EMPIRISME
des inductions immédiates, à l'admission de quelques axiomes ou principes ordinairement peu nombreux, et qui se résumaient à peu près tous dans cette formule : mettre en pratique tel traitement, employer tel moyen, tel médicament, parce qu'ils ont réussi dans des cas analogues. Si l'empirisme fût resté dans ces sages limites, s'il eût seul dirigé les applications pathologiques , l'art ne se fût pas, sans doute, enrichi de moyens bien nombreux et bien puissants , la science n'eût pas fait des progrès brillants et rapides ; mais du moins elle ne fût pas sortie de son domaine et n'eût pas si souvent entraîné l'art dans les plus nuisibles aberrations.
Les empiriques suivent, dans leurs applications , trois procédés principaux : le hasard, l'essai, l'imitation. Ils attachent peu d'importance à l'anatomie , à la physiologie , proscrivent toutes les explications, toutes les théories. Livrée à la plus ignorante polypharmacie, leur thérapeutique procède sans principes et sans lois ; pour eux, l'art est presque tout. Leur science est tellement resserrée dans ses étroites et fausses limites, que l'on serait en droit d'en contester l'existence; enfin , dans cette vicieuse manière d'observer, l'expérience elle-même perd sa valeur et finit par tomber au déplorable niveau d'une aveugle routine.
Ce n'est pas tout encore, cette doctrine, en apparence naturelle, simple et même rationnelle , devait payer son tribut aux folies humaines et descendre au-dessous du modeste avenir qui lui semblait réservé ; plus tard, en effet, un grand nombre de ses sectateurs s'abaissèrent à préparer, à vendre des remèdes secrets , des spécifiques pour toutes les maladies , et bientôt le nom d'empirique devint synonyme de celui de charlatan.
En considérant l'empirisme dans ses caractères essentiels, nous y trouvons deux principales qualités que nous utiliserons pour l'établissement d'une doctrine : l'avantage 1° de n'admettre que l'observation et l'expérience comme base positive et certaine de toutes les véritables notions pathologiques ; %° de puiser exclusivement dans le domaine de la médecine les faits qui doivent servir de fondement à ces notions.
ll'.S SYSTÈMES ET DOCTRINES PATHOLOGIQUES.