VAN HELMONT
Né à Bruxelles, en 1577, doué d'un caractère ardent et d'un esprit systématique , Van Helmont acquit une grande érudition , mais ne posséda jamais qu'un très-petit nombre de connaissances pratiques. Dégoûté des lenteurs et des difficultés de l'observation , il prend Paracelse pour modèle et se jette inconsidérément dans toutes les hallucinations de l'alchimie. Toutefois , Van Helmont n'est point un charlatan comme celui qu'il adopte pour maître * c'est un illuminé qui parle avec une certaine conviction, qui ar"it avec générosité, qui en impose à ses contemporalas par son
enthousiasme et par son assurance. Il ne médite pas moins qu'une réforme générale de la science pathologique. « 11 existe en nous, ditil, deux principes, deux êtres abstraits : une âme brute, qui préside aux actes de nos organes : c'est Yarchée; le duum-virat, qui recèle l'âme immortelle et reçoit d'elle sa suprême intelligence. » Suivant lui , l'âme, divisée en deux puissances dans le duum-viral , partage son empire en deux sièges principaux : 1° l'orifice supérieur de l'estomac , gouvernant despotiquement la tête ; présidant au sommeil , à la veille , etc. ; 2° le pylore , régissant le ventre , l'appareil générateur , etc. L'archée est un principe intelligent qui commande à la matière , qui s'en enveloppe et la modifie ; qui pénètre dans ses parties les plus intimes , préside à la digestion , à la nutrition, etc.; se met en défense contre les maladies qui viennent assiéger l'organisme. Sous la dépendance de ce grand régulateur, sont autant de petites archées qu'il existe d'organes, dont chacun devient le département de ces puissances du second ordre. Leur docilité à suivre les commandements de la grande archée , l'harmonie qui en résulte , constituent la santé ; leur désobéissance, les troubles qu'elle amène, produisent les maladies. Si la physiologie et la doctrine pathologique de Van Helmont ne satisfont point les esprits sérieux, nous ne pensons pas que ses explications thérapeutiques soient accueillies avec plus de faveur. D'après lui, « Les médicaments sont envoyés au duum-virat; s'ils sont convenables, celui-ci les savoure et les envoie à l'organe lésé, etc.» Au milieu de ces aberrations d'une imagination crédule et déréglée, Van Helmont eut le mérite incontestable d'appeler l'attention des physiologistes sur la puissante influence du centre épigastrique ; influence entrevue par Hippocrate, et dont Broussaisfit plus tard un si déplorable abus dans le système exclusif qu'il essaya de fonder. Retiré à Yilvorden, à deux lieues de Bruxelles , renfermé pendant plus de trente ans dans son laboratoire , qu'il ne quittait jamais, cet esprit visionnaire fit, sans ordre, sans méthode , mais non pas sans fruit, les expériences les plus variées et souvent les plus dangereuses. C'est à lui que l'on doit les premières notions sur les fluides aériformes, qu'il nomma <jaz, et sur