‹ Nouvelle doctrine médicaleChapitre 20 sur 168 · GALIEN · texte numérisé non relu

GALIEN

<i;ilien, Claude, naquit à Pergame,dans l'Àsie-Mineure, vers l'an 131 de l'ère chrétienne. Son père, Nicon, le nomma Galien, c'est-à-dire doux, probablement en raison de son aimable caractère. Il reçut la première éducation dans la maison paternelle , et fut ensuite confié aux soins des philosophes stoïciens, académiciens, épicuriens el péripatétitiens auxquels il s'attacha plus spécialement. Son instruction dans les belles-lettres et la philosophie se trouva, comme on le voit, très -soignée. Faut-il s'étonner si ce génie vaste et puissant devint ensuite si redoutable à ses antagonistes? A dix-sept ans, ses études étant achevées, il embrasse la médecine. A vingt et un ans il avait déjà composé plusieurs livres sur cette science. Doué d'une rare intelligence , d'une aptitude merveilleuse à tout apprendre, du brûlant désir de savoir et de reculer les bornes de son art, il travaillait avec la plus infatigable persévérance. Pour s'instruire, il voyagea , presque toujours à pied, en Phénicie, en Egypte, en Bithynie, en Palestine, en Asie, en Thrace , en Italie , en Macédoine , dans les îles de Crète, de Chypre, de Lemnos, etc. [1 parlait bien et connaissait un grand nombre de langues. Son goût prononcé pour l'anatomie , qu'il regardait « comme le seul fondement solide sur lequel on pût élever la science pathologique, » l'attacha pendant plusieurs années à l'école d'Alexandrie, où brillait encore l'enseignement créé par Hérophile et par Erasistrate. C'est là surtout qu'il acquit cette supériorité qui devait l'élever au-dessus de tous ses rivaux. Il s'établit à Rome à l'âge de trente-quatre ans , abandonne la chirurgie pour s'occuper exclusivement de la médecine. Son immense réputation lui suscita des envieux, des persécuteurs nombreux et déclarés. Pendant ses éludes, il avait embrassé toutes les Sciences; aucun médecin n'eûl une aussi vaste érudition. Peu satisfait des systèmes dominants

dans les écoles , il commence la lecture des ouvrages d'Hippocrate. « Il fat éclairé , dit Cabanis , loc. cit., p. 92, pour ainsi dire d'une lumière toule nouvelle; en le comparant à la nature, son admiration et son étonnement redoublèrent. Hippocrate et la nature furent dès lors les seuls maîtres dont il voulut recevoir les leçons. »

Malheureusement , la tournure de son esprit et le caractère de son génie s'opposèrent à l'accomplissement sérieux d'une aussi bonne résolution.

Au lieu do s'appliquer à faire revivre cette belle simplicité de son modèle , ces données si positives et si Vraies , puisées à la source même de l'expérience , à l'observation des faits ; au lieu de s'arrêter, dans l'établissement de sa doctrine, à ces sages inductions de la pratique raisonnée , à ce naturalisme qu'Hippocrate avait non pas imaginé, mais surpris à la vérité dans l'examen le plus attentif et le plus consciencieux de l'homme souffrant, Galien emprunte aux écrits du père de la médecine les points les plus défectueux de ses théories , ceux qu'il semble n'y avoir laissés qu'à regret, en sacrifiant à l'influence, au reste d'empire qu'exerçaient encore les dogmes philosophiques de son époque. Et c'est précisément sur cet échafaudage sans consistance et sans réalité, qu'il établit ce trop célèbre système qui devait dominer la science médicale pendant un si grand nombre d'années.

« Galien, ajoute Cabanis, loc. cit., p. 93, ressuscita la médecine hippocratique et lui donna un éclat qu'elle n'avait point eu dans sa simplicité primitive. Mais, il faut l'avouer, ce qu'elle acquit entre ses mains fut peut-être plutôt une parure qu'une richesse véritable. Les observations recueillies et les règles tracées par Hippocrate , en prenant un caractère plus brillant et plus systématique , perdirent beaucoup de leur pureté; sous cet appareil étranger de sciences ou de dogmes divers, la nature, que le médecin de Cos avait toujours saisie avec tant d'exactitude et de réserve , se trouva comme étouffée et perdue ; et l'art, surchargé de règles ou superflues ou trop subtiles , ne fit que s'embarrasser dans beaucoup de difficultés nouvelles qui ne tiennent pas à sa nature. »

Sans doute, l'époque de Galien sera désormais une époque

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