‹ Nouvelle doctrine médicaleChapitre 60 sur 168 · PINEL, PHILIPPE · texte numérisé non relu

PINEL, PHILIPPE

Né à St-Paul, département du Tarn, le 20 avril 1745, P. Pinel étudie à Toulouse, à Montpellier, vient à Paris en ''778 ; nommé successivement médecin en chef de Bicetre , de la Salpêtrière , il opère, dans le traitement des aliénés, la réforme la plus nécessaire, la plus judicieuse et la plus philanthropique. Professeur d'hygiène, plus tard de clinique interne à la Faculté de Médecine de Paris, il est frappé du vague et de l'incertitude où se trouve la science médicale, et médite la reconstruction de cette science. Il déplore surtout les entraves apportées à la marche de la pathologie par les vains systèmes de l'humorisme. « Quelle stérile profusion d'écrits publiés depuis Galien jusqu'à nous, dit-il, Nosogr aphte philos., i. /, intrôd., p. S, sur les désordres produits par la bile, la pituite , le sang, l'atrabile.... , qui ont passé de la poussière des écoles dans le langage familier. » Pinel est solidiste; il veut que la nosographie, pour être vraie, soit fondée sur la structure organique des parties malades. Avant de formuler sa pensée, il se pose à lui-même cette question : « La médecine est-elle susceptible de former un ensemble régulier de doctrine, et peut- on lui appliquer une méthode d'enseignement analogue à celle des autres sciences physiques? » Loc. cit., p. 4. Après avoir résolu cette question par l'affirmative, il établit, loc. cit., p. S : « que les faits particuliers, c'est-à-dire les histoires individuelles des maladies internes , tracées avec soin pendant leur cours entier, ont été et seront à jamais les vrais fondements de toute doctrine solide. »

Il avait une grande vénération pour les travaux d'Hippocrate, mais il n'était pas ontologisle.« Il faut en médecine, dit-il, loc. cit., p. 4â, une exactitude sévère dans les descriptions, de la justesse et de l'uniformité dans les dénominations, une sage réserve pour s'élever à des vues générales sans donner de la réalité à des

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tnnics abstraite; une distribution simple, régulière, et fondée invariablement sur les rapports de structure ou les [onction* organique* des parties. » Là se trouve cet admirable jet de lumière qui devait bientôt, comme nous le verrons , allumer le flambeau d'une science nouvelle, de l'anatomie générale.

Pénétrant plus avant encore dans cette grande conception, il pose dv> principes qui évidemment ont servi de fondements à la doctrine phvsiologique : il ajoute en effet, loc. cit., p. J8 : « L'idée heureuse de fonder la distribution des maladies internes sur la structure anatomique des parties , n'a jamais paru au.>si féconde en résultats utiles, que dans les phlegmasies.... L'état inflammatoire offre en effet des propriétés communes, quelle que soit la partie qui en est attaquée; et les points de contact sont d'autant plus marqués, qu'il ij a plus d'analogie dans les tissus et les fonctions organiques des. parties- » Lue autre grande pensée l'occupe, celle de soumettre toutes les maladies à l'arrangement d'un ordre méthodique , en faisant, pour les altérations morbides envisagées comme individus , ce que les botanistes avaient fait pour les plantes. Il modifie ainsi le problème pathologique proposé par Pitcarn, loc. cit., p. 46 : « Une maladie étant donnée, déterminer son vrai caractère et le rang qu'elle doit occuper dans un tableau nosologique. » Pinel , dans cette seconde conception, ne l'ut point aussi heureux que dans la première; et sa classiiieation •les maladies, comme celles qui l'ont précédée, laisse beaucoup à, désirer. Pour le fond de la doctrine, il est éclectique, adoptant pour base de ses opinions médicales, loc. cit., p. 28 : « le dégagement scrupuleux de toute prévention, de tout esprit de parti, de toute opinion dominante des écoles. »

Si nous voulions pousser plus loin les citations, nous arriverions fai dément à prouver que le génie investigateur de Pinel a positivement ouvert la voie d'un grand nombre de travaux modernes du plus haut intérêt, notamment de YAnatomie (jénérale de Bichat, dis Plilcqmasies chroniques de Broussais, des (iastrahjies dr Haïras, etc., etc.; qu'il a, par conséquent, exercé- l'influence la plus l'Hi^.uile el la plus féconde sur le retour de la science pathologique

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