‹ Nouvelle doctrine médicaleChapitre 156 sur 168 · DOI FRIME BIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

DOI FRIME BIOLOGIQUE

des entités : nature, archée, âme, principe vital, force nerveuse, force vitale, propriétés vitales , irritabilité, incitabilité, excitabilité, etc. ; au-dessous, nous tomberions dans les applications erronées des lois physiques à l'explication des phénomènes vitaux.

Économie de l'homme. — Dans cette économie vivante, qui seule doit actuellement nous occuper, nous rencontrons, comme dans toutes les autres, des conditions d'existence qu'ici nous réduirons à quatre principales : physiques, chimiques, vitales, psychologiques.

Condition* physiques. — Elles se trouvent dans la partie matérielle et solide qui forme la base fixe des tissus des organes , des appareils de l'économie vivante. Dans l'état normal, ces conditions sont disposées de la manière la plus favorable à l'exercice des fonctions de l'organisme, à l'ordre, à l'harmonie qui doivent en assurer la complète exécution.

Conditions chimiques. — Elles se rencontrent dans les qualités, les proportions absolues et relatives des principes matériels el constituants des humeurs. Dans l'état normal, ces conditions se trouvent dans la meilleure disposition pour assurer tout l'avantage des produits auxquels ces humeurs sont destinées.

Conditions ritalcs. — Elles se manifestent dans ce mode particulier d'existence active que l'on nomme la rie, et qui résulte, pour l'étal normal, du développement libre, facile et parfait des phénomènes organiques, de l'harmonie qui doit exister entre eux.

Conditions psychologiques. — Elles se révèlent par l'exercice de deux genres de phénomènes appartenant à l'ordre moral : phénomènes affectifs, dans lesquels rentrent les instincts. Plus rapprochés des phénomènes vitaux, ils semblent destinés à marquer la transition de ces derniers aux phénomènes moraux. Tenant aux premiers par les appétits, aux seconds par 1rs pussions : phénomènes intellectuels, liés à l'influence du cerveau, mais supposant essentiellement dans l'homme l'existence d'un

principe immatériel que l'on désigne sous le nom d'âme. Dans l'état normal , ces conditions se trouvent disposées le plus favorablement pour l'exercice régulier des passions , le développement rationnel des phénomènes intellectuels, l'harmonie qui doit exister entre les unes et les autres, entre le physique et le moral du sujet.

L'étude sérieuse de l'économie vivante et de ses conditions dans leur exercice, constitue, à l'état normal, Vanalomie et la physiologie ; a l'état anormal , l'anatomie pathologique et la médecine. Nous avons à nous occuper ici de l'économie vivante a. l'état morbide.

La médecine, — ia-rpixTi, mediciua,ars medendi, est la connaissance des maladies et des remèdes les mieux appropriés à leur guérison. Nous trouvons par conséquent ici la division naturelle de cette science en deux parties : la pathologie et la thérapeutique.

La. pathologie, — zxOoXoyia, de zaOoç , maladie, et dexôyoç , traité, pathologia, est cette partie de la médecine qui s'occupe surtout de la connaissance des maladies. Lorsqu'elle a pour objet la coordination de ces dernières , on emploie plus particulièrement le terme de nosologie , vd*oX<rf£a, ou de nosographie, vocoypacpta, de vo'ctoç , maladie , et de Xo'yoç , traité, ou de ypobw , je décris. C'est donc l'état morbide que nous devons spécialement étudier sous le nom de maladie.

La maladie, — morbus, vocoç, p.opoç p(ou, lésion de la vie, ne doit plus être envisagée comme un être distinct, une entité. Au point de vue de la Doctrine Biologique, la maladie est une altération partielle ou générale des conditions physiques , chimiques , vitales , psychologiques , produisant des désordres suffisamment appréciables dans les fonctions de l'économie vivante.

PATH0L0GI1. i2:i

Cette définition comprend toutes les maladies connues , tontes celles que l'on punir;! découvrir, depuis la plus simple fracture jusqu'à la manie la plus compliquée. Ainsi disparaît cette fâcheuse distinction des altérations morbides en médicales et chirurgicales,

el la confusion que l'on a faite, quelquefois, drs maladies proprement dites avec les indispositions , les infirmités, les ?ifces d'organisation, la convalescence, etc.

L'essenti alité — (les maladies est aujourd'hui complètement rejetée- par les bons observateurs ; ils n'admettent plus, dans l'éco-»

nomie vivante, une entité morbide que vient combattre une entité conservatrice, àTec les titres de nature, d'archée , d'àme , de principe vital , etc. La maladie n'est plus étudiée séparément des tissus, des humeurs, des conditions organiques dont elle constitue la lésion. C'est un immense progrès en pathologie, mais, en l'admettant, il ne faut pas tomber dans l'excès opposé à celui que l'on veut éviter.

La localisation — des maladies est précisément cet écueil où sont venus échouer les anatomo^-pathologistes , en rattachant l'essence Bl tous les phénomènes des affections morbides à réitération locale des organes. En devenant ainsi trop exclusive , trop bornée , cette Station du Biége des maladies a faussé tous ses principes, manqué son but, rétréci le domaine de la science, et presque entièrement anéanti sa partie principale , son objet essentiel : lu thérapeutique.

L'eipêrience a reconnu, signalé ces graves erreurs; elle a, dans celte importante réforme, conservé l'usage et proscrit l'abus des localisations pathologiques. 11 existe en effet des maladies qui sont locales avanl de se généraliser, on même qui ne se généralisent jamais; d'autres qui sont générales avanl de se localiser, eu même qui ne se concentrent jamais dans un seul point; d'autres enfin dont il est toujours impossible d'assigner le siège précis. L'observation de ces faits incontestables est une preuve de [dus pour démontrer la futilité, les dangers dés systèmes eiclusifs.

La dénomination — des maladies, pour être bonne, devrait présenter en quelque sorte le résumé de leur exposition. Si la réforme qui tend à s'effectuer amène cet important résultat, la nomenclature médicale sera parfaite.

Les élk.ments — des maladies ne doivent pris rester sans une appréciation positive ; l'analyse, dont les sciences d'observation font un usage si fructueux , en portant son flambeau dans l'examen des altérations morbides , y découvre d'abord le fond et I" forme, en considérant la maladie comme un fait pathologique.

Le fond — est la nature, l'essence même de la maladie, la condition pathologique; ce que plusieurs auteurs ont nommé l'état maladif. Cette partie du fait complexe, ou fait morbide, existe toujours, mais devient trop souvent insaisissable.

La forme — se trouve dans les caractères ou symptômes qui traduisent la maladie; elle constitue ce que l'on a désigné par le terme d'acte maladif. Cette partie du fait pathologique est le plus ordinairement appréciable pour nos sens.

Indépendamment de ces deux parties nécessaires , les maladies offrent encore, parfois, des éléments accessoires, accidentels, dont le développement peut leur imprimer des conditions qu'il est important de préciser pour en bien déterminer la gravité, mais surtout le traitement. Ainsi , dans un grand nombre d'affections morbides, on doit savoir quel est celui des éléments : nerveux, sanguin, lymphatique, bilieux, muqueux, rhumatismal, goutteux, etc., qui prédomine, pour mieux apprécier les dangers de l'altération et pour juger si la thérapeutique doit emprunter de préférence aux calmants, aux émissions sanguines, aux toniques , aux évacuants , aux balsamiques, aux sudorifîques, etc.

La patiio(.énie, — ~a0oVr/7ç, de -âOoç , maladie , et de y£Vvaw , je produis, est cette partie de la pathologie qui s'occupe de rechercher »ènts et les circonstances de la génération des affections morbides C'est une étude plus importante qu'on ne le pense en général, surtout au point de vue du diagnostic, du pronostic et du traitement,

Ici deux objets sont essentiels à considérer : les prédispositions, les causes morbifiques.

Les prédispositions morbifiques — sont toutes les conditions de l'économie vivante qui, sans être la maladie, rendenl plus apte à la contracter ; on a donné le nom de cannes prédisposantes aux agents capables de produire ces conditions. Au nombre des prédispositions morbides se trouvent surtout : le sexe, l'âge, la constitution, le tempérament, le caractère, les effets des maladies antérieures, l'excès ou le défaut des excrétions, la convalescence, les indispositions, les infirmités, les vices de conformation , les conditions héréditaires, etc. En étudiant avec soin toutes ces prédispositions pathologiques, en employant les moyens hygiéniques appropriés, on pourra prévenir l'invasion et le développement d'un grand nombre de maladies.

Les causes morbides, — causa, ahla, sont toutes les influences capables d'effectuer une altération partielle ou générale des conditions physiques , chimiques , vitales, psychologiques, produisant des désordres suffisamment appréciables dans les fonctions de l'économie vivante. La partie de la médecine qui s'occupe de l'histoire de ces inlluences prend le titre d'étioloaic : de ortrfa, cause, et de Xo'yo;, traité.

Leur principe existe : soit dans l'économie organique : vices, virus héréditaires, raptus nerveux, sanguins lymphatiques; passions, efforts intellectuels, etc.; soit dans l'économie universelle: abus, insuffisance ou privation absolue des influences hygiéniques indispensables à l'entretien normal de l'économie vivante ; violences extérieures; altérations de l'air ambiant; excès ou défaut delà chaleur, de la lumière, de L'électricité, de l'humidité; transitions brusques de l'un à l'autre de ces extrêmes; effluves, miasmes délétères; mauvaises conditions des eaux, des lieux, virus, venins, poisons, etc.

Dans un assez grand nombre de maladies, la nature des causes nous devient absolument inappréciable; et, dans ■ les

426 EXPOSITION DE LA bOCIRLNE BIOLOGIQUE.

difficultés du traitement rationnel se trouvent augmentées de toute l'obscurité de l'étiologie.

Les divisions scolastiques des causes morbides n'offrant aucun avantage pour la théorie, surtout pour la pratique, doivent être négligées ; mais ce qu'il importe beaucoup de préciser, ace dernier point de vue plus spécialement encore , c'est le rapport dans lequel cette influence pathogénique entre comme élément dans la constitution principale de la maladie.

La seule distinction qu'il soit utile d'établir entre ces influences, est celle des causes communes , pouvant occasionner des maladies essentiellement différentes ; et des causes spécifiques , produisant toujours des maladies identiques par leur caractère fondamental. Ainsi, pour les premières, l'action de l'air froid amenant, chez différents sujets, des pleurésies, des pneumonies, des gastrites, des entérites, etc.; pour les secondes, le virus vénérien déterminant la syphilis ; l'acarus , la gale ; certains miasmes , la fièvre typhoïde , etc.

Il est bien avantageux , surtout au point de vue de la thérapeutique , d'apprécier la nature et l'intensité des causes morbides, pour combattre leur influence lorsqu'elle persiste, pour en prévenir les retours , pour modifier le traitement suivant les indications que cette science peut ajouter à celles de l'altération même. Toutefois, il ne faut pas avoir la prétention déjuger le développement des effets uniquement par l'intensité de la cause , et chercher dans la, pathogénie i lorsqu'elle appartient aux influences communes, h connaissance et la détermination de la nature et de la gravité d'une affection morbide. Ces rapports de cause à effet sont érigés en lois dans l'ordre physique et chimique ; dans l'ordre physiologique , ils sont tellement variables, qu'on ne devra jamais les formuler en axiomes.

Au nombre des causes spécifiques ou spéciales, nous trouvons : les vices, les virus, les venins, les poisons, les miasmes délétères, etc.; c'est ici particulièrement qu'il est bien essentiel de préciser dans quelle proportion la nature et la gravité de la cause entrent comme éléments dans la nature et la gravité de la maladie.

PÀTHOLOGIB. 127

L'expéiMenceetlVjli>fM,v;iiioiiroii(luis(Mit;ir(''tablisscmentdccottf'lni: Dans lés diathèse» sancénuse ^ scorbutique , thumatismale ,

S crofu'rusr , Sypfl il/'t iijiir , ijoiil tri/sr . tin ri rrnsr , etc.; dans

1rs intomoatûmi générale* par les poisons, lesveninst 1rs virus,

1rs miiisiiirs délétère», <■(<-., il importe moins de connaître le siège des altérations locale» qui peuvent se manifester , 7"'' d'apprécier le mieux possible la nature et la gravité de la cause ii laquelle ers maladies doivent leur développement.

Il est essentiel , pour compléter les notions relatives à la pftthogénie , de préciser la valeur des termes constitutions : médicale < atmosphérique, endémique, épidémique, trop souvent confondus par les auteurs , et de bien préciser la nature des conditions que ces termes expriment.

La constitution, — /.arasT^,-, constitution de cum, avec, et de Store , se tenir, signifie, en médecine, la manière d'être, l'ensemble de plusieurs conditions réunies.

Lu constitution médicale — est l'ensemble des rapports qui paraissent exister entre certaines conditions morbides et les influences météorologiques surtout dont nous sommes environnés; d'où résulte, pour toutes les maladies, même différentes par le fond , une forme commune qui se rattache ordinairement à la prédominance de l'un des éléments pathologiques : nerveux, sanguin, lymphatique « bilieux, muqueux, asthénique, etc. Cette constitution, dont la durée peut être d'une saison, d'une ou plusieurs années, sans faire perdre de vue les indications fondamentales de la maladie qUe l'on observe dans ces conditions, doit cependant apporteras traitement des modifications relatives à la forme dorai* nante. ("est dans la juste appréciation «le la constitution médicale et de ces modifications thérapeutique» bien dirigées, que se t'ont surtout remarquer la science et le lad dv<< bons observateurs.

La constitution atmosphérique — est un ensemble assez permanent, un caractère assez prononcé des conditions météorologiques de l'atmosphère pour déterminer des maladies d'un ordre paiticulier, et donner à celles qui régnent *\r> dispositions commune- h

i-28 EXPOSITION DE LA DOCTRINE BIOLOGIQUE.

de nature à modifier leur traitement suivant le génie spécial de ces dispositions. La constitution atmosphérique offre surtout, pour éléments, les états : barométrique, thermométrique, hygrométrique, électrique , eudiométrique, etc. , de l'air ambiant. Dans nos climats, cette constitution change souvent avec les saisons, en ramenant des maladies plus particulières à chacune d'elles : inflammatoires , au printemps ; bilieuses , en été ; lymphatiques , a l'automne ; catarrhales , en hiver.

La constitution endémique , — xar«aT<«nç Iv&Ijmqç, de h, dans, et de %u>ç, peuple, est l'ensemble des conditions hygiéniques d'une localité , se manifestant avec assez de permanence pour y déterminer des maladies habituelles en rapport avec ces conditions. Cette localité peut varier, en étendue, depuis celle d'une ville, d'une petite contrée , jusqu'à celle d'un vaste pays. Les éléments principaux de la constitution endémique, sont : la situation géographique, la conformation du sol et sa nature géologique ; son inclinaison vers l'un ou l'autre des points cardinaux, son degré d'élévation audessus du niveau de la mer ; la qualité des eaux, la proportion des différentes plantations , le voisinage plus ou moins rapproché des fleuves, des marais, des étangs , des lacs , de la mer ; l'état météorologique habituel, la nature , la direction des vents, le degré de fertilité , l'abondance , la qualité des productions alimentaires , le nombre , la variété des plantes et des animaux venimeux ; l'agglomération des hommes, leurs mœurs, leurs habitudes, leur nourriture, leurs vêtements, leurs professions, leur gouvernement politique, etc. L'appréciation raisonnéede tous ces éléments forme la topographie médicale. Étudiée dans une grande étendue de pays, entre deux cercles parallèles à l'équateur, la constitution endémique prend le nom de climat, de û(;n, région. Les maladies endémiques sont ordinairement plus rebelles que les autres, en raison de la persistance des causes ; d'où résulte cette loi thérapeutique d'une haute portée, que : dans le traitement (Je ces maladies, on n'obtient, assez souvent, la guérison, qu'en dirigeant le malade vers un pays essentiellement différent de celui tj'i'il habile, en favorisant, par des précautions hygiéniques bien

entendues, les modifications plus ou moins avantageuses d'un nouvel acclimatement.

La constitution épidémique, — >«rri«rccMn< ImS^toç, de l«, sur, et de ffijpoç, peuple, est une condition spéciale de l'atmosphère caractérisée par la présence d'un agent pathogénique le plus communément inappréciable à l'analyse, mais se traduisant d'une manière incontestable parla production d'une maladie particulière affectant simultanément un plus ou moins grand nombre de sujets. Cette constitution, bien souvent sans aucun rapport avec l'état météorologique de l'atmosphère, peut se renfermer dans une contrée, dans un camp, dans une ville; mois quelquefois elle promène ses ravages dans un pays, dans le monde presque tout entier; elle modifie, dans sa nature, même le caractère des maladies qu'elle ne produit pas essentiellement; elle doit encore imprimer des changements notables à la thérapeutique naturelle de ces altérations; d'où résulte cette importante loi : dans le cours des épidémies, une maladie donnée offre des caractères qu'elle ne présente pas

dans les coud il ions oïdiuii ires; elle e.r'nje le plus souvent alors

drs modifications fondamentales dans son traitement.

La DISTINCTION des maladies — est relative : à leur nature : communes, spéciales; à leur siège : locales, générales; à leur mode ordinaire de transmission : sporadiques , endémiques, héréditaires, épidémiques, infectieuses, contagieuses; à leur caractère, 'i leur génie particulier : bénignes, malignes, pernicieuses, etc.; à leur association : simples, composées, compliquées; à leur activité : aiguës, chroniques; à leur marche : continues, rémittentes, intermittentes; aux réactions de l'organisme :pyrétiques, apyrétiques, etc.

Lesmaladies communes — sont toutes celles que produisentles causes ordinaires , qui n'ont rien de particulier dans leur action et qui n'impriment pas à ces altérations des caractères essentiels dont la connaissance doit modifier les baves du traitement : telles sont la pleurésie, la bronchite , la pneumonie , etc.

Les maladies spéciales — sont constituées par la présence d'un

agent particulier qui les produit et leur donne, en même temp> , un génie propre dont la connaissance devient le régulateur principal des indications à remplir : tels sont le rhumatisme, le croup , la syphilis , etc.

Les maladies locales — n'affectent qu'une partie de l'organisme et ne tendent pas ordinairement à se généraliser , bien que cette règle souffre cependant un assez grand nombre d'exceptions. Leur traitement est simple et se compose à peu près exclusivement de moyens topiques ; tels sont : le phlegmon , les fractures , les luxations , etc.

Les maladies générales — paraissent, dès leur début, envahir l'organisme tout entier, affecter simultanément les solides et les humeurs ; leur traitement est plus difficile , plus compliqué , moins assuré dans ses résultats ; nous trouvons , dans ce nombre : les dmthèses, les cachexies, les infections miasmatiques, virulentes, etc.

Cette distinction ne se maintient pas toujours : ainsi, des maladies d'abord générales peuvent se résumer par une véritable localisation; c'est le cas le plus rare. Plus fréquemment, des altérations d'abord locales se généralisent par les voies de continuité de tissu, d'innervation, de circulation sanguine, lymphatique, par les sympathies , par les réactions fébriles , etc.

Les maladies sporadifjaes, — de, n--J.M, je sème, sont toutes celles qui n'ont rien de spécifique dans leur nature, qui sont déterminées par des causes communes, indépendamment des sujets, des lieux , des temps, etc. : telles sont la gastrite, l'entérite, la péritonite ordinaires, etc.

Les maladies endémiques — offrent pour caractère de se développer sous les influences particulières de certaines localités , comme on le voit pour les scrofules, en Angleterre, la fièvre des marais , en Sologne , le goitre , dans le Valais , etc.

Les maladies héréditaires — sont toutes celles qui peuvent se transmettre, des parents aux enfants, par voie de génération; elles sont ordinairement constitutionnelles et souvent plus difficiles à guérir, tant leur impression est profonde. Au nombre de ces dernières doivent se trouver la syphilis, la goutte, les scrofule», etc.

Les maladie* èpidémiqars — sont toutes celles qui frappent à la i"is un nombre considérable il'1 sujets, qui se développenl sous t'influence de certaines conditions particulières et temporaires de l'atmosphère, parcourant ordinairement une plus ou moins grande étendue de pays; pouvant, dans quelques circonstances, s'arrêter momentanément, s'attacher à des localités assez resserrées, mais m' devant pas, même dans ce cas, être confondues avec les maladies endémiques. Il est du plus haut intérêt, pour le traitement, de bien étudier, dans chacune des épidémies, le caractère fondamental qui la distingue ; les maladies épidémiques étant presque toujours plus graves, plus difficiles à guérir que les altérations semblables à l'état sporadique, et l'influence propre quijCaractérise les premières n'étant presque jamais facile à saisir dans sa nature et dans ses indications spéciales.

Les maladies infectieuses — peuvent se communiquer d'un sujet malade, par l'action des miasmes qui l'entourent, au sujet sain, mais disposé de manière à recevoir cette influence. On trouve de^ exemples de celte transmission dans la rougeole, la scarlatine , le typhus, etc.; d'où l'on doit conclure que, dans les altérations de cette nature, l'isolement des malades est toujours une sage préeau lion.

L'infection, — infeetio, de m, dans, et de fixas, établi, fixé, ■;, ptopet, est la communication d'une maladie par l'action d'un principe morbide répandu dans l'atmosphère. Ce principe, nommé miasme, de pfeopa, souillure , peut être un effluve, une émanation putride, morbifique, etc. Presque toujours inappréciable par l'analyse chimique, il parait plus pesant que l'air et semble s'attacher aux tissus de laine, de coton, aux plumes, aux fourrures, «'le. Tantôt il se développe au milieu des entassements d'hommes et d'animaux ,

dans les lieux resserrêsoù régnent la misère, le découragement, etc., somme on le voit pour le typhus dans les camps, les villes assiégées, etc. ; tantôt il se manifeste sans cause appréciable et répand au loin ses ravages, emporté parles déplacements de l'air , comme on l'observe pour le choléra, la peste, etc. Lorsque non- serons parfaitement renseignés sur l'adhérence de ce miasme aux tissus

432 EXPOSITIOIV DE LA DOCTRÏNE BIOLOGIQUE.

indiqués, sur la faculté de sa transmission, par cette voie, loin du foyer qui le produit, etc., la grande question de la nécessité des purifications, des quarantaines et des cordons sanitaires sera définitivement jugée. Dans l'état actuel de la science , les faits ne sont peut-être pas encore assez positifs, assez nombreux, assez diversifiés pour que l'on puisse prononcer en dernier ressort.

Les maladies contagieuses — sont toutes celles qui peuvent se communiquer par le contact et l'inoculation, telles que la vaccine, la variole, la syphilis, etc. Lorsqu'elles ne sont pas en même temps infectieuses, comme la variole, par exemple, une application immédiate est toujours indispensable pour leur transmission , et leur guérisou repose essentiellement sur la destruction , par un spécifique , de l'agent particulier qui les détermine.

La contagion, — contagio, de cuin, avec, et de langere, toucher, g Xotfxoç, est la propagation d'une maladie par le contact, le plus souvent par un virus appréciable pour nos sens, communiquant une maladie Minblable à celle du sujet qui le produit; ce qui ne permet pas de le confondre avec le venin. Quelquefois la maladie se transmet par un insecte, comme on l'a remarqué pour Vaearus de la gale.

Les maladies bénignes , — peu dangereuses par elles-mêmes, n'offrent jamais rien de spécifique dans leur nature et dans leurs causes. Franchement exprimées par les symptômes qui les traduisent, elles ne présentent rien de caché, marchent le plus ordinairement avec simplicité vers la guérisou , en laissant à l'organisme la liberté de ses efforts curatifs ; a fart , toute la puissance de ses moyens thérapeutiques.

Les maladies malignes et pernicieuses — furent ainsi nommées, dès l'antiquité, par les bons observateurs , en raison des caractères insidieux et perfides qui les distinguent. Toujours graves et souvent mortelles , même avec des apparences d'innocuité capables d'en imposer à l'inexpérience , elles sont aisément reconnues par le médecin habile : au début, prostration des forces, inquiétude vague, découragement, stupeur générale, crainte involontaire, pressentiments funestes; comme si l'économie vivante redoutait une

influence fâcheuse cl destructive ; marche insidieuse, bien souvent enrayante, gêne, dépression des mouvements conservateurs de ûisme, contrariés, arrêtés dans Leur développement favorable; résistance opiniâtre et positive, parvenant presque toujours a déjouer les plus savantes combinaisons de la thérapeutique; on retrouve jusqu'à la fin dans ces maladies un génie fatal et malfaisant qui ne permet aucune sécurité jusqu'à leur entière guérison. C'est le ToSeîov d'JBippocrate , le principe malin, pernicieux des auteurs.

Il faut peu compter, dans le traitement de ces lésions, sur les efforts curatifs de l'économie vivante, et mettre en usage, dès le début, et sans hésitation, les moyens spécifiques ou perturbateurs approuvés par L'expérience. Dans cette catégorie d'altérations morbides viennent se placer : le croup, le charbon, la pustule maligne, le typhus, la typhoïde, la peste, le choléra, etc.

Les maladie* simples — sont toutes celles dans lesquelles on n'.observe qu'un genre d'altération traduite par les symptômes inhérents à cette altération. Ici les indications sont en général peu nombreuses , peu diversifiées et faciles à remplir.

Les maladies composées — se caractérisent par la coïncidence de plusieurs altérations semblables ou pour le moins analogues, présentant chacune isolément les conditions des maladies simples. Dans cet ordre, les indications n'offrent encore ni difficulté ni confusion.

Les maladies compliquées — naissent de la réunion de plusieurs altérations différentes parleur nature et surtout par le traitement qu'elles exigent. Lorsque ces maladies sont indépendantes les unes des autres, miles nomme idiopathiques , defooe, propre, el de TT'iOo,- , affection. Dans l'hypothèse contraire, celle qui produil les autres prend le titre d'essentielle , de principale ; ces dernières, celui de consécutives, accessoires, secondaires, sympathiques, symptomatiques , etc.; les indications thérapeutiques deviennent alors multipliées , différentes , quelquefois même entièrement opposées. C'est dans ces cas, les plus difficiles de la pathologie, que le médecin a besoin d'un jugement sain, d'un tael précis, pour bien distinguer, dans celte confusion , la cause de l'effet, la maladie

43i EXPOSITION DE LA DOCTRINE BIOLOGIQUE.

principale de la maladie secondaire , et pour établir les bases d'un traitement avantageux au milieu des indications et des contret mil cuti mis qui viennent incessamment se présenter.

Les maladies aiguës — se distinguent par la rapidité de leur marche, la succession précipitée de leurs périodes, l'intensité de leurs symptômes. Comme elles peuvent amener promptement des désordres graves, il faut beaucoup d'expérience et de perspicacité pour en déterminer immédiatement le diagnostic et la méthode curative.

Les maladies chroniques, — de^vàç, temps, durée, procèdent avec une grande lenteur; la succession de leurs phases offre des intervalles si prolongés , des transitions si bien graduées , qu'elle devient souvent à peine sensible. Presque toujours graves par leur ténacité , par les lésions organiques dont elles sont fréquemment accompagnées ou suivies , elles exigent bien de la sûreté dans le diagnostic et bien de la persévérance dans le traitement.

Pour cette distinction des maladies aiguës et chroniques , il ne faut pas décider exclusivement d'après la durée de l'affection , d'après la lenteur ou la rapidité de ses progrès , il faut tenir un compte exact de l'âge, du tempérament, de la constitution du sujet; de la nature, de la vitalité de l'organe, du tissu malades; du climat, de la saison, de la constitution médicale , atmosphérique, etc.

Les maladies continues — sont toutes celles dont la marche est uniforme dans les différentes périodes qu'elles parcourent pour arriver à la guérison. Comme l'organisme ne semble prendre aucun repos dans toute leur durée , presque toujours elles se terminent rapidement , d'une manière favorable ou funeste , suivant leur nature , leur gravité , la puissance et l'opportunité du traitement.

Les maladies rémittentes — se distinguent par des intervalles de diminution notable dans l'intensité des symptômes ; la maladie ne suspend jamais entièrement sa marche; seulement elle paraît laisser à l'économie vivante un peu plus de loisir pour la réparation de ses forces. 11 est bien important de saisir ces moments favorables pour développer toutes les ressources du traitement, et de no pas s'abandonner aux dangers d'une funeste sécurité.

i'\ïiio[.ot;n:. 1.36

/.< t maladie* intermittentei — soûl caractérisées pat la nature

de leur marche , dans laquelle on voit se manifester des temps d'arrêt pendant lesquels tonte affection semble avoir cessé ; mais ce n'est ici qu'une suspension, et la maladie se reproduit, après un intervalle plus ou moins long, avec les mômes caractères et par une manifestation plus ou moins subite, à laquelle on donne le nom d'acres. Li marche particulière aux maladies intermittentes prend le titre de périodicité; caractère spécial du plus grand nombre des alïeelions nerveuses, qui pourrait bien leur appartenir à peu près exclusivement, la fièvre intermittente ayant en effet beaucoup d'analogie avec ces altérations, et qui réclame un ordre de moyens thérapeutiques propres à toutes ces maladies : les aniipériodiquêt.

Les maladies apyrétiqiiès — sont toutes celles dans lesquelles on n'observe pas l'état pathologique nommé fièvre, pyrexie; telles sont les altérations des conditions physiques simples , à leur début ; les maladies essentiellement nerveuses sans inflammation des tissus affectés, abstraction faite des fièvres intermittentes sans complication, un grand nombre d'altérations des conditions psychologiques, etc. Ces affections sont, toutes choses égales, moins graves que lorsqu'elles se trouvent compliquées d'une réaction fébrile; leur traitement est en général plus simple et moins embarrassé par IÇS contre-indications.

Les maladies pyrètiquei — offrent, soit comme essence même, soit comme simple complication de la maladie, l'état morbide connu sous le terme de pyrexie , de ferre. Ces maladies, étant ainsi généralisées, ont ordinairement un caractère plus sérieux, uni' marche plus rapide; le diagnostic y devient souvent moins précis, le pronostic moins sûr, et les indications thérapeutiques moins nettement exprimées. L'état fébrile dominant toute la pathologie par son importance et par l'influence qu'il exerce presque toujours sur les autres altérations, doit être bien étudié dans sa nature el dans ses nombreuses modifications.

I'iikoiuk oes fièvres. — La fièvre , ô ttvprroç» de îrop, feu ; febriit

de fervere, être brûlant, etc. , désigne, dans tous les idiomes : une condition de l'organisme souffrant caractérisée par le développement d'une chaleur anormale plus ou moins intense. Les anciens et plusieurs modernes ont commis la double faute grave, par ses conséquences thérapeutiques, 1° de \oir dans la fièvre une entité morbide , séparée, distincte des parties organiques affectées ; %° de la prendre pour l'essence, le caractère fondamental, la nature môme des maladies, dont elle n'est souvent alors que l'effet, le symptôme, la complication. Delà cette nomenclature interminable des pyrexies , et cette inextricable confusion de leur histoire. Les théories modernes ont offert des erreurs opposées, des inconvénients aussi nuisibles , en voulant rattacher toutes les fièvres aux lésions organiques locales , à l'inflammation , ainsi que l'effet à sa cause. La vérité se trouve ici, comme partout, entre les extrêmes.

La fièvre, en prenant ce terme dans son acception la plus large, est un fait pathologique plus ou moins complexe, un état anormal de l'organisme , caractérisé, lors de son entier développement , par une augmentation notable, une altération de la chaleur, avec force, fréquence, inégalité du pouls, sentiment de lassitude et de malaise. Ces conditions peuvent offrir, dans les différentes pyrexies, un assez grand nombre de modifications. Les fièvres doivent être distinguées en continues, rémittentes, intermittentes.

La fièvre continue — est celle dont l'intensité se maintient à peu près au même degré pendant toute la durée de sa manifestation. Nous avons démontré, par les faits, que cette fièvre n'est point essentielle, qu'elle n'est pas la raison première de l'état pathologique , dont elle forme l'un des éléments, et qu'il faut au contraire la regarder comme le résultat, l'expression de cet état pathologique, dont la guérison fait ordinairement disparaître la fièvre, qui dès lors ne doit pas servir à dénommer cet état, et surtout n'exige aucun traitement spécial dirigé contre la pyrexie. On comprend aisément toute l'utilité , toute la portée de ces principes naturels, simples et vrais, au point de vue du diagnostic et surtout de la thérapeutique.

PATHOLOGIE. ÏM

La fièvre rémittente , — de remittere, détendre, relâcher, ne diffère de la fièvre continue qu'en raison des alternatives de diminution el d'augmentation qu'elle offre dans sa marche, qui du reste s'effectue sans apyrexie complète. Ces modifications dans l'intensité des réactions fébriles s'opèrent à des intervalles plus ou moins réguliers , pins ou moins longs, et reconnaissent ordinairement pour cause des modifications analogues dans le développement de la maladie qui les produit. Si l'on voit quelquefois dans ce cas se manifester des retours de pyreiies avec la forme de véritables accès, il existe alors complication d'une fièvre intermittente avec une fièvre continue. C'est pour avoir méconnu cette distinction importante, que plusieurs pathologistes ont placé dans la même catégorie les fièvres intermittentes et remit tentes, si complètement opposées parleur nature et parle traitement qu'elles réclament. Nous avons établi sur l'expérience et l'observation ces principes incontestables, en les considérant au point de vue des fièvres éphémères, inflammatoires, miasmatiques, etc.; en prouvant que partout, dans les continues et les rémittentes, la fièvre est le résultat d'une autre maladie dont elle suit les phases de diminution et d'accroissement; enfin, que dans celles qui sont l'expression d'une contagion ou d'une infection, comme on le voit dans la variole, la vaccine , la rougeole, la scarlatine, le typhus, la typhoïde, le choléra, la peste, etc., ce sont encore les infections et les contagions qui constituent la maladie principale, avec tous les caractères d'un véritable empoisonnement ou miasmatique on virulent, offrant, lorsque la maladie se termine avantageusement, les trois périodes : contagion ou infection; réaction organique; élimination. C'est en considérant le travail pathologique à ce dernier pbihl de vue , que les anciens avaient regardé la fièvre comme l'agent avantageux de lacoci nui et de l'élimination critique du principe morbide. Nous verrons bientôt ce que l'on doit aujourd'hui penser de celle ancienne doctrine.

La fièvre intermittente — simple et sans aucune complication, est celle qui se manifeste et revient par accès avec des intervalles de santé par faite , ou du moins pendant lesquels on 11'obsercc aucun symptôme pathologique appréciable.

Chacun des accès complets est caractérisé par trois stades successifs : froid, chaleur, sueur. L'intervalle des accès, le temps d'apyrexie peut varier, par sa longueur, d'un à trois jours et même davantage; c'est ce qui constitue les différents types : quotidien, tierce, quarte, etc., avec des modifications multipliées sans nécessité par les pyrétologistes.

Dans l'état actuel de la science , la fièvre intermittente nous paraît la seule que l'on puisse regarder comme une maladie principale et désigner sous le titre de fièvre essentielle, en conservant aux mots leur véritable signification; aux choses, leur caractère fondamental. On a dans ces derniers temps rapproché cette fièvre des névroses ganglionaires. Si plus tard on démontrait, par l'expérience , qu'elle n'est en effet que le résultat et le symptôme d'une de ces névroses , les fièvres essentielles disparaîtraient alors complètement du cadre nosologique.

La fièvre intermittente peut se compliquer avec un empoisonnement soit contagieux, soit infectieux, comme on le voit si souvent, pour ce dernier cas, dans la fièvre des marais; avec une inflammation ou toute autre maladie; enfin, avec une tendance à des congestions funestes vers un organe important, surtout pendant le second stade ; c'est a cette complication que l'on a donné le nom de fièvre intermittente pernicieuse. Pour la fièvre intermittente simple , l'indication fondamentale se résume dans l'emploi des antipériodiques. Pour la fièvre intermittente compliquée , l'indication fondamentale se trouve modifiée par celles des autres conditions morbides ; enfin , dans la fièvre intermittente pernicieuse, les antipériodiques les plus énergiques sont réclamés d'urgence et doivent être employés vigoureusement et sans aucune hésitation.

Le siégé des maladies — est important à bien fixer. Rallier aux organes les symptômes de ces altérations est la base de toute bonne pathologie. Mais il ne faut pas abuser de ce principe, comme l'ont fait les humoristes, les solidistes , plusieurs anatomo-pathologistes et physiologistes, en réduisant le domaine de la pathogénie à l'altération des humeurs ou des solides exclusivement; ou même

en localisant chaque affection morbifiquc dans les bornes resser-< rées d'un tissu, 'l'un organe.

Toutes 1rs conditions tir l'organisme peuvent être lésées; dès lors toutes 1rs parties de l'économie vivante auxquelles ces conditions appartiennent, peuvent devenir le siège de ces lésions, la maladie n'étant point une entité distincte et ne devant jamais exister par elle-même et sans un siège quelconque. Pour le» çonditiom physiques , le siège est ordinairement précis, comme on le voit pour une fracture, une luxation, etc. Pour les conditions chimiques } il est moins facile à délimiter, comme on l'observe dans l'anémie, le scorbut, 1rs scrofules, etc, Pour 1rs condition» ritiilrs, on arrive plus aisément à l'établir par l'appréciation des désordres fonctionnels ■ surtout lorsque Ai'> complications nombres ses ne viennent pas jeter la confusion dans ce précieux renseignement.

C'est ici qu'il est toujours bien essentiel de pouvoir ajouter a la connaissance de la cause , de la nature morbide , celle de l'organe et du tissu plus spécialement affectés. Pour les conditions psijchologiques, le siège organique, lorsqu'il existe, devrait naturellement se trouver dans les systèmes nerveux encéphalique ou ganglionaire; mais, dans ce cas même, il est souvent difficile de préciser le point de ces systèmes où réside plus particulièrement l'altération. Ajoutons que chez un grand nombre de sujets morts après avoir présenté , pendant plusieurs années , tous les symptômes des aliénations mentales bien évidentes, l'autopsie la plus minutieuse n'a laissé voir aucune lésion organique en mesure d'expliquer ces maladies ; et que dès lors , à moins de supposer ce que l'observation ne démontre pas, ou d'admettre que l'âme elle-même est suseeplible d'altération dans ses conditions psychologiques, ces affrétions morbides n'offriraient aucun siège particulier: conclusion absolument inadmissible*

La manifestation des maladies — s'effectue par leur traduction extérieure au moyen Ai'> phénomènes sensibles qui les caraçr lérisenl. L'appréciation de ces phénomènes porte le nom de

diagnostic. Les manifestations morbides sont étudiées sous le titre de symptômes et de signes.

Le symptôme, — cua^To^a , de cuv, avec, et de nbrroje tombe, est tout changement appréciable survenu dam les conditions normales des organes ou de leurs fonctions et lié à l'existence de la maladie qui le manifeste.

Le signe, — tm^eTov, de (mfjuxfvM , je signifie, est le symptôme interprété dans ses rapports avec la maladie qui le produit, de manière à la faire connaître.

Dans l'investigation pathologique , il faut s'éclairer des renseignements du passé , du présent ; distinguer avec soin les phénomènes essentiels, pathognomoniques, des phénomènes sympathiques, accessoires ; rechercher toutes les notions utiles , en évitant les détails superflus; enfin , coordonner toutes ces notions de manière a parvenir, au moyen de leur enchaînement logique, à la connaissance positive de la maladie.

Le diagnostic, — de oia-yivojffxoj, je discerne, est cette connaissance envisagée surtout au point de vue du traitement; c'est la base fondamentale indispensable de l'art médical ; c'est en même temps la partie de la pathologie la plus difficile , la plus obscure , celle qui exige le plus de tact , d'expérience et d'habileté ; celle enfin que le médecin doit cultiver avec le plus de soin , d'attention et de persévérance. La puissance du diagnostic est le signe caractéristique des profonds observateurs. Dans les cas douteux, on a quelquefois éclairé le diagnostic par l'administration empirique des médicaments ; cette méthode exploratrice ne peut être employée que très-rarement et toujours avec la plus grande circonspection. Enfin, dans les cas mortels , on obtient le complément de l'investigation séméiologique par l'autopsie, qui doit, pour être suffisante, embrasser l'examen des solides et des humeurs. C'est ici que les savantes notions de l'anatomie pathologique offrent leur incontestable utilité. La médecine moderne présente , sous le rapport du diagnostic, un avantage considérable sur la médecine antique : l'inspection du pouls dans ses applications raisonnées, l'emploi du spéculum, de

la percussion , de l'auscultation , du microscope , de l'analyse chimique, etc., dans leurs admirables perfectionnements , donnent aujourd'hui à l'investigation médicale une précision qui ne laisse presque rien à désirer.

La marche des maladies, — sans offrir, comme l'ont pensé les médecins hippocratiques , cette régularité parfaite qui doit amener une solution , un jugement réglés à l'avance , qu'il faut respecter et favoriser toujours, ne présente pas davantage, d'après l'opinion des systématiques modernes , une succession de désordres, d'aberrations et d'anomalies que , dans tous les cas , on doit combattre et réprimer : entre ces deux extrêmes il existe un moyen terme où se trouve la vérité.

De mémo que les actes physiologiques , les phénomènes morbides , soumis aux lois de la vie , offrent en général une succession assez constante pour qu'il soit possible d'assigner à leur marche quatre phases principales :

1° Prodromes, — t.zô^o^oç , de r^ô, devant, et de5pô-x0;, course; on désigne ainsi la période qui précède la maladie , et dans laquelle se manifestent les signes avant-coureurs. Variable par ses caractères et par sa durée , cette phase est importante à reconnaître pour l'emploi du traitement prophylactique, lorsqu'il est encore àpropos d'y recourir.

2° Invasion, — caractérisée par l'apparition subite ou lente, franche ou insidieuse, des phénomènes pathognomoniques.

3° Augmentation, — distinguée par l'accroissement plus ou moins rapide et plus ou moins régulier des symptômes, jusqu'au plus haut degré d'intensité qu'ils doivent offrir.

4° Diminution, cessation, — facile à reconnaître au retour des fonctions vers l'étal normal, par la disparition progressive des phénomènes pathologiques, avec des modifications analogues à celles de l'invasion.

La terminaisoh des maladies — peut s'effectuer par la guérison, par h- passage de l'état aigu à l'état chronique, et vice versa, par

kk&

kéZ EXPOSITION DE LÀ DOCTRINE BIOLOGIQUE.

une autre altération, par la mort. Dans le premier de ces cas, les mouvements organiques amènent quelquefois des évacuations favorables , auxquelles on a donné le nom de crises.

Là crise, — xp(«ç, de xptvw.je décide; jugement, j udicatio, désigne , en pathologie , l'effort curatif de l'organisme qui termine une altération morbide, Lorsque cet effort ne provoquait pas une excrétion appréciable, on le nommait lysis , de iwç, dénoûment.

Dans la médecine hippocratique, la maladie présente un jugement dont la crise est la solution, s'opérant à des jours exactement déterminés, et par cette raison désignés sous le titre de jours critiques ; distingués en bons et mauvais. Ces crises préparées , sous la direction de la nature médicatrice , par la coction des humeurs nuisibles , étaient effectuées avec les plus rationnelles et les plus sages précautions de cette bienfaisante protectrice de l'organisme.

Dans l'état actuel de la science , il est impossible d'admettre la doctrine des crises telle que nous la trouvons dans Hippocrate et dans ses imitateurs. L'observation la réduit aux tendances conservatrices de l'économie vivante déterminant, sans cette intelligence et cette régularité précise, des mouvements organiques souvent avantageux, quelquefois contraires, et, dans certains cas, pouvant occasionner des éliminations favorables, telles que des hémorrhagies , des sueurs , des vomissements , des selles abondantes, des émissions urinaires, etc., etc., éliminations qui, du reste, ne sont pas toujours sans inconvénient et même sans danger.

Si l'effort critique , au lieu de se porter à l'extérieur , se manifeste au contraire vers un organe central , avec des accidents plus ou moins sérieux, il prend alors le nom de métastase, ^z-Abitm, déplacement ; comme nous l'avons observé plusieurs fois dans le transport, souvent très-considérable, du pus d'une large plaie résultant d'une opération par exemple , dans le parenchyme des poumons, du foie, etc., etc., avec une terminaison

l'AlIU»U)i;iE.

proinptement lunette, venant ainsi porter nue atteinte grave et décisive à la doctrine des crises et de la nature médicalrirr, telle qu'on la voit professée par le vieillard de Cos et par ses divers

commentateurs.

Là C0XYA1.ESŒXCE, — fatffam;, COU m lesrent in , (le COncalcs-

. se fortifier, est le passage effectué du terme de I" maladie au rétablissement de la santé parfaite,

.Nous formulons, relativement à ce passage, une loi bien importante à la direction ijn'tf exige : la convalescence est une prédisposition aw maladies y et surtout à celle que l'orgar iiismr vient d'éprouver.

On donne au retour de cette maladie le nom de rechute , fooorpcxp), de re , de nouveau, et de coder e, tomber. Elle est, tontes choses égales, ordinairement plus grave que la première invasion.

La convalescence exige toujours les précautions hygiéniques les mieux entendues, et dont l'ensemble peut se résumer dans cette antre loi : 1rs plus sages mesures doivent être prises pour garant tir l'économie des influences, morbides, et surtout les organes convalescents de toutes celles qui seraient capables d'y réveiller les maladies qu'ils viennent d'éprouver.

La convalescence peut être franche , entière, promptement effectuée, ou difficile, insidieuse, incomplète, et môme dégénérer en étal maladif chronique, en véritable cacochymie, xaxd/v-r,.-, de xaxôç, mauvais , et de gupfc, humeur.

Le pronostic des maladies, — *pyvvc?ut<»v, de r.-r6, avant, et de Y'.vw7/.(.) , je connais ; prognosis , de gnoscere, connaître, et de pro, par avance , est le jugement porté sur la gracile , la marche ultérieure et la terminaison <l'une maladie.

Entièrement appuyée sur la vérité du diagnostic, sur la connaissance raisonnée des lois de l'organisme, sur l'observation d'un grand nombre de faits analogues, cette partie de la médecine est l'une des plus difficiles el des plus sujettes à l'erreur; elle

exige particulièrement une longue expérience , un tact exquis, un coup d'œil sûr.

Dans toute maladie, le praticien doit, avant d'agir, porter ce pronostic en lui-même , pour mieux établir son plan de traitement, et prendre les précautions relatives a l'avenir du sujet, aux dispositions de ceux qui l'entourent. Quant à la révélation de ce pronostic intime , il ne la doit qu'aux personnes directement intéressées; encore faudra-t-il y procéder avec la plus grande circonspection, et seulement dans les circonstances qui l'exigeront impérieusement. La discrétion est la vertu du médecin, et la réserve du pronostic fait essentiellement partie de cette discrétion.

La classification des maladies — est l'ordre le plus naturel dans lequel on doit les ranger pour arriver à mieux faire comprendre les analogies qui les rapprochent et les différences qui les séparent.

La seule méthode rationnelle à proposer dans cette coordination, dont l'utilité ne peut plus être douteuse , consiste à prendre les maladies comme des faits pathologiques plus ou moins complexes ; à les rapprocher ou bien à les éloigner, suivant que leur fait capital est analogue ou différent , de manière à constituer des groupes assez distincts pour que leur établissement soit légitime.

Au point de vue de la Doctrine Biologique , la santé consiste dans l'état normal des quatre conditions fondamentales de l'économie vivante: 4° physiques, 2° chimiques, 5° vitales, 4° psychologiques, et, par une conséquence obligée , des fonctions de cette économie.

Par une autre conséquence nécessaire, la maladie s'établit dans l'état anormal de ces quatre conditions et des phénomènes qui s'y rattachent ; nous trouvons donc tout naturellement ici la division simple et facile des altérations pathologiques , dont le tableau suivant nous fera, du reste , bien mieux comprendre l'ensemble.

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