‹ Nouvelle doctrine médicaleChapitre 19 sur 168 · ARÉTÉE DE CAPPADOCE · texte numérisé non relu

ARÉTÉE DE CAPPADOCE

Arétée, que l'on s'accorde à regarder comme le meilleur observateur des temps anciens , après Hippocrate ; qui vécut dans une époque mal déterminée , mais que l'on semble devoir fixer vers la moitié du icr siècle de l'ère chrétienne , avait d'abord partagé

les erreurs du pneumatisme d'Athénée; mais , bientôt ramené dans la voie de l'expérience raisonnes, il devint éclectique et fit rentrer pour un instant la pathologie dans la route où l'avait si fructueusement engagée le vieillard de Cos. Arétée faisait dans le recueil des faits, toujours précéder la relation de chaque maladie de l'indication anatomique des organes souffrants. Les descriptions qu'il donne sont écrites avec une remarquable élégance , et tellement précises , tellement vraies , qu'il semble avoir vu lui-même toutes les altérations morbifiqucs dont il fait l'histoire. C'est à lui que nous devons le premier emploi des cantharides comme dérivatif extérieur.

DIOSCORIDES.

Dioscorides, né en Cilicie, voyagea beaucoup, dans l'intention de bien étudier l'histoire naturelle et surtout la matière médicale, pour laquelle son génie paraissait formé. Aussi laissa-t-il sur cette dernière partie de la science iatrique un ouvrage qui, pendant plus de dix-sept siècles , servit de guide pour l'enseignement et la pratique de l'art. Cet ouvrage , défectueux sans doute sous plusieurs rapports , offrait du moins le mérite, déjà très-rare à cette époque, de se distinguer par la simplicité des formules. Alors, en effet, la. fameuse thériaque inventée par Andromachus avait amené l'habitude fâcheuse d'entasser dans les prescriptions une foule de substances dont la réunion s'opérait sans intention raisonnée, mais non pas toujours sans danger pour les malades.

Au milieu de ces déplorables oscillations de la médecine entre tant de systèmes ou faux ou très-incomplets , nous voyons quelques lueurs incertaines jeter leur jour douteux sur le sentier de l'expérience, pour y guider les pas mal assurés des observateurs qui s'efforçaient d'y rentrer.

Il fallait, pour effectuer cette révolution, que le flambeau qu'avait éteint la mort d'Hippocrate reparût dans le domaine de la science pathologique. Ceflambeau va se rallumer, cllcsvaines théories vont, du moins pour un temps, pâlir et s'éclipser à sa brillante lumière.

JIIUSCOKIDES , CALIEiN. •')•')

Rome était devenue la maîtresse du monde; elle devait être le centre des sciences et des arts par la réunion des artistes et des savants qui, de toutes parts, s'y trouvaient alors appelés. Aussi Rome va-l-elle iiMiisollïir le théâtre de cette importante révolution médicale.

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