‹ Nouvelle doctrine médicaleChapitre 55 sur 168 · HALLER, ALBERT · texte numérisé non relu

HALLER, ALBERT

Né àBerne, en octobre 1708, À. Haller se montra, dès ses premières années, avec tous les caractères d'un prodige; et son génie, en môme temps poétique et médical , bien que très-précoce , ne l'abandonna point jusqu'à la fin de sa brillante carrière. A dix ans, il possédait assez le grec , l'hébreu , le chaldéen. 11 commence, en 1723, l'étude de la médecine à Tubingen. En I72'j, il vient à Leyde; suit les cours de Boerhaave. Les belles préparations de Ruisch et d'Albinus lui donnent, pour l'analniuie, ce goût déterminé qui lui lit entreprendre des travaux si importants et si nombreux sur cette science et sur la physiologie. Dans ses voyages,

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il vient écouter les plus grands maîtres : en Angleterre, Chéselden, Douglas, Pringle; en France, Winslow, Le Dran , Louis Petit, Bernard de Jussieu.De retour à Berne , il y fut chargé de la bibliothèque publique, circonstance qui devint l'occasion principale de l'immense érudition dont il donna tant de preuves. En 1736, il fut nommé professeur d'anatomie, de botanique et de chirurgie à Gœttingue. Botaniste célèbre, il s'occupe surtout de la physiologie, dont il peut être regardé comme le père, ainsi qu'Ambroise Paré le fut de la chirurgie, Hippocrate , de la médecine.

Son exquise sensibilité ne lui permit de pratiquer que très-médiocrement l'art de guérir. Doué d'une prodigieuse mémoire, Haller avait, on peut presque le dire, tout appris et tout retenu. Au milieu des innombrables écrits qu'il a laissés sur la poésie , la politique , les sciences médicales, etc., sa grande physiologie apparaît comme le principal et le plus beau monument de sa gloire. C'est dans cet immense ouvrage que l'on trouve sa doctrine de l'irritabilité, qui devait effectuer une importante révolution médicale, faire disparaître les derniers vestiges des systèmes physiques et chimiques, ruiner complètement l'animisme de Stahl, pour subira son tour les modifications que le temps et l'expérience allaient amener. Haller admet l'irritabilité « comme une force particulière a la fibre charnue, indépendante de la sensibilité, et tout autrement distribuée. » Sans doute il avait pris le germe de cette profonde pensée dans Glisson et dansGorter; mais il féconde , il développe ce germe, et de la force qu'il admet, il fait une loi nouvelle. Cette doctrine fut, du reste, violemment attaquée, éloquemment défendue. Les principaux reproches qu'elle eut à supporter, furent d'avoir distingué l'irritabilité de la sensibilité , surtout de la force nerveuse , dont beaucoup de physiologistes la font dépendre. Nous apprécierons cette belle découverte dans l'examen des doctrines. Haller, estime du monde entier au double point de vue d'homme et de savant , comblé de dignités et d'honneurs dans sa patrie, mourut à Berne, le 12 décembre 1777 ; conservant une telle présence d'esprit jusqu'au moment suprême, que, la main placée sur le pouls, il indiqua, par un mouvement de tête . le dernier battement de son cœur.

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