‹ Nouvelle doctrine médicaleChapitre 77 sur 168 · III. DOCTRINE CORPUSCULAIRE · texte numérisé non relu

III. DOCTRINE CORPUSCULAIRE

Épicure et Démocrite avaient expliqué la constitution de l'univers par la forme , la réunion , la force de situation des atomes. Plus tard , Asclépiade introduisit ce système dans la pathologie et voulut en faire la base d'une doctrine médicale. D'après lui: « Dans la nature, il n'existe que la matière et le mouvement. C'est une erreur de croire qu'il se trouve dans l'organisme un principe intelligent qui cherche ce qui est bon et repousse tout ce qui peut devenir nuisible; qui suive des impulsions instinctives, prépare et détermine des mouvements critiques. Tout ce que nous attribuons à l'action de ce principe est le résultat nécessaire de l'effet mécanique de notre structure, du concours fortuit des atomes, et de la succession naturelle des actes qui en découlent. Nos corps étant composés d'atomes , la santé comme la maladie résultent de l'ordre ou du désordre de ces derniers. Tout dépend de leur nombre, de leur arrangement, de leur volume, de leur configuration. Tantôt les pores qu'ils laissent entre eux permettent la libre circulation des atomes plus petits saisis par l'absorption ou repoussés par l'exhalation ; tantôt le resserrement de ces pores s'oppose a l'exercice de ces fonctions. Il faut, dès lors, que le médecin remonte aux causes de ces modifications pour en calculer et prévenir les suites nuisibles; car tout étant mécanique, tout est explicable et nécessaire. Il faut, dans le traitement des maladies, qu'il s'occupe à rétablir l'ordre harmonique des atomes qui composent l'organisme : qu'il emploie , lorsqu'ils surabondent , la diète , la saignée, etc. ; lorsqu'ils sont trop denses , les boissons aqueuses, les bains, etc. »

Cette vaine doctrine offre seulement deux points à noter : elle fuit une loi de rejeter, comme entités , les principes admis dans

l'organisme sous les noms différents de nature, d'archée, d'âme sensitive, de principe vital, etc.; elle consacre le matérialisme pathologique , n'attribue point de rôle aux humeurs dans la production des maladies, et devient ainsi le premier élément du solidisme.

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