IV. FEU CRÉATEUR ET CONSERVATEUR
Les stoïciens ayant regardé la chaleur native, to ffuxirov feppufr, comme le principe créateur et conservateur du monde, Heraclite voulut appliquer cette donnée à l'établissement d'une doctrine médicale. Il admit : « que ce feu créateur et conservateur s'insinue dans nos corps, pénètre dans nos nerfs, se dépose plus abondamment dans le cerveau , région éthérée principale , d'où se propagent la chaleur et la vie dans l'organisme , comme on les voit irradier du soleil dans le monde entier, dont il est le cerveau. Que cette chaleur innée, suivant ses proportions excessives ou normales, suivant sa répartition mauvaise ou bonne , constitue la maladie ou la santé ; que la meilleure thérapeutique doit consister à régler la proportion et la répartition de ce feu créateur et conservateur, etc. »
Nous avons rappelé cette doctrine seulement parce qu'elle établit, dans l'organisme, contrairement à celle des épicuriens, l'existence d'un principe intelligent, et qu'elle devient ainsi l'origine de toutes ces entités physiologiques et pathologiques ultérieurement reconnues sous des noms différents, avec des qualités variables.