doctrines reçues ne le satisfont pas, il modifie pour son usage celle qui lui paraît la plus vraisemblable. Il serait facile de prouver que les systèmes ont contribué plus ou moins aux progrès de la médecine; le mal n'est pas d'adopter telle ou telle doctrine , mais d'y croire trop exclusivement. »
Une doctrine médicale est donc nécessaire pour constituer la science, pour en harmoniser toutes les parties; nous ajouterons même qu'elle est indispensable pour observer avec fruit , pour expérimenter avec intelligence et succès. Il ne faut pas, sans doute, ouvrir le grand livre de la nature avec l'idée fixe de n'y chercher que des preuves à l'appui d'une théorie déjà préconçue , de plier toutes les interprétations des vérités qui s'y trouvent consignées, à la doctrine exclusive dont on s'est formé une règle invariable ; mais aussi l'on ne doit pas avoir la prétention de lire avantageusement dans ce répertoire universel de tous les faits , si l'on ignore le dialecte qu'il parle , si l'on ne connaît pas même les plus simples caractères au moyen desquels il effectue ses importantes révélations.
Ce besoin de la reconstitution médicale est tellement impérieux pour les esprits supérieurs , que l'auteur des Rapports du physique et du moral de l'homme, ne trouve pas, dans la volonté d'y travailler, seulement une obligation à remplir, mais encore l'accomplissement d'un devoir ; il dit en conséquence, loc. cii.,p.4:« Dans un moment où toutes les branches de la science se renouvellent en quelque sorte, les médecins doués de quelque philosophie doivent regarder comme un devoir de réunir leurs efforts pour consommer cette grande régénération de la science et de l'art. L'état des lumières semble permettre de la rendre plus complète , et ses effets plus durables qu'Hippocrale même ne put le faire de son temps. »
Une bonne doctrine pathologique peut donc seule raider
NÉCESSITÉ b'ÙftË DOCTRINE MÉDICALE.
avec sécurité les premiers pas du médecin; donner;) ses recherches une intention; à ses expériences, un but ; à sa pratique, une direction; à ses travaux, un résultat. Il pourra, par elle seule, assigner une valeur aux caractères de ce livre éternel, inintelligible pour l'empirisme , et dont Hippocrate nous a traduit les premiers chapitres avec tant de précision, d'exactitude et de génie !...
Si nous considérons avec attention, d'une part, le grand nombre, la variété des doctrines médicales; de l'autre, le génie supérieur, le savoir profond, le caractère imposant de presque tous les hommes qui les ont fondées , ne devrons-nous pas nous étonner de ne voir actuellement aucune de ces doctrines qui réunisse l'assentiment général , qui soit en mesure de satisfaire aux besoins de l'enseignement de la science et de la pratique de l'art ?
Cependant , les meilleurs esprits s'accordent à reconnaître que cet important problème est encore à résoudre ; et la Société de Médecine de Gaeti vient de confirmer ce jugement, par les termes de son programme , en mettant cette solution au concours.
« S'il est une science, dit Cabanis, loc. cil., p. 5, surchargée , qu'on me permette cette expression , d'un bagage surabondant, c'est sans doute la médecine : aucune n'a plus besoin que l'esprit philosophique préside à sa réforme. Il faut qu'une méthode sévère, en la débarrassant de tout ce qui lui esl étranger ou inutile, simplifie, p"âr nhe meilleure exposition,
le système des connaissances indispensables dont elle se compose. »
« Les diverses branches de la médecine, dit M. .Nacquarl, Dict. des se. méd., t. 51 , p. 47S, en rapprochant leurs éléments, en coordonnant leurs matériaux , ont fait de la médecine un tout homogène, et ont préparé une philosophie médicale. Cependant, ces améliorations constituent encore plutôt l'avenir de la science , qu'elles n'en sont l'état présent , puisqu'elles n'ont pu , jusqu'ici , obtenir de tous les médecins un assentiment unanime. »
« La mort de Bichat est récente encore, ditMonfalcon, loc. eit., p. 166, et déjà, combien de modifications à sa doctrine physiologique A peine guéris du système de Brown, nous avons une
autre doctrine, celle de Pinel Il régnait hier, et aujourd'hui
l'empire lui est disputé par un concurrent redoutable; une nouvelle doctrine médicale, née de l'alliance de l'anatomie pathologique et de la physiologie à la médecine, se présente.... Le temps montrera que Broussais est loin d'avoir fermé la carrière. »
Si nous pouvions, sans inconvénient, augmenter le nombre des citations, partout nous y verrions, comme opinion bien arrêtée, cette conclusion définitive : La médecine cherche encore et semble réclamer plus que jamais l'établissement d'une doctrine large, féconde , basée sur les faits et l'expérience. Nulle part nous ne trouverions cette induction opposée : Parmi les doctrines connues, il en existe une qui suffit à lu science pathologique et dont il faut proclamer l'admission complète. Il est évident que nous parlons ici des écrivains sans préjugés et sans partialité; que nous exceptons , pour chacune de ces doctrines , l'auteur qui la fonda, les adeptes qui s'efforcèrent de la propager : en droit , nul ne peut être juge dans sa propre cause; d'ailleurs, ce n'est point aux passions, c'est à la raison que nous faisons appel.
Jetons actuellement un coup d'œil sur toutes les doctrines qui se rencontrent dans le domaine de la science médicale ; cherchons à distinguer celles qui présentent le plus de valeur, à les apprécier, à les juger avec cette consciencieuse équité que nous réclamerons pour celle dont nous allons bientôt formuler et discuter les principes.
AUCUN DES SYSTÈMES ACTUELS x'F.sT ADMISSIBLE. 225
Pour simplifier ce travail et lui donner toute la précision qu'il exige , nous rangerons les systèmes pathologiques en six catégories distinctes , suivant la cause d'erreur particulière à chacune de ces divisions.
1° Méthodes curatives et procédés scientifiques. — Cet ordre comprend toutes les généralisations qui n'offrent pas un ensemble de principes indispensables pour constituer une doctrine et qui réunissent tout au plus les conditions d'un procédé scientifique ou d'une méthode curative : ainsi, la doctrine gymnastique d'Hérodicus; celle des transfusions de Libavius; le contro-stimulisme de Rasori; l'homéopathie d'Hahnemann; le magnétisme de Mesmer; l'hydrothérapie de Prienitz; la méthode numérique de M. Louis , etc. Si l'on reconnaît que plusieurs de ces méthodes et de ces procédés peuvent souvent devenir utiles a la pathologie considérée comme science ou comme art , du moins est-il absolument impossible d'admettre qu'ils présentent les caractères d'une doctrine médicale susceptible, môme avec de grandes modifications, de répondre aux besoins de l'enseignement et de la pratique.
2' Bases fondamentales étrangères aux lois de la vie. — Dans celte catégorie viennent se ranger : la puissance des nombres de Pythagore; la doctrine corpusculaire d'Asclépiade; celle du feu créateur et conservateur d'Heraclite ; celle des causes occultes des anciens philosophes; l'astrologie judiciaire des Chaldéens; le pneumatisme d'Athénée ; la chimiatrie de Sylvius de Le Boé ; la doctrine mécanique de Borelli; celle de Boerhaave, etc. Toutes ces généralisations offrent un vice fondamental qu'il est impossible de faire disparaître sans les détruire complètement ; leur base est essentiellement fausse : elles expliquent les phénomènes vitaux , soit dans l'état normal , soit dans l'état de maladie , par les lois de la matière inerte. Aucune d'elles, même en la modifiant beaucoup, ne peut, comme doctrine, rester avantageusement dans la science médicale. Il faut, par conséquent, les en exclure entièrement et se borner à mettre en usage quelques vérités utiles qui s'y trouvent mêlées à des erreurs évidentes ci très-nombreuses.
3° Absence de l'une des deux conditions indispensables pour
constituer une bonne doctrine. — Dans cette division se rencontrent: l'empirisme d'Àcron d'Agrigente, qui ne présente pas , comme les corollaires de l'observation , des dogmes élevés au titre de lois; le dogmatisme des anciens philosophes, qui n'offre point les faits et l'expérience comme fondements de ses principes. Il est donc absolument impossible d'admettre aucune de ces doctrines d'une manière exclusive. On ne pourrait pas même accepter celle qui résulterait de leur fusion , puisque ce nouveau composé ne présenterait pas encore le signe particulier, le prototype qui doit essentiellement caractériser une doctrine médicale. Toutefois, nous trouvons dans l'une et dans l'autre des vérités importantes , que nous aurons soin d'utiliser ultérieurement.
4° Fixation trop exclusive du siège des maladies. — Cette classe renferme : Vhumorisme de Galien , le solidisme de Théniison; et, comme se rattachant à ce dernier : la doctrine organique de Bordeu , la doctrine philosophique dePinel, celle des anatomo-pathologistes modernes, etc. Ces généralisations, qui manquent également d'un lien commun, d'un caractère fondamental essentiel, et qui se distinguent seulement par l'exclusion qu'elles imposent au siège des maladies, en le fixant uniquement, soit dans les humeurs, soit dans les solides organiques, ne peuvent constituer une véritable doctrine, même en les identifiant; mais chacune d'elles , faisant mieux ressortir les vérités qui lui sont propres , fournira nécessairement des matériaux utiles pour l'édification des principes généraux de la science et de l'art.
Nous emprunterons particulièrement à V anatomie pathologique , des notionsprécieuses lorsqu'il s'agira de déterminer la nature, et surtout de préciser, sans le fixer exclusivement, le siège des altérations morbides, et d'apprécier l'étendue, la gravité des lésions organiques trop souvent produites par ces altérations. Mais en reconnaissant ici l'utilité positive de ce moyen d'investigation , nous devons en signaler aussi les abus : tant que l'on suivit la voie sagement tracée parValsalva, T. Bonnet, Morgagni, Lieutaud, Sandifort, Baillie, Portai , etc. , en considérant l'anatomie pathologique seulement comme une partie de la sciénfcéinêdicale.âés avantagés iticontéStables
Air.l.N ORS SYSfêMES ACTUELS N'ËSl ADMISSIBLE. 22'
ne furent point affaiblis et contre-balancés par de grands inconvénients; mais lorsque plusieurs uiodernes ont voulu, contrairement à ses propres intérêts, l'ériger en doctrine, elle est venue fausser les bases de la médecine, substituer au but essentiel de cet art, la yuêrison des maladies , un but souvent de simple curiosité: celui de savoir, par l'examen du cadavre, à quelle a jf cet ion le m a la (/<■ (irait SUCCOmhc .
« Que voyons-nous , dit Miquel, Bulletin géh. de thér., t. 13, ]). 6, dans les ouvrages publiés sous cette influence ? Des observations interminables, dont la partie pratique est sacrifiée à la description minutieuse des lésions cadavériques; aussi pauvres, d'ailleurs, de préceptes applicables, que riches de promesses fastueuses.... Nous avons montré aux anatomo-pathologistes que l'inspection des lésions matérielles , sur laquelle ils établissent la pathologie et la thérapeutique, sapait les fondements de la véritable thérapeutique, puisqu'elle n'éclairait que des recherches cadavériques, tandis que les maladies et les traitements qu'on leur adresse n'ont d'autre théâtre que le, corps vivant. »
5° Entités jisijcholoijiijii.es, naturelles et physiologiques, prises pour base de lu généralisation: — Nous rencontrons dans cet ordre : le naturalisme d'IIippocrate ; ladoctrine de l'archée de Van Helmont; l'animisme de Slahl ; les doctrines de l'irritabilité de Haller; de l'action nerreuse de Cullen ; du principe vital de Barthez; des propriétés vitales de Bichat; de l'ineilabilité de IJiowii; la. doctrine physiologique de Broussais , etc. Toutes ces doctrines offrent pour vice fondamental commun: d'avoir pris pour buse une entité presque toujours réductible aux caractères d'une pure abstraction, et, dans le plus grand nombre d'entre elles, constamment opposée à cette autre entité :la maladie Ce vice fondamental suffirait à lui seul pour frapper toutes ces doctrines d'une juste rêproj Dation; mais comme ce vice n'est pas le seul, comme plusieurs de ces généralisations présentent d'ailleurs une valeur essentielle , et que nous ne voulons pas les juger sans bien préciser nos motifs, nous les examinerons succinctement chacune en particulier, renvoyant pour les détails ;i l'appréciation que nnu< en avons déjà faite.