‹ Nouvelle étude de jetonsChapitre 4 sur 68 · RÉFLEXIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS PRÉLIMINAIRES

M. A. Barthélémy , dont l'ardeur n'est arrêtée par Bucune entrave, voudrait nous voir entreprendre l'histoire des méreaux de France par diocèses. Une telle besogne nous paraît d'autant plus difficile, que nous n'avons pu reconnaître aucun type provincial. Ce n'est qu'à la longue et avec le secours de tous les collecteurs éclairés que l'on arrivera à faire un supplément au Gallia Christiana.

M. Hucher, homme exact et consciencieux, désirerait, pour éviter des équivoques fréquentes, pour faire disparaître toute erreur de classement, que l'on divisât ce que l'on appelle tantôt Jetoirs, tantôt Méreaux, en deux grandes classes . 1" celle des jetoirs ou méreaux de compte civils où religieux ^ 2"* celle des méreaux ecclésiastiques ou jetons de présence.

Nous ne dùinandons pas mieux que d'iidmuttrc tout ce qui pourra simplifier ou éclairer ; entendons-nous une bonne fois, sur ie vrai sens du mot Méreau. Nous sommes bien de cet avis qu'il indique la présence, tandis que le mot Jetoir rappelle l'ancienne méthode de compter; mais pour marcher sûrement, il faudrait — découvrir dans quelbutontété frappées certaines pièces, par des personnes ou par des corporations qui n'avaient pas l'babitude de constater la présence ou de tenir de grands comptes ; alors on formerait une classe à laquelle on donnerait un nom, — savoir pourquoi des pièces d'un emploi profane portent des légendes religieuses , tandis que d'autres qu'on employait dans des cérémonies graves, affectent des devises d'une joie quelquefois excentrique ; — se rendre compte de cet esprit qui tourne si souvent au jeu de mots, au rébus et au calembour de plus ou moins bon aloi.

Qui nous dira, par exemple, dans quelle catégorie on doit placer cette imitation de monnaie de Louis XII i'

AVt: MARIS STELLA nEI MATEK

On sait que la vraie monnaie porte souvent des mots sacrés ; — que de vrais méreaux d'église sont quelquefois des contrefaçons de monnaies courantes et désignent en même temps un compte, comme servant à l'acquittement d'un droit de prébende ; — que, de leur côté, les jetoirs, en rappelant des sentences pieuses, semblent mettre la bonne foi sous la sauvegarde de la religion, etc.

En résumé, nous nous voyons contraint d'avouer que, de longtemps peut-être, il ne nous sera possible d'adopter un système clair , méthodique et raisonné. C'est un motif de plus pour que ceux qui s'intéressent à cette question , plus importante sous divers points de vue qu'on ne le croirait au premier abord, se mettent à l'œuvre, recherchent les types et fouillent les archives. Il y a place pour tous dans cette grande investigation.

Notre intention n'est pas pour le moment de disserter à perte de vue, la lumière n'est pas encore faite dans ce cahos. L'emploi des jetons, des méreaux , des jetoirs et d'une infinité de pièces de plaisir, a été immense pendant près de six siècles. Il est peu d'actes de la vie, peu d'événements qui n'aient mis à contribution les divers moyens de fabrication monétaire qui sont venus se résumer dans le balancier. Nous allons poursuivre timidement et demander ce que c'est que cette contrefaçon d'une monnaie de Charles Vil , dont l'écusson , bien

qu'acmsté des initiales de Marie, n'est puscnlouré d'une Ié((ende pieuse comme la précédente.

lOIE. DESIR. A. É^'*ŒWK\^L

/^'•!M^.<#ï^ïB l'amourev s.

(joie, désir à VJ^SÏhV^^w l'amoureux soit.)

C'est probablement ici le cas de reconnatlrfî une de ces pièces de maria{;e dont nous avons donné, au Congrès archéologique de Sens, des excinpiesplus récents et que l'on retrouverait sans aucun doute dans des temps plus reculés, car leur emploi remonte à la loi saligue.

L'usage des deniers matrimoniaux (arrha nuptialis), a traversé tous les Ages et n'est pas encore perdu.

Lorsqu'il s'agissait de mariages royaux ou d'unions entre personnages de haut parage, on frappait de petites pièces commémoratives pour être jetées dans la foule, avec cette l^ende conjugale : erunt duo in carne una, comme on le voit sur ce petit Jeton qui rappelle le mariage de Henri IV.

tlenri IV (3l Miui<: «le Mt-Jjcis m> (limiu'iit la uiaj signe d'uniuii.

En semblable circonstancié , les t^mnclfâ familles saicnt frapper de beaux jetons tels que celui-ei :

JAU. HEHNARI)

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