‹ Nouvelle doctrine médicaleChapitre 49 sur 168 · SYDENHAM · texte numérisé non relu

SYDENHAM

Né en 1624, à Windford-Eagle , comté de Dorset, Sydenham étudie à Oxford , se fait recevoir docteur à Cambridge, et vient ensuite exercer la médecine à Westminster. Bien qu'il fût, à trente-six ans, regardé comme l'un des premiers praticiens de l'Angleterre , il n'habita Londres que dans les dernières années de sa vie. Après des études médiocres, sans littérature médicale, mais doué d'un esprit essentiellement observateur, ayant Locke pour ami, Sydenham entreprend de ramener la médecine dans la voie de l'expérience raisonnée. « De même, dit-il , qu'Hippocrate blâme avec raison ceux qui attachent trop d'importance aux hypothèses sur la nature du corps humain , de même il faut encore aujourd'hui faire de justes reproches aux écrivains qui fondent principalement sur la chimie l'espoir qu'ils ont de voir la médecine se perfectionner. Cet art est utile lorsqu'il se renferme dans ses propres limites ; mais dès qu'on croit que les indications curatives peuvent être fournies par tel ou tel élément du corps, on se perd en spéculations sur de belles chimères; les hypothèses qui ne reposent point sur l'observation des faits seront détruites par le temps : les jugements de la nature ne périront qu'avec elle. Les hypothèses qui se déduisent de la pratique médicale et qui se fondent suides faits de cet ordre, sont seules inébranlables. » Il étudie avec

S(i HISTOIRE DE LA MEDECINE.

beaucoup de soinles constitutions atmosphériques dans leurs rapport»

avec la production des épidémies ; et cesdernières,danslesinfluences qu'elles exercent sur les maladies intercurrentes, sur le traitement qui leur convient, et qu'il rendit beaucoup plus rationnel en écartant les moyens incendiaires, dont on faisait alors un pernicieux abus. Il avait une confiance exagérée dans l'opium : «Le Tout-Puissant, disait-il, a créé ce précieux médicament pour la consolation de l'humanité souffrante; sans lui, l'art de guérir cesserait d'exister. »

Trop exclusivement livré à l'examen des symptômes , il avait négligé les études anatomiques, et, dès lors, s'était ainsi privé d'un solide fondement pour sa doctrine. Il ne s'affranchit pas non plus des inconvénients de la polypharmacie , qui régnait encore à son époque. Il fut sans doute l'un des meilleurs observateurs; mais, doué du génie de l'expérience plutôt que de celui qui s'élève à la généralisation des faits, il n'obtint pas, de ses travaux, tous les avantages qu'il pouvait en tirer pour l'avancement de la science. Aussi la dénomination (VHippocrate anglais, qui lui fut accordée par ses compatriotes, nous semblet-elle ambitieuse et peu légitime, si l'on lient à ne pas confondre l'esprit d'expérience et d'application, avec le génie créateur; un bon élève, avec un illustre maître. « La pratique de Sydenham, dit Cabanis, lor. cit., p. 4oi, fit une véritable révolution dans la médecine. Ce fut le triomphe , non d'un génie transcendant qui renouvelle tout par des vues générales et hardies, mais d'un observateur qui pénètre avec sagacité , fouille avec sagesse et s'appuie toujours sur une méthode sûre. Les théories de Sydenham étaient, il faut l'avouer, mesquines ou môme fausses; et, hors de son empirisme, dans lequel un instinct précieux lui tenait lieu de tout, ses idées étaient en général étroites. Cependant, aucun médecin n'eut jamais une plus utile influence sur la pratique de l'art. » — « C'est un peu légèrement, ditRenauldin, Biorj. untv. , /. / ï , p. .97 , que les compatriotes de Sydenham le saluent du titre d'Hippocrate anglais. Sans lui refuser la place d'un des meilleurs observaleius de* temps modernes, il nous semble encore à une distance immense du \ i cillai < l de Gos, dont le vaste génie,

liUlAZZLM, STA11L. 87

embrassant la nature entière, a proclamé le premier des vérités qui seront éternelles. » Sydcnham mourut le 29 décembre 1689 , à l'âge de soixante-cinq ans.

liAMAZZIM.

Né (Mi 1633, àCarpi, duché de Modène, Ramazzini (itses études a M<Hlcue,àParme. Reçu docteur en 1659, il habita Rome et Tut, en 1700, nommé professeur de théorie à l'université de Padoue. excellent praticien, mais encore égaré par les doctrines chimiques, il se fit surtout remarquer par ses observations sur les épidémies , et mourut le 5 novembre 1714 , à l'âge de quatre-vingt et un ans.

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