DOCTRINE BIOLOGIQUE. ', |Q
naissance par une véritable animation vitale ; c'est avec le concours de leur influence, et par l'assimilation d'un certain nombre de ces modificateurs, qu'elle se développe et s'entretient pendant une durée variable, mais toujours assez étroitement limitée ; que cette économie vivante se perpétue, dans chaque espèce, par voie de génération déterminant la succession des individus. C'est au milieu df ces influences du monde général, que chacun de ces individus trouve simultanément la cause des maladies qui peuvent l'atteindre et les remèdes qui sont parfois en mesure de le guérir; l'occasion de la mort accidentelle qui vient le frapper avant le temps; ou de la mort naturelle qu'il subira tôt ou tard sous l'envahissement de l'organisme par les conditions physiques et chimiques, à l'exclusion des conditions vitales.
11 t si dès lors facile de comprendre que l'indépendance de chacune des économies vivantes individuelles, n'est point absolue, mais seulement relative et temporaire ; puisqu'après un intervalle déterminé cette économie rentre dans les conditions de l'économie générale.
Toutefois, îles faits bien observés découle cette loi si féconde en résultats : L'économie vivante présente nu laboratoire dans lequel s'effectuent tics combinaisons, où se format! des produits entièrement étrangers aux loin de l'économie universelle, et ijne la physique, la chimie, en les supposant même à leur état de perfection , ne pourront jamais imiter.
Aux différentes phases de sa durée temporaire, l'économie vivante offre dans le balancement de ses lois et des lois physiques, des modifications importantes ;' noter, soit pour l'état normal, soit pour l'étal morbide :
rendant la pha6e d'accroissement , les lois vitales font sentir leur ascendant sur les bus physiques avec une suprématie turbulent et quelquefois même perturbatrice. Il existe alors, comme on l'a dit , excès de vie.
Quand l'organisme est arrivé à son entier développement, la vie devient moins tumultueuse, mieux équilibrée dans les rapports des lois vitales el physiques.
Pendant la phase de dégradation, l'activité des phénomènes organiques offre une diminution progressive; les lois physiques prennent chaque jour, sur les lois vitales, un ascendant proportionné à l'affaiblissement de ces dernières. Enfin , il arrive un terme où les lois physiques développent tous leurs phénomènes dans cette économie décrépite , a l'exclusion des lois vitales : ce terme est la cessation de la vie , la mort naturelle.
Cet organisme , désormais sous l'empire des affinités chimiques, ne tarde pas à se trouver frappé d'une entière décomposition , et ses éléments dissociés rentrent dans les conditions et sous les lois de l'économie universelle, en complétant la démonstration de l'indispensable nécessité de la vie pour maintenir tes mêmes éléments dans les rapports qui seuls doivent constituer l'économie vivante. Ainsi, la vie est à l'économie organique ce que la gravitation est à l'économie générale : tous les corps peuvent graviter, les corps organisés seuls possèdent la faculté de vivre.
Des faits qui précèdent résulte cette loi fondamentale : pendant toute la durée de la vie, /' organisme est régi par ses lois propres; de telle sorte que l'influence vitale est un obstacle incessant à l'exercice des affinités chimiques de l'économie universelle.
Entre ces deux termes : V animation et la mort , existe un intervalle dont la durée marque celle de l'économie vivante individuelle. Pendant tout ce temps, l'organisme peut offrir des altérations plus ou moins graves dans ses conditions fondamentales; et, sous ce premier point de vue pathologique, nous établissons, d'après les faits, une loi dont l'importance est démontrée : plus, dans une économie vivante , les éléments de l'organisation , les phénomènes vitaux sont nombreux, compliqués dans leurs dispositions et dams leurs modes; plus les altérations ou maladies sont fréquentes, nombreuses, diversifiées, plus la mort accidentelle est à craindre.
Il est donc maintenant bien évidemment prouvé que le fait vie présente le point central où nous devons définitivement nous arrêter : au-dessus, nous irions, avec tant d'autres, nous égarer dans le vaste champ des hypothèses, dans le vague des abstractions,