‹ Nouvelle doctrine médicaleChapitre 68 sur 168 · BICHAT. II · texte numérisé non relu

BICHAT. II

maladies simple , régulière el fondée invariablement sur les rapports de structure ou les fonctions organiques des parties... L'état inflammatoire offre, en effet, des propriétés communes, quelle que soit la partie qui en est attaquée , et ces points de contact sont d'autant plus marqués qu'il y a plus d'analogie dans les tissus et les fonctions organiques des parties. » Frappé de la profondeur, de la fécondité de cette pensée, de la vérité de ce principe essentiellement pathologique , Bichat en cherche l'application et s'aperçoit aussitôt que, dans l'état de nos connaissances anatomiques , elle est impossible, ou du moins tellement bornée, que ses résultats deviendraient a peu près nuls pour la science et pour l'art. Cette réflexion, jointe aux précieuses notions qu'il puise dans Bordeu , Glisson , etc. , devient un trait de lumière qui excite, éclaire, enflamme son puissant génie. . . Vanatomie des tissus est désormais créée; elle va, du même jet, se trouver portée presque à son dernier degré de perfection !

Bichat fait imprimer en 1798 son Traité des membranes synoviales. En 1799 , il publie les Leçons de Desault sur les mu I utl les des voies urinaires ; en 1800 il est nommé médecin de l'Hôtel-Dieu de Paris et donne son ouvrage sur les membranes et ses Recherches sur la vie et la mort ; en 1 80 1 , son Traité d'analomie générale; ouvrage admirable, original, profond, l'un des plus utiles et des plus beaux monuments que l'on ait élevés dans le domaine de la science médicale. Il travaille à VÂnatomie pathologique , à YHistoire des médicaments ; il commence un traité remarquable VAnatomie descriptive , dont il ne peut achever que les deux premiers volumes ; il meurt à Paris , le 22 juillet 18021 , avant d'avoir atteint sa trente-deuxième année, laissant la science pathologique dans le deuil et l'admiration ! Bichat admet, dans les corps organisés , des propriétés indépendantes delà vie et les nomme propriétés de tissu; des propriétés inhérentes à la vie, sous le nom de propriétés vitales. Il subdivise chacune de ces classes en genres. Les maladies sont, d'après lui, pour le plus grand nombre , des altérations de ces propriétés. Sans adopter toutes ses idées théoriques , nous ajouterons qu'il a puissamment contribué aux véritables progrès de la srionre , en lui

donnant une base lixe. En effet, comme l'a dit Reydelet avec beaucoup de justesse : « Avant Bichat, l'analomie était purement chirurgicale; par ses soins, elle est devenue médicale.» Ces travaux ont été complétés par ceux de Béclard , de Laënnec, etc.

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