XVIII. DOCTRINE DE L'IRRITABILITÉ
Déjà Stahl et Bordeu avaient admis dans l'économie vivante une force tonique subordonnée, pour le premier, à l'action de l'âme; imprimant aux différentes parties de l'organisme des mouvements alternatifs de contraction et de relâchement ; déjà Glisson avait dit : « Que la matière n'est point complètement inerte ; mais , au contraire, que, douée de forces toujours en action, elle présentait, dans ses propriétés, la raison de tous les actes qui caractérisent la vie. Cette vérité , conséquence des principes établis par Bacon » développée de la manière la plus incontestable par Bobbes, Priestley, etc. , fit justice des causes occultes et devint la base fondamentale du ritalisme. Glisson reconnut en même temps « que tous les organes de l'économie vivante sont doués d'une Force
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particulière à laquelle il donna, le premier, le nom d'irritabilité , et qu'il distingue . d'après le degré d'élévation qu'elle offre dans les tissus, en naturelle vitale et animale. Gorter, pour la première fois, étendit l'application de l'irritabilité aux mouvements organiques des plantes ; et dès lors se trouva. , pour toujours , établi , d'après l'expérience , le principe qui s'oppose à l'explication des phénomènes vitaux par les lois physiques et chimiques. Haller, s'emparant des faits disséminés dans la science physiologique, en fit un corps de doctrine et devint ainsi le fondateur de l'irritabilité. « J'appelle, dit-il, partie irritable du corps humain, celle qui devient plus courte lorsqu'un corps étranger la touche assez fortement , et je considère la mesure de ce raccourcissement comme celle de l'irritabilité. »
Après un grand nombre d'expériences, Haller fut conduit à regarder la fibre musculaire comme seule douée de cette propriété. Entraîné par une interprétation erronée de quelques faits, et par des raisonnements plus spécieux que solides, il admettait une force nerveuse distincte de l'irritabilité , ninis qui mettait en jeu la contractilité musculaire, dont il plaçait use dans cette irritabilité . Il reconnaissait encore dans les tissus : membraneux, cellulaire , aponévrotique , etc. , « une force morte, analogue à l'élasticité, » que Bichat nomma plus tard contractilité de tissu.
L'irritabilité hallérienne a donné naissance à d'interminables débats. Il suffisait cependant, pour en légitimer la condamnation, de faire observer qu'elle est bien loin de rendre raison de tous les phénomènes vitaux; que sa distinction de la force nerveuse est absolument hypothétique; enfin, qu'en l'accordant exclusivement à la libre musculaire, on laisse tous les mouvements vitaux des autres tissus en dehors de la question. Aussi les auteurs modernes qui soutenue ont-ils eu bien soin de la définir : « Propriété qui donne aux différentes parties des êtres organisés, la faculté de m- contre les corps étrangers qui viennent les toucher. »
Pour nous, cette doctrine offre seulement, comme principal mérite , celui d'avoir donné le soûl des véritables études
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physiologiques en conduisant en même temps, par une voie directe, à la doctrine du vitalisme.