FEU CRÉATEUR ET CONSERVATEUR. DES CAUSES OCCULTES
rigoureuse, des faits les plus simples aux plus compliqués, des effets sensibles aux causes qui ne le sont pas , ils se perdirent entièrement dans la recherche de ces abstractions insaisissables auxquelles on a donné le nom de causes occultes.
« Dans toute maladie, il y a, selon nous, dit Pariset, Dict. des se. méd., t. 4, p. 564, deux choses qu'il faut soigneusement distinguer l'une de l'autre , et que nous appelons : la première , état maladif; la seconde , acte maladif. Jamais il n'y a maladie sans ces deux éléments essentiels. Et si maintenant nous voulons établir entre eux les relations de cause et d'effet , on voit aisément que c'est l'état maladif qui est la cause , et que c'est l'acte qui est l'effet. »
Dans le plus grand nombre des maladies , l'état est inconnu ; parce que , dit Sydenham : « N'ayant aucun commerce avec nos sens, il n'en saurait avoir avec notre entendement. »
Sans doute , comme nous le verrons bientôt , il est du plus haut intérêt , pour le traitement d'une maladie , de remonter à la connaissance des causes , dans son diagnostic ; mais seulement à la connaissance des causes bien appréciables par nos sens. En voulant s'élever, par la seule force de l'imagination, à l'appréciation des causes occultes , on établit une doctrine erronée dans son principe , dangereuse dans ses conséquences , et qui n'a d'autre mérite que de ramener les bons esprits à la nécessité d'une étiologie positive, dont l'empirisme a trop éloigné les médecins qui l'ont exclusivement adopté pour guide.