MONNAIE — DE CAMBRAI
4** M. Rouyer nous fait reconnaître que nous avons eu tort d'attribuer à Maître Briconnet de Tours un jetoir qui doit être rendu à Tournay, ville dont le travail du cuivre formait, au XV^ siècle, une des principales industries. Les trois cercles étaient, en ce temps, la marque la plus ordinaire de ses produits. Il faut également lui donner beaucoup d'autres pièces à différents types portant des tours dans les ornements secondaires.
6* Nous nous étions bien attendu à ce qu'on fournirait une meilleure explication du méreau en plomb de \2i Société de Villefranchc 1604. Notre-Dame des Marcs . M. Morel-Fatio a victorieusement établi que cette pièce et plusieurs autres appartenaient à une société de prêtres qui desservaient l'église de Villefranche-sur-Saône et les chapelles y attenantes, fondées par divers personnages du pays. C'est avec une grande sagacité qu'il explique le signe que nous avions pris pour le chitîre 4, et qui n'est en réalité que la hiltre //, signe propre à marquer le plomb, servant de cf>ntr(Mo au métal et indiquant peut-
être la démonétisation et la suppression de ca^s mcrcaux .
6° Nous avons attribué, sous la forme dubitative, k la Savoie, une pièce que nous reproduisons, parce que nos conjectures sont justifiées et qu'aujourd'hui nous pouvons la comparer k d'autres.
L'avers, portant la Vierge et l'enfant Jésus, doit la faire considérer comme un méreau ; malheureusement la l^ende est très altérée. Le revers offre la croix penchée de Savoie , surmontée d'un heaume effrayant.
A gauobe, sur le bord, s'aperçoit la lettre R, tandis que de l'autre côté se voit la lettre d (rewatus dux).
H. Cartier , d'Amboise, a publié un jeton analogue à celui-ci et à un autre que nous ferons connaître toutà-1'beure. Il l'attribue à René de Savoie, en interprétant d'une manière un peu hasardée les initiales qui se trouvent sur trois lignes, entre deux lacs d'amour placés verticalement. Ce qui l'a conduit fi l'attributjon qu'il donne, c'est particulièrement le lieu de la provenance de la pièce et les deux premières lettres s. ti. (SABAlJOŒRErJATUs).
Or, le lieu où avait été trouvé le jeton était le Château
Gaillard ou les Jardins du Koi, donnés en 1505, par Louis XII, k Messire Passeolo ou Passolo de Meriolano, lequel les vendit, de 1515 à 151S, à Messire René, baslard de Savoie, grand Maître de France.
Nous aussi, nous tenons pour ce prince, et comme il fut comte de Villars en Bresse, on peut supposer que notre jeton vient de cette province.
Resterait à interpréter les lettres du revers, niais nous n'osons nous risquer, à moins qu'on ne veuille y voir les initiales du nom du prince et de trois de ses seigneuries : R René, seigneur de Précigny, st-lulien et Tende.
7" On propose, et cela nous parait sans inconvénient, de considérer comme un jeton de fantaisie à l'usage de Thierry, imprimeur parisien, k l'enseigne de la Ville de Paris, le jeton qui porte en légende Gallée de France; le G qui figure en haut du mât serait l'initiale de 6a//ia.
Ou hien encore cette gallée ou Galiole, qui est reproduite à la fin des Choriqaes de Bourdignè, serait l'emhlème parlant du libraire GalHot-Dupré.
8" Knfin, notre grand crime est d avoir rappelé une opinion de M. Pierquin de Genibloux, d'avoir vu dans le monogramme du Christ quatre lettres au lieu de trois. Si nous avons commis une hérésie scientifique, nous pouvons nous en consoler en pensant que ce n'est pas une hérésie en matière de foi, car, pour nous, le sauveur des hommes ou le poisson-Dieu c'est tout un. ^