III. TEMPS MODERNES, RENAISSANCE
Les sciences paraissaient, à l'époque où nous sommes arrivés , avoir parcouru le cercle complet des erreurs et des folies humaines. La médecine surtout était descendue de son illustre origine : de l'expérience, de la raison et de la vérité, à son dernier degré
d'abaissement : aux théories extravagantes , au charlatanisme , au mensonge.
Dans toutes ces déplorables phases, quelques esprits sages, exceptionnels, avaient protégé le feu sacré de l'hippocratisme contre le souffle violent des doctrines erronées qui tant de fois menacèrent de l'éteindre pour toujours. Ce feu sacré va se ranimer et briller d'une lumière nouvelle. Aux ténèbres de l'ignorance et de la susperstition va succéder le jour vivifiant de la science et de la vérité. j\ous allons assister à cette résurrection de la pensée, à cette réhabilitation de l'intelligence humaine.
L'enseignement sérieux de l'anatomie, négligé depuis longtemps, avait déjà repris son importance dans l'école de Bologne , où Mondini disséqua publiquement des cadavres humains, pour la première fois depuis l'antiquité, dès 13 15. Ces travaux essentiels, qui devaient amener la véritable science physiologique, furent successivement continués et perfectionnés par Sylvius , Benedetti , Vésale , Fallope , Riolan , Harvey, Monro , Hunter, et plusieurs autres savants expérimentateurs.
Le retour aux études anatomiques ramena, tout naturellement, d'abord à celle delà chirurgie, dont les véritables progrès devancèrent la restauration de la médecine.
LANFRANO.
Ce fut un de ceux qui contribuèrent le plus a l'affranchissement de l'art chirurgical, en l'arrachant aux mains des barbiers. Né à Milan, vers la moitié du xine siècle, il vint à Paris en 1295, donna beaucoup de réputation au collège de St-Côme , fondé aux sollicitations de Jean Pitard , élève de Guillaume Salicet ; collège qui devint une école savante où l'on recevait des maîtres , des bacheliers, des licenciés, des docteurs, et qui devait être, plus tard, l'origine de la célèbre académie de chirurgie d'où sortirent tant d'hommes illustres. Lanfranc publia un Traité de (irandc et de petite chirurgie , que l'on suivit dans l'enseignement.