‹ Nouvelle doctrine médicaleChapitre 44 sur 168 · HARVEY, GUILLAUME · texte numérisé non relu

HARVEY, GUILLAUME

Né à Folkstone, dans le comté de Kent, le % avril 1578, G. Harvey manifesta de bonne heure un goût prononcé pour l'anatomie expérimentale , qui commençait à prendre faveur. Il étudie d'abord dans sa patrie ; voyage ensuite en France , en Allemagne , en Italie , est reçu docteur en 1602. Il est nommé , en 16 13 , professeur d'anatomie et de chirurgie au collège de médecine de Londres ; acquiert une grande réputation et devient médecin de Charles Ier. La circulation sanguine, la recherche de ses lois, la connaissance positive de son ensemble, font l'objet continuel de ses méditations et de ses expériences. Cette importante fonction, absolument inconnue des anciens, ne fut point sérieusement étudiée avant Servet et Colombo , qui préparèrent la découverte de la circulation pulmonaire, effectuée par Césalpin; mais la circulation générale, ou, si l'on veut, le cercle complet parcouru par le sang, n'avait point encore été comprise. L'une des premières expériences qui parut engager Harvey dans cette voie , fut celle de Vésale. En liant une artère , il s'aperçut que le volume du vaisseau devenait plus considérable entre le cœur et la ligature ; qu'il diminuait, au contraire, entre cette ligature et les divisions du vaisseau. Harvey s'empare en maître de ce fait, si simple en apparence , entreprend d'autres expériences très-variées et très-nombreuses; voici particulièrement celles qui le conduisirent a la découverte la plus utile

gO HISTOIRE DE L.4 MÉDECINE.

et la plus belle des sciences physiologique et médicale : 1° En liant une artère, on y suspend le cours du sang; elle se gonfle entre le cœur et la ligature ; elle diminue de volume entre cette ligature et les vaisseaux capillaires : le pouls devient plus large, plus dur, plus forl dans le premier point; il disparaît dans le second. 2° Lorsqu'une artère est coupée transversalement , le bout qui répond au cœur fournit du sang par un jet saccadé ; le bout qui répond aux capillaires n'en donne pas ordinairement. La ligature du premier fait cesser L'hémorrhagie ; celle du second seul ne l'arrête pas. 3° Toutes les valvules du cœur et des artères sont dirigées, de leur bord adhérent a leur bord libre, du cœur aux vaisseaux capillaires généraux. 4° En liant une veine, on arrête le cours du sang dan- ce vaisseau, qui grossit entre le système capillaire et la ligature , et qui s'affaisse entre cette ligature et le cœur. o° Une yeine, divisée transversalement, verse le sang de son extrémité capillaire par un jet continu; l'extrémité cardiaque n'en fournit pas dans l'état normal. Une ligature, placée sur la première, supprime cet écoulement; sur la seconde, elle ne produit aucun effet. 6° Les valvules des veines sont dirigées, de leur bord adhérent à leur bord libre, des vaisseaux capillaires au cœur. En 1619,Harvey lit connaître à ses élèves le mécanisme général de la circulation , mais cette immortelle découverte ne fut publiée qu'en 1628. En même temps qu'elle assurait à son auteur l'estime et les applaudissements delà postérité, cette belle découverte lui suscita, pendant sa vie, de.- chagrins et des persécutions. L'ignorance, l'envie, la mauvaise foi se donnèrent la main dans cette œuvre d'iniquité. Riolan lui-même ternit l'éclat de son nom en se montrant l'un des plus violents détracteurs de cet immense progrès. Harvey mourut le 3 juin 1658, à l'âge de quatre-vingts ans. Le collège royal lui fit élever une statue : la justice de la postérité venait de commencer!...

ZACCHIAn

Né à Rome, en 1584, il devient un praticien fameux, se livre av..- ane sagacité, une. persévérance remarquables, aux travaux de

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la jurisprudence médicale. Il recueille des matériaux immenses, crée une science nouvelle et du plus haut intérêt : la médecine légale. Son ouvrage, dans lequel on trouve encore quelques traces des superstitions du temps , se fait remarquer par une profonde érudition et par un excellent jugement. Cet ouvrage devint classique et son auteur fut nommé : « le premier des médecins, le Mercure des jurisconsultes, l'Hermès italien. » Zacchias mourut à Home, en 1659, à l'âge de soixante-quinze ans.

GLISSON-

Né en 1 o97 , à Rampisham, comté de Dorset, Glisson professa pendant quarante ans la médecine à Cambridge. En 1639, il fut nommé professeur d'anatomie au collège des médecins de Londres et devint président de ce corps savant. Dans son livre De ventriculo et intestinis, Glisson parla le premier de la fibre simple; du principe inné de l'irritabilité; expression qu'il inventa pour distinguer ce principe, de la sensibilité. Le premier, également, il attribua la contraction du cœur et des autres muscles à l'action d'un stimulus sur leur principe irritable. On comprend, dès lors, tout ce qu'PIaller a dû puiser dans ces notions pour l'établissement de sa doctrine. Glisson a fait, dans l'anatomie, plusieurs découvertes importantes. Boerhaave le regardait « comme le plus exact des anatomisles. » Il mourut en 1677, à l'âge de quatre-vingts ans.

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