MORGAGNI
de ces dogmes hypothétiques qui les déparent, et que l'ordre même avec lequel ils sont enchaînés, rend encore plus dangereux.» Parmi les écrits de Boerhaave, dont la plupart sont, comme l'a dit le même auteur, des chefs-d'œuvre d'érudition, de critique, de clarté, d'ordonnance et de précision, nous citerons particulièrement les deux ouvrages suivants : i° Institutiones medicœ in usas annuœ exercitationis domesticos; 2° Aphorismi de cognoscendis et curandis morbis in usum doctrines medicinœ. Boerhaave mourut à Leyde, le 23 septembre 1738, à l'âge de soixante-dix ans. Ses compatriotes, qui dans une de ses convalescences avaient spontanément illuminé toute la ville , honorèrent sa mémoire par l'érection d'un monument dans l'église de Saint- Pierre.
MORGAGNL
Né a Forli, le 2o février '1682 , Morgagni étudie la médecine à Bologne. Doué d'une heureuse aptitude à toutes les sciences, il avait une véritable passion pour l'anatomie, sur laquelle il publie un traité remarquable, dès l'âge de vingt-quatre ans. Il se livre plus tard, soit à Venise, soit à Padoue, aux expériences de physique et d'anatomie comparée. Il est, en 1712, nommé professeur de médecine théorique dans cette dernière ville. Il poursuit ses immenses travaux anatomiques avec une ardeur infatigable , fait connaître la structure intime d'un grand nombre d'organes, est nommé professeur d'anatomie à Padoue , par le choix du sénat de Venise. Sa réputation se répand au loin; toutes les Académies s'honorent de le posséder parmi leurs correspondants; il publie beaucoup d'ouvrages, et s'illustre surtout par son traité De sedibus et causis morborum , en élevant l'anatomie pathologique au degré le plus voisin de la perfection. Morgagni mourut le 6 décembre 1771, à l'âge de quatre-vingt-neuf ans. Il doit être placé avec honneur au nombre des savants dont les travaux ont eu pour effet d'établir la médecine sur ses fondements les plus larges et les plus positifs.
YA.\ SAYIETEN.
Né à Leyde, le 7 mai 1700, élève de Boerhaave, il est reçu doch-ui- à viniit-cinq ans; s'établit à Vienne , en 1745, est nommé professeur à l'Université ; donne beaucoup de lustre à ce corps savant; obtient de l'impératrice , dont il était médecin , la fondation d'une école clinique justement célèbre et qui devint le modèle de celles qui se formèrent ultérieurement à Paris et dans toute l'Europe. Des commentaires un peu trop prolixes des ouvrages de Boerhaave contribuèrent encore à la réputation de Van Swieten , qui mourut à Schœnbrunn, le 18 juin 1772, à l'Age de soixantedouze ans.
DE HAÊN.
Né à La Haye, en Hollande, en 1704, de Haën, élève de Boerhaave, nommé à Vienne premier professeur de médecine pratique, en 1754, d'une érudition et d'une sagacité remarquables, devint un praticien très-fameux, un argumentateur acerbe, et se fit trop connaître par son opposition violente aux progrès de l'inoculation. Il mourut à Vienne, en Autriche, le 5 septembre 1776, âgé de soixante-douze ans.
BOISSIE» DE SAt'VAiiES. FRANÇOIS.
Né à Alais , le 12 mai 1706, B. de Sauvages vient étudier la médecine à Montpellier, en 1722; reçu docteur en 1720, il se rend à Paris en 1730, forme le projet d'une classification des maladies, en se basant, a la manière des botanistes, sur les caractères spécifiques des individus. En 1731 , il est nommé professeur de médecine à Montpellier. En 1752, il occupa la chair* i\r botanique ; il était alors à la tête de l'école de Montpellier et correspondait avec les principales Académies d'Europe^ qui couronnèrent plusieurs de ses mémoires. Il se fit surtout une réputation étendue par son traité De nosologia methodicfr, dans lequel
VAN SWIETEN, DE 1IAEN, SAH'AGEs, PRINCLE, HALLER. 98
se trouvent, au sentiment de la plupart des critiques, un trop grand nombre d'espèces de maladies. Toutefois, il eut le mérite d'avoir publié le premier traité de médecine propre à l'enseignement théorique de la pathologie , et d'avoir ouvert la carrière aux nosologistes de notre époque. Sauvages mourut le 19 février 1767, âgé de soixante et un ans.