PARACELSE. TEMPS MODEREES, RENAISSANCE
une chaire de physique et de chirurgie ? Un tel succès enfle encore son audacieux orgueil ; il commence par brûler publiquement , dans l'amphithéâtre, les ouvrages d'Àvicenne et de Galien, se déclarant, dans tout l'univers, le seul réformateur, le seul maître de la science. La nouveauté de cet enseignement , l'enthousiasme , la jactance , l'effronterie de celui qui le professe et qui ne monte jamais à sa chaire que dans un état voisin de l'ivresse, attirent momentanément à Bâle un grand nombre d'oisifs et de curieux ; mais on ne tarde pas à reconnaître que ce professeur merveilleux n'est autre chose qu'un misérable charlatan. En 1527, craignant les poursuites d'un magistrat qu'il avait insulté , Paracelse est obligé de s'enfuir en Alsace. Passant la moitié de sa vie dans les cabarets , traînant la nomade et triste existence des saltimbanques , celui qui avait rêvé la suprématie de la science, l'invention de la pierre philosophale , avec la possession d'une immense richesse , qui avait promis au genre humain la santé parfaite et l'immortalité, vint succomber, indigent, infirme, dans l'hôpital de Saint-Étienne, à Saltzbourg, le M septembre 1541 , à peine âgé de quarante-huit ans.
Paracelse, que Bordeu nommait le plus fou des médecins et le plus médecin des fous, dont la réputation surpassa de beaucoup , en retentissement, le mérite et la valeur scientifique , tout en poursuivant ses vaines recherches d'alchimie, rendit cependant quelques services importants à l'art de guérir, en introduisant dans la matière médicale plusieurs agents thérapeutiques d'une grande puissance ; telles que les préparations salines, ferrugineuses, mercurielles , antimoniales, etc.