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beaucoup contribué à fixer l'opinion du monde médical sur la doctrine dite physiologique , lorsqu'elle a proposé cette grande question pour sujet de prix en 1845. Ce prix fut partagé ex œquo par MM. Lepelletier de LaSarthe, Saucerotte deLunéville etCoste de Bordeaux.
« La même Compagnie a cru que le temps est peut-être arrivé de tenter de reconstruire une doctrine générale en rapport avec les progrès de la science et les besoins de l'enseignement médical ; elle propose donc, à cet effet, comme conséquence et complément de son dernier concours , la question suivante :
« Peut-on, dans l'état actuel de la science, établir les bases d'une doctrine ou d'un système général de pathologie qui paraisse le plus convenable pour renseignement de la médecine et la pratique de l'art ?
« Dans le cas de l'affirmative , établir cette doctrine sommairement en la fondant sur les faits observés et sur ce qu'ont offert d'incontestablement vrai les divers systèmes pathologiques qui ont successivement prédominé dans la science médicale.
« La Société , encouragée par le succès précédent, ose espérer que des athlètes tels que ceux qu'elle a déjà eu le bonheur de couronner, et de dignes émules, loin de reculer devant l'étendue et les difficultés de la question proposée, ne craindront pas de les affronter pour en triompher encore glorieusement. »
Livré depuis longtemps à la pratique , à l'enseignement de la médecine , ayant consciencieusement suivi toutes les phases des révolutions effectuées dans le domaine de cette science , nous eussions cru négliger un devoir, manquer à la gratitude, à l'estime que nous professons pour l'honorable Société de Médecine de Caen,
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et ne point assez apprécier toute la valeur, toute la dignité de l'initiative qu'elle a prise , en ne répondant pas à son appel.
S'il était, en effet, urgent d'étudier impartialement le système de Broussais , alors que tous les préjugés de l'enthousiasme exagéré , de la réaction excessive qu'il avait excités , se trouvaient en même temps réduits à leurs véritables proportions, il ne l'était pas moins , aujourd'hui que la science a fait des progrès si vrais , si nombreux , si évidemment utiles , d'en établir la doctrine , d'après une expérience positive, au double point de vue de la pratique et de l'enseignement.
Cette nouvelle tâche , plus difficile, plus dangereuse encore que la première , en devient , ainsi que le disent avec tant de vérité les termes du programme : « le complément indispensable et. la solution définitive. »
Comme dans toute question bien posée , nous trouvions ici la division naturelle de notre sujet en deux parties; nous l'avons dès lors adoptée sans hésitation ; et , pour donner immédiatement une idée précise du caractère de notre œuvre, nous avons choisi pour épigraphe cette sentence de Montesquieu :
« Avant toutes les lois , sont celles de la nature , ainsi nommées parce qu'elles dérivent uniquement de la constitution de notre être. »
C'est en suivant un ordre logique et rationnel que nous avons cherché la solution de ce grand et sérieux problème; c'est en prenant toujours pour guide le flambeau de la nature , des faits , de l'observation et de l'expérience , que nous avons l'espoir de n'avoir pas dévié des voies de la vérité dans une route souvent obscure, presque partout encombrée d'obstacles décourageants et de périlleuses difficultés.
Aujourd'hui notre œuvre est jugée : la sanction favorable qu'elle
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a reçue d'un Corps savant si capable et si consciencieux, est pour nos lecteurs une première garantie bien puissante , et pour nous la plus digne récompense qu'il nous était permis d'ambitionner.
La Société de Médecine de Caen s'exprime dans ces termes au procès-verbal de sa séance du 10 juin 1853 :
« Le prix pour le concours ouvert en 1851 , consistant en une médaille d'or de la valeur de trois cents francs , est accordé à l'auteur du mémoire n° 1 , portant pour épigraphe cette sentence de Montesquieu : « Avant toutes les lois, sont celles de la nature, ainsi nommées parce qu'elles dérivent uniquement de la constitution de notre être. »
« M. le président, procédant à l'ouverture des billets cachetés attachés a chaque mémoire , a proclamé pour le premier prix le nom de M. le docteur Lepelletier de La Sarthe , déjà couronné dans le concours précédent. »
Il nous est agréable d'ajouter, à la gloire de la bienveillante Société de Médecine de Caen et de nos honorables compétiteurs , que cette Société s'est trouvée si satisfaite de l'ensemble des mémoires, au nombre de six, qu'elle a créé, en dehors du concours, un second prix exceptionnel, médaille en or de deux cents francs, accordé à M. le docteur Faget, de la Nouvelle-Orléans; une médaille en argent, décernée à M. le docteur Labbey, de Bayeux; enfin, qu'elle a désigné pour les mentions honorables, MM. les docteurs Franclimi, de Sarzana, états de Sardaigne , et Dauvcrgne, médecin de l'hôpital de Manosque, Basses-Alpes.
M. le docteur Roulland, rapporteur de la commission du concours, dans une brillante appréciation , s'exprime ainsi relativement •:i l'ouvrage que nous publions aujourd'hui :
'< Le mémoire n° 1 est un grand et beau travail. Le style en est
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toujours clair, quelquefois élevé, la méthode parfaite. L'auteur a compris l'esprit de la question posée par la Société , s'est conformé a son programme avec une grande exactitude
« Il a divisé son travail en deux parties : dans la première , il montre la possibilité d'établir une doctrine médicale ; dans la seconde, il établit cette doctrine.
« La première partie comprend six paragraphes.
« Le deuxième nous a surtout frappé par l'excellent esprit qui a présidé à sa rédaction. L'auteur y précise avec exactitude les rapports de la médecine avec les autres sciences, dont les développements ont été, de nos jours , si remarquables. Il veut, avec
raison, que la médecine conserve son génie propre C'est aux
sources de la vie qu'il faut puiser les connaissances médicales.
« Nous avons lu avec un vif intérêt le chapitre dans lequel l'auteur résume toute la première partie de son travail et démontre, comme conclusion, la possibilité, dans l'état actuel delà science, d'établir une doctrine pathologique. Ce paragraphe se distingue autant par l'élégance et le brillant du style , que par la netteté et la clarté des pensées
« L'auteur a divisé la seconde partie de son travail , comme la première , en six paragraphes.
« Il veut que la doctrine médicale repose sur une base essentiellement vitale. Il ne veut point chercher, dans l'altération matérielle des organes , la raison , la nature et le principe de toutes les maladies. Il évite la recherche des causes premières, qui se dérobent à nos moyens d'investigation positive. Il accepte, sans l'expliquer , la vie comme un fait; comme le fait le plus général et le plus complexe de l'économie organique , puisqu'il résume tous les autres , puisqu'il en est le principe et la fin. La vie , voilà la base
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large et solide tout à la fois sur laquelle il fait reposer sa doctrine ; d'où le nom de Doctrine Biologique qu'il lui donne
« Nous comprenons aisément en quoi cette doctrine se distingue de celles de Brown et de Broussais. Ceux-ci n'avaient assis leurs systèmes que sur une manifestation de la vie, sur une propriété spéciale de l'économie vivante. Notre auteur fait reposer sa doctrine sur la vie elle-même »
Comment expliquer , après une déclaration aussi positive , l'analogie que M, le rapporteur s'efforce vainement d'établir entre le système de Barthez et la Doctrine Biologique? Nous ne ferons pas à son excellent jugement l'injure de voir autre chose ici qu'une simple distraction; ce n'est pas, du reste, la seule que nous aurons à signaler. Ceux qui voudront la preuve, ou même la démonstration de celle-ci , trouveront la première dans le rapport que nous examinons ; et la seconde en lisant avec attention l'ouvrage de Barthez. Continuons la citation.
« Tout ce qui a trait à l'étiologie, au siège, au diagnostic des maladies, à leur essentialité , à la théorie des fièvres , à celle des crises, révèle un praticien d'un haut mérite ; un esprit sage , d'une méthode et d'une clarté remarquables »
Arrivant a l'appréciation relative des six mémoires envoyés au concours, M. le rapporteur s'exprime ainsi :
« Maintenant, si nous comparons ces travaux, nous dirons que le mémoire n° 4 se distingue par la méthode, la clarté , l'élégance du style, par une érudition de bon aloi. Sans sortir des limites de l'observation, l'auteur a su s'élever à des généralisations d'une haute portée; se conformant à votre programme , il s'est efforcé de donner une solution à la question proposée. S'il n'a pas établi une doctrine médicale complète et durable , il a , toutefois , apporté de
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nombreux matériaux qui ne seront pas perclus pour la science. C'est là un des principaux motifs qui ont engagé la commission à placer son œuvre en première ligne. Elle propose donc d'accorder à l'auteur du mémoire n° 1 le prix de trois cents francs indiqué dans le programme. »
A côté de ces éloges si flatteurs pour notre livre, surtout lorsqu'ils viennent d'une commission aussi savante et d'un rapporteur aussi distingué , se trouvent quelques légères critiques de détail et des conseils sur les modifications de forme que l'on paraît croire nécessaires au succès de l'ouvrage. Nous acceptons les uns avec reconnaissance, en regrettant qu'il nous soit impossible de les utiliser; il nous deviendrait assurément facile de répondre aux autres et de faire un peu d'opposition à plusieurs considérations très-élevées sans doute , mais d'une philosophie médicale assez nuageuse , que l'habile rapporteur s'est mis dans l'obligation de placer au milieu d'un entre-parenthèse assurément trop long pour la circonstance , et que sa chaleureuse diction nous a fait trouver court ; mais il nous semblerait peu sage de quitter le rôle de candidat, qui nous a si bien réussi, pour accepter celui de juge, qui n'est pas toujours sans péril : nous préférons donc laisser aux lecteurs sans partialité le soin de décider entre les opinions de M. le rapporteur et celles de nos écrits.
Nous relèverons seulement trois de ces observations critiques , parce qu'elles auraient de l'importance en les supposant fondées, et que nous avons promis de prouver que la distraction a plus d'une fois égaré l'excellent jugement de l'honorable et bienveillant rapporteur, lorsqu'il ajoute :
« Le paragraphe troisième a trait à l'origine et aux progrès de la science médicale. Il nous a paru d'une longueur excessive. C'est
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une longue biographie des médecins, depuis Hippocrate jusqu'à nos jours. »
Nous allions , appuyé de l'opinion de nos plus savants confrères, non comme réponse , mais comme simple avertissement , faire observer à notre critique , du reste si judicieux , que cette voie nous paraissait aujourd'hui la seule convenable, au point de vue du programme surtout , pour bien apprécier l'état actuel de la science médicale et ses conditions passées, lorsqu'avec une grande satisfaction , en continuant la lecture du rapport, nous avons trouvé la réfutation de l'opinion de notre savant confrère par lui-même, et beaucoup plus complète que celle qu'il nous eût été possible de présenter: il ajoute en effet immédiatement ces sages réflexions :
« Ce n'est pas toutefois que nous niions l'utilité de ces biographies ; nous savons que , pour comprendre et juger sûrement les systèmes et les doctrines, il est souvent utile de connaître la vie intime des hommes qui ont établi ces systèmes, fondé ces doctrines; souvent, en effet, on sait par les détails de la vie intime d'un homme, par la connaissance de ses mœurs, de son caractère, de ses relations, quel degré de confiance on doit accorder à ses ouvrages, l'explication des influences qui l'ont inspiré et qui l'ont poussé dans la voie qu'il a parcourue. »
M. le rapporteur convient donc actuellement lui-même qu'il nous a reproché d'avoir effectué une chose indispensable, essentiellement utile, et dont il eût, en y réfléchissant, comme il est si capable de le faire, condamné sévèrement l'omission.
La seconde observation critique est ainsi formulée, sans présenter un plus solide fondement :
« Le quatrième paragraphe est consacré à l'exposition des